Damas, (SANA) Le ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, en coopération avec les organisations des Nations Unies chargées des affaires humanitaires et du développement, a lancé la Déclaration des priorités de relèvement et le Plan de réponse aux besoins humanitaires en Syrie pour l’année 2026.
Ce lancement s’est déroulé lors d’un événement organisé aujourd’hui jeudi à l’hôtel Dama Rose à Damas, suivi d’une conférence de presse donnée par Qutaiba Qadish, directeur du département de la coopération internationale au ministère des Affaires étrangères, Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, ainsi qu’Alexander De Croo, directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Les priorités de relèvement et le plan de réponse annoncés ont été définis autour de quatre domaines prioritaires : la restauration des infrastructures vitales, la reprise des services essentiels, le renforcement de la résilience sociale et économique, et la reconstruction des institutions publiques, parallèlement au déminage et à l’élimination des explosifs et restes de guerre.
La Syrie accueille favorablement le plan des besoins et de la réponse
Qutaiba Qadish, directeur du département de la coopération internationale au ministère, a affirmé que la Syrie accueille favorablement le plan des besoins humanitaires et de la réponse pour 2026, ainsi que l’engagement qu’il comporte à travailler, consulter et coordonner avec les institutions de l’État, dans le plein respect de la souveraineté, de l’unité, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance du pays.
Qadish a souligné que la visite conjointe à Damas de Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires, et d’Alexander De Croo, directeur du PNUD, est la première du genre réunissant les responsables des deux piliers humanitaire et développement de l’ONU, ce qui reflète un engagement commun à adopter une approche plus intégrée dans l’apport du soutien international.
Qadish a indiqué l’importance de poursuivre l’aide humanitaire afin de répondre aux besoins urgents et de réaliser les priorités de relèvement définies au niveau national, précisant que la Syrie appelle ses partenaires internationaux à aligner leurs aides et financements sur les priorités nationales, à renforcer les systèmes nationaux et à évoluer vers une approche plus unifiée et cohérente.

Un partenariat étroit et stratégique
Le directeur du département de la coopération internationale a indiqué que le gouvernement syrien réaffirme son engagement à travailler en partenariat étroit et stratégique avec l’ONU, ses agences, les organisations internationales, les bailleurs de fonds et la société civile, afin de soutenir le relèvement, le développement, le rétablissement de la stabilité et la construction d’un avenir meilleur pour tous les Syriens.
Qadish a ajouté que la priorité est désormais de soutenir le retour des déplacés syriens dans leurs foyers et de réhabiliter les infrastructures, les services et les logements, soulignant l’importance de l’initiative « Syrie sans camps » lancée par le président Ahmad Al‑Charaa, qui vise à permettre aux déplacés de quitter les camps et de revenir de manière sûre et volontaire dans leurs communautés.
L’engagement envers les principes humanitaires
Pour sa part, Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence, a affirmé que ce qui distingue ce plan est qu’il est lancé pour la première fois depuis la Syrie et en coopération avec le gouvernement syrien, ayant été élaboré en partenariat entre la communauté humanitaire et ses partenaires du domaine du développement, notamment le PNUD, ouvrant ainsi la voie à de nouveaux partenariats innovants.

Fletcher a précisé que ce plan inclut le respect des principes humanitaires, le soutien aux différentes catégories de la société, y compris les femmes et les filles, ainsi que la réalisation des priorités nationales, au premier rang desquelles la fermeture du dossier des camps et le déminage, soulignant l’importance de l’action humanitaire pour créer les conditions nécessaires à la transition vers la stabilité.
Fletcher a expliqué que les interventions actuelles se concentrent sur la réponse aux situations d’urgence par la fourniture de nourriture, de médicaments, d’abris et de protection, tout en travaillant parallèlement à préparer la phase où les partenaires du développement et les autorités locales joueront un rôle accru dans la gestion du processus de développement.
Voie du développement et investissement dans l’avenir
Pour sa part, Alexander De Croo, directeur du PNUD, a estimé que ce plan représente un moment charnière dans l’histoire de la Syrie, puisqu’il traduit une transition progressive de l’aide humanitaire vers le développement, et de l’urgence vers l’investissement dans l’avenir, soulignant que l’investissement dans le développement constitue un investissement dans la stabilité, le renforcement de la sécurité et le soutien aux services publics essentiels, notamment l’éducation, la santé et les services indispensables permettant aux citoyens de reconstruire leur vie.
De Croo a expliqué que l’action de développement vise à créer un environnement permettant aux Syriens de construire leur avenir selon une approche inclusive donnant à la société civile la possibilité de jouer son rôle et garantissant la participation de toutes les catégories de la société, précisant que le plan visant à clore le dossier des camps est ambitieux et constitue la voie appropriée pour permettre aux habitants de reconstruire leur vie dans un cadre stable.

De Croo a affirmé que l’ONU agit comme une seule équipe afin de soutenir la société, d’offrir un avenir meilleur aux Syriens, de continuer à appuyer la direction syrienne dans ses efforts pour mobiliser des financements et renforcer la coopération avec les institutions financières internationales, y compris la Banque mondiale, afin d’assurer les ressources nécessaires pour investir dans l’avenir de la Syrie.
Le soutien international apporté à la Syrie
Dans une déclaration à la correspondante de SANA, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, a affirmé que le lancement de ces plans revêt une importance particulière, car il offre un cadre clair aux États et aux bailleurs de fonds, les aidant à définir les domaines et priorités de financement, ce qui renforce l’efficacité du soutien international apporté à la Syrie, estimant qu’il s’agit de l’aboutissement des efforts déployés ces derniers mois et qu’il ouvre une nouvelle phase de travail conjoint avec les organisations onusiennes.
Olabi a souligné l’importance de la complémentarité entre le gouvernement syrien et l’ONU, illustrée par les réunions tenues avec divers responsables lors de la visite de la délégation, ainsi que par les visites de terrain consacrées en particulier au dossier des camps, indiquant qu’il s’agit d’un tournant dans la nature de l’action onusienne, les organisations internationales ayant l’habitude de travailler séparément, alors que le cas syrien a révélé une intégration entre les volets humanitaire et développement.
La délégation onusienne avait entamé mercredi une visite en Syrie, sous l’égide du ministère des Affaires étrangères et des Expatriés et accompagnée de ses responsables, afin d’examiner les besoins et priorités à travers des visites de terrain et des réunions avec plusieurs responsables dans diverses zones de Damas et de sa banlieue, constatant l’ampleur des destructions et des ravages causés par les bombardements de l’ancien régime dans le quartier de Jobar à Damas.

La commission nationale chargée de l’initiative « Syrie sans camps » a également tenu une réunion avec la délégation onusienne pour examiner les priorités nationales et la vision gouvernementale concernant la gestion des camps, ainsi que pour discuter des moyens de coopération avec l’ONU dans le soutien aux projets de développement.
R.Kh/ M.Ch.