Banlieue de Damas, (SANA) Accrochée aux flancs des montagnes du Qalamoun, à 56 kilomètres au nord de Damas, se trouve Maaloula, l’une des localités les plus anciennes de Syrie.
Ses maisons de pierre blanche s’étagent le long des pentes abruptes, à plus de 1 500 mètres d’altitude, offrant un panorama saisissant où se mêlent la rudesse du relief et le parfum du passé. La localité semble faire corps avec la montagne qui la protège depuis des millénaires.
Sites historiques et spirituels plurimillénaires
Maaloula regorge d’un patrimoine religieux et culturel qui en fait une destination majeure du tourisme religieux et culturel.
Parmi ses monuments les plus emblématiques figure le couvent des saints Serge et Bacchus, perché au sommet du montagne qui domine Maaloula.
Les pierres anciennes de l’église qui lui est attenante témoignent d’un style architectural remontant au IVᵉ siècle.

Mme Samia Haddad, responsable de l’église, a présenté à SANA en Français, après avoir effectué la prière en araméen et en arabe, un exposé détaillé sur l’histoire du lieu, notamment sur la « coupole céleste » offerte en 1824 et sur les icônes dont certaines datent du XIXᵉ siècle.
Elle a affirmé que les analyses au carbone 14 ont révélé que la porte de l’église dépasse les 1 700 ans.
Parmi les autres sites majeurs de Maaloula figure également le « Fajj », il s’agit d’une faille – ou une fente ou fissure montagneuse. Cette fente rocheuse qui découpe la montagne en deux, formant un passage étroit très prisé des visiteurs, mène au monastère de Mar Taqla, qui semble lui aussi taillé dans la roche environnante.

L’araméen… une langue vivante aux côtés de l’arabe
Maaloula ne se distingue pas seulement par son site exceptionnel et son charme sculpté dans la roche : elle est aussi l’un des derniers endroits au monde où l’araméen, la langue du Christ, est encore parlé au quotidien, aux côtés de la langue arabe.
Les habitants transmettent cette langue, l’araméen, de génération en génération et veillent à l’enseigner à leurs enfants pour la préserver de l’extinction.
Séquelles de la guerre… et une reconstruction inachevée
Malgré le retour progressif de la vie, les séquelles de la guerre restent visibles dans les quartiers et les infrastructures de Maaloula, après les destructions massives causées par les bombardements du régime déchu durant les années de la révolution.
L’hôtel touristique dominant la localité depuis le sommet de la montagne, autrefois l’une des principales destinations touristiques de Maaloula, est devenu aujourd’hui un bâtiment endommagé en attente de réhabilitation.
Abdallah Diab, superviseur de la reconstruction à Maaloula, a indiqué à SANA en Français que plus de la moitié des immeubles de la localité ont été détruites à des degrés divers, et qu’un grand nombre d’habitants restent déplacés dans les localités voisines, leurs maisons étant trop endommagées pour permettre leur retour.
La coexistence… une identité que les crises n’ont pas brisée
Malgré la guerre et la destruction, le tissu social de Maaloula est resté intact. La localité qui abrite, aux côtés de ses églises et monastères, des mosquées fréquentées par les musulmans offre un modèle profondément enraciné de coexistence entre les deux communautés depuis des siècles.


Ses habitants partagent l’espace, l’histoire et la langue, sans que les appartenances religieuses ne les divisent. Maaloula reste ainsi un témoignage vivant de la capacité de la diversité culturelle et religieuse à être une source de force et de cohésion, plutôt qu’un motif de division.
Rim Al-Fawaz