Damas, (SANA) Le mufti général de la République arabe syrienne, cheikh Oussama al-Rifai, a appelé les Syriens à faire preuve de calme et à éviter tout comportement incontrôlé susceptible d’ouvrir la porte à la discorde, soulignant qu’il est nécessaire de laisser à l’État et à ses institutions compétentes la responsabilité de sanctionner les criminels.
Les déclarations du mufti général ont été diffusées ce vendredi dans un discours publié par le Conseil supérieur de la fatwa sur sa chaîne officielle Telegram. Il y a rappelé que revendiquer la justice et demander des comptes aux responsables des violations est un « droit légitime », mais a insisté pour que ce droit soit exercé dans le cadre de l’État et de la loi, loin de toute action individuelle ou collective non organisée.
Al-Rifai a affirmé que les injustices et les souffrances subies par le peuple syrien durant soixante ans, en raison des pratiques du régime déchu, de ses agents, de ses forces et des groupes qu’il a utilisés contre les Syriens, exigent aujourd’hui un comportement sage, loin de toute discorde. Il a insisté sur la nécessité de respecter la voie suivie par l’État et d’éviter tout acte inhabituel ou contraire à la loi.
« Les rassemblements et manifestations pacifiques sont acceptables lorsqu’ils respectent les règles légales et organisationnelles, notamment celles visant à accélérer le processus de justice transitionnelle, à demander des comptes aux responsables des crimes et violations commis contre les Syriens, et à appliquer les sanctions appropriées aux criminels arrêtés », a-t-il précisé.
Le mufti général a mis en garde contre tout dépassement de ces cadres, que ce soit par des manifestations non encadrées ou par le recours à la vengeance individuelle, estimant que cela pourrait ouvrir la voie à une « large discorde » et provoquer des troubles sociaux. Il a affirmé que de telles pratiques risquent d’entraver les efforts visant à instaurer la justice au lieu de les renforcer.
« La responsabilité d’appliquer la loi et de juger les accusés incombe aux institutions étatiques compétentes, appelant les citoyens à faire confiance aux procédures judiciaires officielles et à ne pas tenter de les remplacer par des actions individuelles, en raison des graves conséquences que cela pourrait avoir sur la sécurité de la société », a-t- souligné.
Il a assuré que les autorités disposent des outils juridiques et institutionnels nécessaires pour traiter les dossiers de violations, exprimant l’espoir que ces affaires seront abordées avec un esprit de justice et d’équité, de manière à répondre aux attentes des victimes et de leurs familles tout en préservant la stabilité du pays.
Il a insisté sur la nécessité de préserver la paix civile et l’unité de la société syrienne, mettant en garde contre les tentatives d’exploiter la colère populaire ou de l’orienter vers des voies susceptibles de mener au chaos ou de saper la sécurité intérieure.Il a appelé chacun à faire preuve de sagesse et à déjouer les plans de ceux qu’il a qualifiés de « fauteurs de discorde ».
Le mufti général a également exhorté le gouvernement à accélérer la mise en œuvre des procédures de justice transitionnelle ainsi qu’à hâter le rythme des enquêtes et la reddition de comptes des personnes impliquées dans les violations.
« L’accélération de ces démarches contribuerait à apaiser la tension populaire, à contenir la colère des victimes et constituerait une étape essentielle pour renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions de l’État, ouvrant la voie à une phase de stabilité sociale et à la réalisation de la justice », a-t-il estimé.
Le mufti al-Rifai a conclu en déclarant : « Nous espérons que le gouvernement hâtera la justice transitionnelle et l’application des sanctions contre ces criminels afin d’apaiser les esprits et d’aboutir à une justice complète ».
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