Damas, (SANA) Le 4e tribunal pénal à Damas a entamé le procès d’Ahmad Hassoun, ex‑mufti du régime déchu.
Le juge Fakhreddine Mostafa al-Aryan a lu la liste des accusations portées contre « Ahmad Hassoun », notamment : – Exploiter sa position de mufti de la République à des fins personnelles et établir des relations étendues en dehors du cadre de la relation officielle avec le chef du régime déchu, Bachar al-Assad, et avec le directeur de la Direction générale du renseignement, Ali Mamlouk, de hauts officiers de l’armée et des chefs des milices qui combattaient en Syrie.
-Il donnait des conférences aux membres et officiers de l’armée du régime déchu, les exhortant à soutenir le régime contre ses opposants, et faisait des déclarations aux médias qui incitaient à la violence contre les civils dans les zones rebelles et les réfugiés fuyant l’oppression du régime, et demandait également à l’armée du régime de détruire ces zones.
– Apporter un soutien public, en sa qualité officielle et symbolique de Mufti de la République, à des officiers et personnalités impliqués dans des crimes de guerre, notamment Issam Zahreddine et Qassem Soleimani, en plus de son soutien aux interventions russe et iranienne en Syrie, malgré les violations et les massacres commis par ces forces et milices contre les Syriens.
Le juge Al-Aryan a expliqué que les actes attribués à l’accusé font de lui un partenaire clé dans l’incitation, l’encouragement, le soutien moral et la légitimation religieuse et politique des actions du régime d’Assad, de ses milices et de ses alliés. Ces crimes sont perpétrés sous forme d’attaques généralisées et systématiques au sein d’un conflit armé non international et ciblent des zones civiles peuplées.
Le juge Al-Aryan a également souligné que le Code pénal syrien punit les actions de Hassoun, en particulier les crimes d’incitation au meurtre avec préméditation, de participation à un meurtre, de participation à une attaque visant à inciter à la guerre civile et aux conflits confessionnels, d’incitation aux tensions confessionnels et raciales et d’utilisation de l’influence à des fins matérielles.
Pour sa part, le représentant du procureur général, le juge Omar Mahmoud Al-Radi, a souligné que l’affaire portée devant le tribunal ne concerne pas une personne ordinaire, mais plutôt une personne qui occupait une haute position religieuse censée être un symbole de calme et de la cessation de l’effusion de sang, mais qui a exploité sa position pour inciter, justifier et légitimer le meurtre.
Le représentant du parquet a expliqué que l’accusé avait exploité sa position de mufti d’Alep, puis de mufti de la République, et tissé un réseau de relations avec des responsables de l’ancien régime et de son appareil sécuritaire.
Il a participé à des conférences et des réunions à caractère incitatif à la haine, et son nom a été associé à des déclarations médiatiques contenant des menaces et des incitations à la violence contre les Syriens, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, ainsi qu’à des soutiens apportés à des personnalités et des forces accusées de violations massives des droits des civils.
Le procureur a souligné que l’accusé avait fait plusieurs apparitions à la télévision et à la radio, incitant à la haine contre la révolution et au meurtre de ses dirigeants.
Il a ajouté : Selon le dossier, les agissements de l’accusé ne se limitent pas au discours médiatique, mais constituent une contribution directe à la couverture morale et religieuse de la machine à tuer, ce qui le lie aux crimes généralisés et systématiques commis contre des civils sous l’ancien régime.
Le procureur a requis que le procès de l’accusé se déroule conformément aux procédures judiciaires, considérant que les crimes qui lui sont attribuées sont des crimes graves impardonnables et imprescriptibles.
À l’issue de la première audience, le procès a été ajourné au 16 juillet pour poursuivre l’audition des témoins à charge.
Le procès s’est déroulé en présence du procureur général de la République, le juge‑conseiller Hassan al‑Turba et d’organisations de défense des droits humains.
L.Arfi