Hamas, (SANA) Le gouvernorat de Hama résume à lui seul une grande partie de la tragédie syrienne. Il a été la scène de l’un des crimes les plus atroces de l’histoire du pays en 1982, avant d’être, plusieurs décennies plus tard, confronté à une nouvelle vague de destruction durant la révolution syrienne, à la suite de la guerre menée par le régime déchu contre les villes et les localités du gouvernorat.
Les conséquences de cette guerre ne se sont pas limitées aux pertes humaines ; elles ont également touché les écoles, les lieux de culte, les établissements de santé, les boulangeries, les infrastructures et les habitations, laissant derrière elles des destructions massives que le gouvernorat s’emploie encore à surmonter après la libération.
Un crime contre l’humanité imprescriptible
Le Réseau syrien des droits de l’homme a affirmé que le massacre de Hama, perpétré par le régime d’Assad en février 1982, constitue l’un des crimes contre l’humanité les plus atroces de l’histoire contemporaine de la Syrie, soulignant que rendre justice à ses victimes est devenu une nécessité nationale.
Selon le rapport, l’offensive militaire contre la ville a duré près d’un mois. Les soi-disant « Brigades de défense », les forces spéciales et les services de renseignement y ont participé. La ville a été soumise à un siège total, les services essentiels ont été interrompus et les quartiers résidentiels ont été la cible de bombardements intensifs.
Des exécutions sommaires, des arrestations massives et des actes de torture ont également été commis, tandis que des quartiers historiques entiers ont été détruits.
Le Réseau indique que le massacre a fait entre 30 000 et 40 000 victimes civiles et que près de 17 000 personnes ont été victimes de disparition forcée. De vastes quartiers de la ville ont été détruits, laissant une empreinte qui demeure vive dans la mémoire des Syriens plus de quatre décennies après les faits.
Le Réseau a également souligné que la chute du régime déchu, le 8 décembre 2024, a ouvert la voie à une nouvelle étape fondée sur la justice et la primauté du droit. Il a appelé à traduire en justice les auteurs du massacre, à révéler le sort des personnes disparues et à créer une commission nationale d’enquête indépendante, rappelant que de tels crimes sont imprescriptibles.
Destruction systématique durant la guerre menée par le régime déchu
Avec le déclenchement de la révolution syrienne en 2011, le gouvernorat de Hama est redevenu la cible des campagnes militaires menées par le régime déchu, lesquelles ont provoqué d’immenses destructions touchant les différents secteurs vitaux et les services publics, dans le cadre d’une politique visant à saper les fondements mêmes de la vie.
Selon le ministère de l’Administration locale et de l’Environnement, le secteur de l’éducation du gouvernorat compte 1 597 écoles. Parmi elles, 367 ont subi des dommages légers ou modérés, tandis que 288 ont été totalement détruites ou gravement endommagées, ce qui a eu des répercussions directes sur le processus éducatif et l’avenir de milliers d’élèves.
Les lieux de culte n’ont pas été épargnés. Le gouvernorat compte 883 mosquées, dont 181 ont subi des dommages légers ou modérés, tandis que 184 ont été entièrement détruites ou gravement endommagées. Il compte également 30 églises, dont l’une a été totalement détruite, illustrant le fait que les destructions ont touché les différentes composantes religieuses et patrimoniales du gouvernorat.
Le secteur de la santé a lui aussi subi de lourdes pertes. Le gouvernorat compte 170 dispensaires, dont 30 ont été légèrement ou modérément endommagés, tandis que 18 ont été totalement détruits ou gravement touchés. En outre, six hôpitaux ont subi des dommages totaux ou partiels, tandis qu’un autre a enregistré des dégâts mineurs, ce qui a considérablement réduit la capacité du secteur de la santé à fournir ses services à la population.
Les destructions ont également frappé le secteur des boulangeries. Le gouvernorat en compte 216, dont 36 ont été totalement détruites ou gravement endommagées, affectant l’approvisionnement en pain et la couverture des besoins essentiels de la population durant les années de la révolution.
Cette réalité illustre l’ampleur des destructions qui ont frappé les infrastructures, les établissements de services, les institutions publiques et les maisons dans le gouvernorat de Hama, à la suite de la guerre menée par le régime déchu durant la révolution syrienne.
André Chatta