Damas (SANA) Les statistiques et les résolutions de l’ONU concernant le Golan syrien occupé et la non-reconnaissance de son annexion par Israël révèlent un processus diplomatique mené par Damas pour contrecarrer les tentatives de modification de son statut juridique.
Ce processus, dont les principales caractéristiques et étapes sont exposées dans le rapport, repose sur des décisions juridiques internationales et une intense activité diplomatique qui, entre autres, ont permis de faire passer le nombre de pays refusant de reconnaître l’annexion du Golan par Israël de 97 pays en 2024 à 123 pays en 2025.
Résolution 497 : Une référence onusienne solide
Le 17 décembre 1981, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité la résolution 497, qui déclarait « nulle et non avenue et sans effet juridique international » la décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration au Golan syrien occupé, et exigeait qu’il revienne sur sa décision, et confirmé l’applicabilité de la Quatrième Convention de Genève aux territoires syriens occupés depuis 1967.
L’Assemblée générale des Nations Unies a continué d’affirmer qu’il est inadmissible d’acquérir des territoires par la force, exigeant le retrait d’Israël du Golan syrien jusqu’à la ligne du 4 juin 1967, et rejetant les mesures visant à modifier son caractère ainsi que son statut juridique et démographique.
Après le 8 décembre… Incursions israéliennes et appel syrien au retrait
À la suite de la chute de l’ancien régime, le 8 décembre 2024, le sud de la Syrie a connu des mouvements militaires israéliens à l’intérieur de la zone tampon ainsi qu’en d’autres points du côté syrien de la ligne de désengagement.
Parallèlement, la mission de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD), créée pour surveiller la mise en œuvre de l’accord de désengagement de 1974 entre la Syrie et Israël, s’est poursuivie.
L’ONU a souligné à plusieurs reprises la nécessité de respecter l’accord, tandis que la Syrie a condamné les incursions et les attaques israéliennes et exigé le retrait des forces israéliennes des territoires où elles sont entrées après le 8 décembre 2024.
La diplomatie des chiffres… de 97 à 123 pays
Après la libération, la Syrie a intensifié sa présence diplomatique au Conseil de sécurité et dans les instances internationales, consacrant une partie de ses efforts pour réaffirmer sa position concernant le Golan occupé et la présence israélienne sur le territoire syrien.
Le 29 avril 2025, le ministre des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan al-Chaibani, a affirmé lors d’une séance du Conseil de sécurité que le Golan syrien est toujours sous l’occupation, appelant à la mise en œuvre de la résolution 497 du Conseil de sécurité et au retrait d’Israël jusqu’à la ligne du 4 juin 1967.
Le représentant permanent de la Syrie auprès des Nations unies, Ibrahim Olabi, a réitéré la position syrienne lors des séances du Conseil de sécurité, affirmant que le Golan est arabe et syrien, qu’il fait partie intégrante du territoire syrien et que les droits de la Syrie sont imprescriptibles et inégociables.
Le 2 décembre 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 80/73 relative au « Golan syrien » avec 123 voix pour, 7 voix contre et 41 abstentions.
La résolution a réaffirmé qu’il était inadmissible d’acquérir des territoires par la force et exigé le retrait d’Israël de l’ensemble du Golan syrien occupé jusqu’à la ligne du 4 juin 1967.
Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a indiqué, à l’issue du vote, que le nombre de pays ayant soutenu la résolution de l’Assemblée générale sur le Golan syrien occupé était passé de 97 en 2024 à 123 en 2025.
Il a estimé que cette hausse reflétait le soutien croissant à la position de la Syrie, qui demeure attachée au Golan syrien occupé, ainsi qu’aux efforts diplomatiques qu’elle a déployés.
Le 29 janvier 2026, Olabi a affirmé devant le Conseil de sécurité que la Syrie ne marchandera pas la récupération de son territoire et ses droits, précisant que l’engagement de Damas aux pourparlers sur les questions de sécurité ne constituait pas une renonciation aux droits de la Syrie.
Pourparlers avec une médiation américaine
Parallèlement à ses démarches aux Nations unies, la Syrie a engagé des contacts concernant les arrangements sécuritaires dans le sud du pays et la réactivation de l’accord de désengagement de 1974.
Le 19 août 2025, le ministre des Affaires étrangères, Assaad Hassan Al-Chaibani, a rencontré une délégation israélienne à Paris, sous médiation américaine, et les deux parties ont discuté de la désescalade, de la non-ingérence dans les affaires syriennes et de la réactivation de l’accord de désengagement de 1974.
Le 5 janvier 2026, les négociations ont été repris sous médiation américaine, avec la participation d’une délégation syrienne présidée par Assaad al-Chaibani et le chef des services de renseignement syriens, Hussein al-Salama.
Les discussions ont porté sur la réactivation de l’accord de désengagement et le retour aux dispositions en vigueur avant le 8 décembre 2024.
