Damas, (SANA) Le directeur du Réseau syrien des droits de l’homme (SNHR), Fadel Abdulghany, a affirmé que l’arrestation d’Ahmad Habib Ali, spécialiste des armes chimiques et responsable des stocks de gaz sarin, ainsi que de la fabrication d’armes chimiques sous le régime déchu, constitue une étape importante dans les enquêtes sur les violations liées à l’utilisation d’armes chimiques.
Dans une déclaration accordée à SANA ce jeudi, Abdulghany a précisé que l’importance de cette arrestation est due aux fonctions qu’occupait Ahmad Habib au sein du Centre d’études et de recherches scientifiques (CERS) et du programme d’armes chimiques du régime déchu.
Il a précisé que son statut d’ancien responsable du CERS et de la fabrication chimique au sein de l’unité 417 le plaçait parmi les échelons administratifs supérieurs du programme, puisqu’il exerçait des responsabilités de direction et ne se limitait pas à un rôle technique d’exécution.
Responsabilité des dirigeants
Le directeur du SNHR a souligné que, conformément aux principes du droit pénal international, la justice pour les crimes liés à l’utilisation d’armes chimiques ne saurait être complète sans poursuivre les investigations jusqu’à la chaîne de dirigeants politiques et des commandants militaires de haut niveau, y compris les responsables ayant planifié, ordonné et supervisé ces crimes, conformément au principe de la responsabilité du commandement et aux différentes formes de participation criminelle prévues par le Statut de Rome.
Abdulghany a également indiqué que l’annonce faite en mai 2026 par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), révélant la découverte de stocks d’armes chimiques non déclarés dans plusieurs sites en Syrie, renforce l’existence d’une structure institutionnelle intégrée du programme chimique et confirme que son utilisation ne résultait pas de décisions individuelles isolées, ce qui rend indispensable la poursuite des enquêtes afin d’établir l’ensemble de la chaîne de commandement.
Tirer parti de l’expertise des mécanismes internationaux
Selon Abdulghany, l’arrestation d’Ahmad Habib constitue une étape dans un long processus de responsabilisation qui doit être suivie d’enquêtes visant tous les niveaux de responsabilité, en s’appuyant notamment sur les éléments de preuve recueillis par les mécanismes internationaux compétents.
Il a insisté sur la nécessité de garantir l’indépendance et l’impartialité des enquêtes et des procès, le respect des garanties d’un procès équitable, ainsi que la préservation des preuves conformément aux normes internationales, afin de renforcer la confiance des victimes et de la communauté internationale dans les résultats des procédures.
Abdulghany a souligné l’importance de coopérer avec les mécanismes internationaux, en particulier avec l’OIAC, afin de bénéficier de son expertise technique et des preuves qu’elle a accumulées.
Il a estimé que la coordination technique avec l’organisation et les autres mécanismes internationaux spécialisés est essentielle pour préserver l’intégrité des preuves et renforcer la crédibilité des enquêtes et des procédures judiciaires.
Le ministère syrien de l’Intérieur avait annoncé mercredi l’arrestation du colonel Ahmad Habib Ali, spécialiste des armes chimiques et responsable des stocks de gaz sarin ainsi que de la fabrication d’armes chimiques sous le régime déchu.
A.Ch.