Damas (SANA) Une équipe de secours spécialisée est partie samedi de la capitale Damas à destination du Venezuela. Il s’agit de la première mission de ce type envoyée à l’étranger dans l’histoire moderne de la Syrie, une initiative à forte portée humanitaire qui marque un tournant dans l’action de secours et d’aide humanitaire du pays.
Cette mission transmet un message clair : la Syrie, qui a subi avec douleur la catastrophe du tremblement de terre de février 2023, n’est plus seulement un pays bénéficiaire d’aide ou une zone sinistrée, mais a acquis des expériences et des compétences lui permettant désormais d’envoyer des équipes de secours capables d’apporter leur soutien à d’autres pays en situation de crise.
Une mission historique en partenariat avec le Qatar
Sur directives du président Ahmad Al-Charaa, une équipe de 15 experts et spécialistes en recherche et sauvetage du ministère de la Gestion des urgences et des catastrophes a décollé de l’aéroport international de Damas.
Cette mission est menée en partenariat stratégique avec l’équipe internationale de secours des Forces de sécurité intérieure qataries (Lekhwiya). L’équipe syrienne apporte son personnel hautement qualifié, tandis que la partie qatarie fournit les équipements et les engins lourds nécessaires aux opérations sur le terrain.
De l’isolement à la solidarité mondiale
Dans ce contexte, le ministre de la Gestion des situations d’urgence et des catastrophes, Raed Al-Saleh, a affirmé que l’envoi de cette équipe, appelée à parcourir plus de 10 000 kilomètres, démontre que la Syrie n’oublie pas sa douleur, mais la transforme au contraire en solidarité.
Le ministre Al-Saleh est revenu sur les jours difficiles du séisme de février 2023, rappelant que leurs zones étaient les plus touchées. Il a expliqué que, malgré l’ampleur de la catastrophe, les équipes de secours internationales n’avaient pas pu atteindre les sites dans les heures critiques en raison du contexte politique de l’époque, précisant que le régime d’Assad n’a autorisé ni équipes ni aides à franchir ses zones de contrôle pour se rendre dans les zones rurales d’Idleb et d’Alep.
Il a ajouté que les Syriens s’étaient retrouvés confrontés à une catastrophe majeure avec des ressources limitées, les secouristes et les habitants ayant fouillé les décombres à mains nues pour tenter de sauver des vies. Selon lui, des centaines de personnes avaient pu être sauvées ce jour-là.
Syrie : un nouveau pôle d’expertise en sauvetage à l’échelle mondiale
Ce qui distingue l’équipe syrienne se rendant au Venezuela n’est pas seulement son esprit de solidarité, mais aussi son capital humain et son expérience de terrain. Les deux catastrophes — des années de guerre et le séisme de 2023 — ont forgé un noyau de Syriens disposant de plus de 13 ans d’expérience de travail dans les conditions les plus difficiles, 24 heures sur 24.
Le directeur de la formation du ministère, Hussam Badawi, et le directeur du programme de recherche et de sauvetage, Wissam Zeidan, ont souligné que ces personnels, ayant auparavant travaillé avec les Casques blancs, possèdent désormais des compétences en matière de déblaiement de décombres complexes et d’extraction de personnes piégées.
Ainsi, la Syrie, autrefois pays sinistré, se transforme en un centre névralgique et en un exportateur de savoir-faire en matière de sauvetage, ses équipes devenant des partenaires essentiels et recherchés au sein des instances internationales de réponse aux catastrophes.
En réponse à l’appel du Venezuela
Cette participation fait suite aux deux séismes dévastateurs qui ont récemment frappé le Venezuela, d’une magnitude de 7,2 et 7,5 sur l’échelle de Richter, suivis de répliques, ce qui a incité les Nations Unies à lancer un appel à l’aide internationale urgente.
La mission de l’équipe syrienne, qui travaillera en étroite coordination avec les équipes internationales et qataries, devrait durer entre 5 et 10 jours, avec une possibilité de prolongation selon les besoins sur le terrain.
Il convient de noter que le bilan des deux séismes qui ont frappé le Venezuela mercredi dernier s’élève à 1 430 morts et 3 200 blessés, selon les premiers chiffres des autorités vénézuéliennes.
a.h/mch