Au cours de ces contacts, Damas a réaffirmé son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie, soulignant que les arrangements sécuritaires ne sont pas liés à sa position sur le Golan syrien occupé et insistant sur le fait que la question du Golan syrien occupé n’est pas à l’ordre du jour des négociations en cours.
Le président Al-Charaa : le Golan est une terre syrienne
Le président Ahmed Al-Charaa a réaffirmé, à plusieurs reprises, l’attachement de la Syrie à son droit sur le Golan occupé et son refus d’y renoncer.
Le 22 septembre 2025, lors de discussions dans le cadre du sommet Concordia, à New York, il a affirmé que le Golan était une terre syrienne reconnue par les Nations unies, soulignant que la Syrie cherchait à suivre une voie qui préserve sa souveraineté.
Le 15 octobre 2025, lors d’une interview avec CBS News, le président al-Charaa a affirmé que le Golan était un territoire syrien occupé depuis 1967 et que sa restitution constituait un droit légitime que la Syrie entend faire valoir conformément au droit international et aux résolutions des Nations unies, tout en réaffirmant son attachement à l’accord de désengagement de 1974.
Le 17 avril 2026, lors du Forum diplomatique d’Antalya, il a affirmé que toute reconnaissance des revendications israéliennes sur le Golan était « nulle et non avenue », soulignant que la communauté internationale reconnaissait que le Golan était un territoire syrien occupé.
Le 26 juillet 2026, le président al-Charaa a réaffirmé que tout accord de sécurité avec Israël n’impliquait pas l’abandon des droits de la Syrie dans le Golan occupé.
La reconnaissance de la Colombie : un nouveau test pour la voie diplomatique
[8/17/2026 1:06 PM] France Sana: La reconnaissance par la Colombie, le 10 août, de ce qu’elle a appelé la « souveraineté israélienne » sur le Golan syrien occupé a remis la question du Golan au premier plan de l’action diplomatique, dans la dernière tentative en date de modifier son statut juridique, alors que Damas insiste sur la souveraineté de la Syrie sur le Golan et rejette toute reconnaissance de l’annexion israélienne.
La Colombie est devenue le deuxième pays après les États-Unis à adopter cette position, tandis que des résolutions successives des Nations Unies affirment que le Golan est une terre syrienne occupée et que les mesures israéliennes visant à modifier son statut juridique n’ont aucun effet juridique international.
La Syrie proteste à la reconnaissance colombienne
Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a rapidement condamné la reconnaissance colombienne, soulignant que le Golan fait partie intégrante du territoire syrien et que cette décision est contraire au droit international et aux résolutions pertinentes des Nations Unies.
Le 12 août, la Syrie a adressé une lettre officielle au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et au Président du Conseil de sécurité, exprimant sa protestation et son rejet catégorique de la reconnaissance colombienne.
La lettre soulignait que cette reconnaissance violait la Charte des Nations Unies et la résolution 497 du Conseil de sécurité, qu’elle était dépourvue de tout effet juridique et qu’elle ne modifiait en rien le statut juridique du Golan en tant que territoire syrien occupé.
La Syrie a également appelé la Colombie à reconsidérer sa position et s’est déclarée disposée à engager des consultations avec elle afin de clarifier les faits juridiques et historiques relatifs au Golan syrien occupé.
Rejet arabe et international de la reconnaissance par la Colombie de l’annexion du plateau du Golan
La reconnaissance colombienne a été rejetée par le monde arabe et international, les Nations Unies affirmant que le plateau du Golan est un territoire syrien occupé conformément au droit international et aux résolutions des Nations Unies.
L’Union Européenne a réitéré son refus de reconnaître ce qu’elle appelle « la souveraineté d’Israël » sur le Golan syrien occupé, soulignant son attachement au droit international et aux résolutions 242 et 497 du Conseil de sécurité, et appelant au respect de la zone tampon, de l’accord de désengagement de 1974 et de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie.
Plusieurs pays arabes, outre l’Organisation de la coopération islamique et la Turquie, ont également publié des déclarations rejetant cette reconnaissance, soulignant que la décision colombienne n’affecterait pas le statut juridique du Golan syrien occupé.
L’envoyé spécial adjoint des Nations Unies pour la Syrie, Claudio Cordone, a assuré que la reconnaissance colombienne viole le droit international, réaffirmant que le plateau du Golan est un territoire syrien occupé.
La Syrie poursuit ses efforts aux Nations Unies et auprès des organisations internationales pour affirmer le statut du Golan syrien occupé, exigeant le retrait d’Israël jusqu’à la ligne du 4 juin 1967 et rejetant toute mesure ou reconnaissance visant à modifier son statut juridique, sur la base des résolutions de légitimité internationale, notamment la résolution 497 du Conseil de sécurité.
W.h. / L.Arfi