Tartous, (SANA) Le 2 mai demeure une date lourde de sang pour les habitants du village d’Al‑Bayda, dans la région de Baniyas. Ce jour-là, en 2013, la population a été témoin de l’un des massacres les plus atroces de la révolution syrienne, laissant une blessure profonde et durable dans la mémoire des survivants.
Ce village a été la cible d’une vaste opération militaire qui, selon des rapports d’organisations de défense des droits humains et les témoignages de survivants, a entraîné la mort de 264 civils, parmi lesquels des femmes et des enfants, dans des conditions d’une extrême brutalité.
Ces rapports indiquent que des incursions ont été menées dans les habitations, accompagnées d’exécutions sur le terrain, ainsi que d’importants dommages causés aux biens.
Les témoignages des survivants continuent de préserver les détails de cette journée. Parmi eux figure Dirar Al‑Hars, qui n’avait que treize ans lors du massacre. Il se souvient encore du moment où il a perdu son frère, au milieu des scènes de violence qui ont frappé le village. Son récit demeure l’un des témoignages humains les plus poignants sur l’une des étapes les plus douloureuses de la révolution syrienne.
« Ces scènes restent gravées dans ma mémoire… J’ai porté mon frère sans vie, et nous cherchions nos proches parmi les victimes. Toutes ces images défilent comme une vidéo qui ne s’arrête jamais » a dit Al-Hars.
Ce témoignage résume une partie de ce que les habitants de ce village ont vécu à cette période, lorsqu’une opération d’extermination a été menée contre eux par les forces du régime déchu. Malgré les années écoulées, l’absence de justice persiste, tandis que les survivants et les familles des victimes continuent de réclamer que justice soit rendue.
Dans ce contexte, Ibrahim Bayassi a fait savoir que les habitants du village réclament une justice équitable à l’encontre des responsables des crimes, soulignant que l’absence de sanctions constitue une double injustice et laisse des effets négatifs durables sur la société.
Ces revendications reflètent un sentiment largement partagé parmi les survivants, qui estiment que l’absence de justice n’affecte pas seulement le passé, mais continue d’influencer le présent et l’avenir de la société.
Entre une mémoire alourdie par les détails du massacre et des demandes renouvelées de reddition de comptes, le massacre d’Al-Bayda demeure un événement dont la page n’a pas encore été tournée.
Le massacre d’Al‑Bayda n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans un contexte plus large de violations commises dans diverses régions de Syrie durant cette période. Des organisations de défense des droits humains ont documenté des centaines de massacres visant des civils, dont celui de Ras al‑Nabaa, survenu dans une zone proche d’Al‑Bayda, ainsi que d’autres incidents. L’ensemble de ces faits illustre l’ampleur des crimes perpétrés par le régime déchu à cette époque.
Ib.i./ R.F.