Damas, (SANA) Le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne en Syrie, Michael Ohnmacht, a souligné l’importance de la visite effectuée hier à Damas par le président du Conseil européen, António Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui constitue la première du genre depuis 2011.
Ohnmacht a estimé lors d’un entretien exclusif avec SANA que cette visite revêt une grande portée symbolique et constitue un événement historique reflétant la volonté de l’Union européenne de bâtir des relations stratégiques avec la Syrie, ainsi qu’un vif intérêt pour la sécurité, la stabilité et l’avenir de la région.
Concernant les questions abordées par la délégation européenne avec les responsables syriens, Ohnmacht a indiqué que la réunion avec le président Al-Charaa et le ministre des Affaires étrangères Assaad al-Chaibani a porté sur les événements récents en Syrie et dans le monde, les perspectives de coopération future, ainsi que les relations commerciales, économiques et humanitaires.
La relation entre l’Union européenne et la Syrie
Ohnmacht a estimé que la relation entre l’Union européenne et la Syrie a connu de grands changements ces dernières années, rappelant qu’il n’y avait aucune relation entre les deux parties pendant 14 ans, l’Union travaillant avec le peuple syrien tout en s’opposant à l’ancien régime syrien. Il a affirmé que cette situation a profondément évolué avec la libération de la Syrie, des mesures ayant été prises pour renforcer les relations, à commencer par une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, la participation pour la première fois du gouvernement syrien à la “Neuvième conférence de Bruxelles sur la Syrie”, ainsi que la participation du ministre des Affaires étrangères, de la société civile syrienne et de l’Union européenne au “Jour du dialogue” en novembre dernier.
Il a assuré que l’Union européenne tient à la reconstruction de la Syrie et à son relèvement précoce, soulignant un changement complet de la politique européenne envers la Syrie après 2024, et précisant que tous les défis en Syrie, qu’ils concernent la reconstruction, le développement ou l’économie, nécessitent une coopération internationale.
Reconstruction et appel à l’investissement européen
Dans ce contexte, Ohnmacht a appelé les hommes d’affaires européens à investir en Syrie, soulignant la nécessité de créer un environnement juridique et sûr permettant aux investisseurs européens d’accéder au marché syrien. Il a relevé l’importance de l’abrogation de la loi César et la nécessité d’une forte volonté d’investir face aux opportunités existantes, évoquant la visite germano-autrichienne en Syrie il y a un mois et demi, les délégations économiques venues de France, d’Italie et d’autres pays, ainsi que l’investissement dans le transport par la société européenne “Sima” et d’autres entreprises cherchant à pénétrer le marché syrien.
Tout accord doit contribuer au respect de la souveraineté de la Syrie
À propos des événements survenus dans le gouvernorat d’Alep, Ohnmacht a estimé que la reprise de la ville par l’État constitue une étape importante vers le renforcement de la souveraineté de l’État syrien, affirmant que la seule solution pour parvenir à la stabilité en Syrie est le respect de sa souveraineté et de son unité, ainsi que la mise en œuvre de l’accord du 10 mars.
Concernant les récentes négociations syro-israéliennes, Ohnmacht a affirmé que l’Union européenne accueille favorablement tout accord contribuant à la stabilité en Syrie et respectant sa souveraineté, ajoutant que ces négociations constituent une étape vers une stabilité accrue en Syrie et dans la région, mais qu’elles nécessitent une vision garantissant le respect de la souveraineté syrienne dans tout accord conclu.
Au cours des deux prochaines années… 600 millions d’euros pour soutenir les Syriens
Le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne a indiqué que l’Union s’engage à soutenir le retour volontaire des réfugiés syriens en Europe vers leur pays dans des conditions sûres et dignes, avec la possibilité de bénéficier de leurs compétences à leur retour, mais que ce retour doit être bien organisé. Il a précisé qu’il existe certains projets et une initiative européenne pour aider la Syrie, comme l’a annoncé la présidente de la Commission, avec plus de 600 millions d’euros d’aides au peuple syrien au cours des deux prochaines années.
Il a exprimé l’espoir que la visite de la délégation européenne aujourd’hui en Syrie contribue à renforcer la coopération entre elle et l’Union européenne, réaffirmant le soutien de l’Union à la Syrie dans son parcours vers la stabilité et le développement.
M.Ch.