Raqqa, (SANA) Le Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) a annoncé avoir documenté la mort d’au moins 22 civils, pour la plupart par des tirs de snipers, ainsi que la blessure d’autres personnes, aux mains des forces du groupe FDS dans le gouvernorat de Raqqa, le 18 janvier courant.
Le réseau a précisé dans un rapport publié ce vendredi sur sa chaîne Telegram que le gouvernorat de Raqqa avait connu, le 18 janvier 2026, une escalade marquée par le déclenchement d’un soulèvement populaire contre les FDS dans plusieurs villages et localités du gouvernorat ainsi que dans des quartiers de la ville de Raqqa, ce qui a permis la prise de contrôle de plusieurs zones et positions et l’expulsion du groupe FDS, tandis que celui ci procédait à la destruction de ponts principaux aux entrées de la ville.
Le réseau a indiqué que, durant ces événements, des snipers affiliés au groupe FDS s’étaient positionnés sur les toits de bâtiments et avaient visé directement des civils, ce qui a entraîné des morts et des blessés parmi les habitants, parallèlement à un retrait partiel de membres et de responsables du groupe.
Le rapport indique : « Le Réseau syrien pour les droits de l’homme condamne avec la plus grande fermeté le ciblage et le meurtre direct de civils par les Forces démocratiques syriennes dans le gouvernorat de Raqqa. Ces actes constituent une violation flagrante du droit international humanitaire et des droits des civils. Le réseau appelle toutes les parties à s’engager à protéger les populations civiles et à garantir que ces crimes ne se reproduisent pas » .
Le rapport ajoute : « L’usage de snipers pour viser des personnes en dehors du cadre des hostilités constitue un meurtre délibéré de civils et viole les règles fondamentales du principe de distinction entre civils et combattants. Le ciblage de zones civiles habitées par des bombardements terrestres ou par drones peut s’apparenter à des attaques indiscriminées ou disproportionnées, ce qui est interdit par les règles du droit international humanitaire, notamment les Conventions de Genève et leurs protocoles additionnels ».
Le réseau a appelé les autorités nationales et les instances internationales concernées à mener des enquêtes indépendantes et transparentes sur les homicides commis contre des civils dans le gouvernorat de Raqqa le 18 janvier courant, à identifier les responsables et à les traduire en justice conformément aux dispositions du droit international.
Depuis le 17 du mois en cours, les forces de l’Armée arabe syrienne ont progressivement étendu leur contrôle sur les villages et localités du gouvernorat de Raqqa après leur libération des mains des FDS et des milices du PKK.
Avant son retrait de Raqqa, l’organisation « FDS » avait procédé à la destruction des ponts al Rachid et al Mansour, considérés comme deux des infrastructures vitales de la ville reliant les deux rives de l’Euphrate, ce qui a entraîné sa fragmentation, une quasi paralysie des déplacements et du passage, ainsi que de larges répercussions sur les services et la situation humanitaire.
Les unités du ministère de l’Intérieur sont entrées dans le gouvernorat le 18 du mois en cours dans le cadre d’un plan global visant à instaurer la sécurité et la stabilité, et à protéger les citoyens ainsi que leurs biens publics et privés, conformément à l’accord de cessez le feu et d’intégration complète des Forces démocratiques syriennes au sein des institutions de l’État syrien, signé par le président Ahmad al Charaa, et qui stipule la remise immédiate, administrative et militaire, des gouvernorats de Deir Ezzor et de Raqqa au gouvernement syrien.
R.S./ M.Ch.