Damas, (SANA) Le porte parole du ministère syrien de l’Intérieur, Nour Eddine Al Baba, a révélé les détails de l’arrestation du criminel Amjad Youssef, principal accusé dans le massacre de Tadamon en 2013. Il a précisé que l’opération avait été menée après des mois de surveillance et de suivi sécuritaire rigoureux, et que le criminel serait déféré devant la justice pour recevoir la sanction qui lui revient.
Lors d’un entretien accordé ce vendredi à la chaîne Al Ikhbariya, il a affirmé qu’ Amjad Youssef figurait, depuis le début de la libération de la Syrie et la chute de l’ancien régime, parmi les principaux recherchés par la direction des opérations militaires, puis par le ministère de l’Intérieur, en raison de l’impact mondial provoqué par la brutalité du massacre de Tadamon.
Le porte parole du ministère de l’Intérieur a expliqué que les services compétents avaient mené, au cours des derniers mois, plusieurs tentatives pour localiser et arrêter Youssef, dont une en septembre dernier qui n’avait pas abouti. Les opérations de suivi se sont néanmoins poursuivies jusqu’à ce qu’une zone approximative de sa présence soit identifiée il y a environ un mois, dans le village de Nab‘ al Tayyib, dans le gouvernorat de Hama.
Un plan minutieux reposant sur trois cercles de sécurité
Il a indiqué que l’opération sécuritaire avait été exécutée selon un plan strict fondé sur trois cercles de sécurité destinés à resserrer l’étau autour de la cible et à empêcher sa fuite, en coordination entre la direction de la sécurité intérieure du gouvernorat de Hama et les directions des opérations, des renseignements et des missions spéciales, au sein d’une salle d’opérations de haut niveau supervisée par le ministère de l’Intérieur.
Il a précisé que les forces de sécurité avaient réussi à repérer Youssef à l’intérieur du site visé et à l’arrêter malgré sa tentative de résistance, ajoutant qu’il serait déféré devant la justice syrienne pour poursuivre les investigations et les procédures légales à son encontre.
Il a signalé que Youssef se trouvait hors de Syrie après la révélation de son identité, à la suite de la diffusion de vidéos documentant le massacre, avant de revenir plus tard à Damas et de poursuivre sa collaboration avec la sécurité militaire jusqu’au moment de la libération. Il s’était ensuite volatilisé, se déplaçant entre plusieurs zones, dont campagne de Qardaha et la plaine d’Al Ghab.
Confidentialité des enquêtes et coordination judiciaire pour poursuivre les responsables
Le porte parole du ministère de l’Intérieur a assuré que le ministère s’abstenait pour l’instant de publier les détails des premières investigations en raison de la sensibilité du dossier, tout en indiquant qu’une transparence totale serait assurée auprès de l’opinion publique syrienne en coordination avec le ministère de la Justice, chargé de l’enquête et de la supervision de son procès.
Il a ajouté que le ministère de l’Intérieur œuvrait, en coordination avec le ministère de la Justice et l’Autorité nationale pour la justice transitionnelle, à établir des mécanismes communs pour tenir responsables les auteurs de crimes contre les Syriens. Il a précisé que la prochaine phase verrait l’ouverture de procès visant des personnalités directement impliquées dans les crimes commis durant les années de guerre.
Le porte parole a également révélé l’existence de « réseaux criminels transfrontaliers » mis en place par le régime déchu pour offrir des refuges sûrs aux personnes recherchées, assurer le trafic d’armes et de drogues, et fournir des documents et des permis de séjour à certains fugitifs à l’étranger.
Il a expliqué que le ministère de l’Intérieur, en coordination avec le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés ainsi qu’avec les organismes concernés, poursuivait sa coopération avec plusieurs pays pour traquer les fugitifs recherchés et les remettre à la Syrie. Il a affirmé qu’Amjad Youssef ne serait pas le dernier et que la justice atteindrait tous les criminels, au premier rang desquels le chef du régime déchu, Bachar Al Assad.
« Nous comprenons parfaitement la sensibilité de ce dossier pour les Syriens, et nous considérons les martyrs de Tadamon comme nos propres enfants. C’est pourquoi nous adressons aujourd’hui nos sincères condoléances à leurs familles, après que Dieu nous a permis d’arrêter ce criminel », a t il déclaré.
Le ministère de l’Intérieur avait annoncé ce vendredi matin l’arrestation du principal accusé dans le massacre de Tadamon à Damas en 2013, le criminel Amjad Youssef, qui avait coûté la vie à des dizaines de victimes, lors d’une opération sécuritaire minutieuse menée dans la plaine d’Al Ghab, dans le gouvernorat de Hama.
R.S/ M.Ch.