Damas – SANA/ Le ministère de l’Intérieur a annoncé aujourd’hui les résultats de la commission qu’il avait formée en juillet dernier pour enquêter sur les plaintes et allégations concernant l’enlèvement de femmes et de jeunes filles sur la côte syrienne. Il a précisé que sur 42 cas signalés, 41 se sont révélés infondés, et qu’un seul cas d’enlèvement avéré a été confirmé, la jeune fille ayant été retrouvée saine et sauve grâce au suivi des services de sécurité.
Lors d’une conférence de presse, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Nour Eddine Al-Baba, a déclaré que, dans le cadre de sa responsabilité de préserver la sécurité et l’ordre public, le ministère avait suivi avec grande attention les plaintes reçues par les unités de sécurité intérieure, ainsi que la diffusion sur les réseaux sociaux de nouvelles concernant des enlèvements de femmes et de jeunes filles sur la côte syrienne.
Conscient de la gravité de ces plaintes et de leur impact direct sur la stabilité de la société, le ministre de l’Intérieur avait donné en juillet dernier des instructions pour former une commission chargée de vérifier la véracité de ces allégations.
Le porte-parole a indiqué que, durant les derniers mois, la commission avait collecté, vérifié et documenté toutes les plaintes et publications évoquant des cas d’enlèvement depuis le début de l’année jusqu’au 10 septembre dernier. Le travail de la commission a couvert quatre gouvernorats : Lattaquié, Tartous, Homs et Hama. Elle a traité 42 cas au total, répartis sur 60 séances durant une période de trois mois.
Le porte-parole du ministère a ajouté que la commission avait examiné les registres officiels contenant les plaintes des familles des victimes, entendu les femmes et jeunes filles concernées ainsi que leurs proches, et visité les lieux mentionnés dans les dossiers et les publications sur les réseaux sociaux. Il s’est avéré que 41 de ces cas ne constituaient pas des enlèvements.
Voici le détail des conclusions :
– Douze cas de fugue volontaire avec un partenaire amoureux.– Neuf cas d’absence temporaire ou courte chez des proches ou amis, n’excédant pas 48 heures.
– Six cas de fuite en raison de violences familiales.
– Six cas de fausses allégations sur les réseaux sociaux.
– Quatre cas de crimes pénaux ayant conduit à des arrestations par les autorités compétentes.
– Un seul cas d’enlèvement avéré, dans lequel la jeune fille a été retrouvée saine et sauve grâce à l’intervention des services de sécurité. L’enquête se poursuit pour identifier les auteurs
Le porte-parole a conclu en affirmant que, par cette annonce des résultats de la commission, le ministère de l’Intérieur réaffirme que la sécurité des citoyens et leur droit à vivre en paix — en particulier les femmes syriennes et les groupes vulnérables de la société — demeure sa priorité.
Noureddine al-Baba a affirmé que le ministère traite tout signalement ou soupçon de disparition ou d’enlèvement avec le plus grand sérieux et sens de responsabilité. Il appelle les citoyens et la société civile à transmettre en priorité toute information ou alerte de ce type au ministère de l’Intérieur. Il exhorte également les citoyens à ne pas se laisser entraîner par les rumeurs et à vérifier la véracité de toute information avant de la diffuser, surtout lorsqu’elle touche à la sécurité publique.
Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a déclaré que ce qui nous unit tous, c’est le souci de la sécurité de la société syrienne et la protection de ses fils et filles contre tout danger, qu’il soit matériel ou moral. Il a ajouté que le ministère comprend parfaitement les sentiments d’inquiétude et de peur que peuvent susciter de telles nouvelles, et qu’il reste ouvert à tout signalement ou information transmise par les canaux officiels, afin de les traiter conformément aux procédures, avec la plus grande transparence et responsabilité, dans le but de protéger les victimes et leurs proches.
Le porte-parole a précisé que le général Abdel Qader Tahan, adjoint du ministre chargé des Affaires sécuritaires, a supervisé les travaux de la commission et leur suivi. Cette commission a été présidée par le général Samer Al-Hussein, conseiller du ministre pour les affaires juridiques et les droits humains, avec la participation de représentants de plusieurs départements spécialisés du ministère, notamment la Direction des enquêtes criminelles.
Le ministère de l’Intérieur a adressé ses sincères remerciements aux habitants de la région côtière pour leur grande coopération dans l’accomplissement des travaux de la commission et la révélation de la vérité, affirmant qu’il restera un soutien fidèle à la société syrienne.
En réponse aux questions des journalistes, al-Baba a expliqué que la question des crimes électroniques constitue une source majeure d’inquiétude pour la société syrienne, en raison de leurs effets néfastes sur la paix civile, de leur rôle dans l’exacerbation des tensions confessionnelles, et de la diffusion massive de fausses informations qui nuisent à la société. Il a souligné que l’adoption d’une loi spécifique sur les crimes électroniques relève des compétences de l’assemblée du peuple, et que le ministère de l’Intérieur prendra les mesures nécessaires pour limiter ce phénomène, une fois la loi adoptée.
Le porte-parole a indiqué qu’il existe des dizaines de milliers de comptes sur les réseaux sociaux qui diffusent des rumeurs sur la situation sécuritaire en Syrie. C’est dans ce contexte que le travail de cette commission et la conférence de presse qui l’accompagne ont été organisées, dans le but de rassurer l’opinion publique que les informations circulant sur des cas d’enlèvement dans la région côtière sont infondées.
Il a déclaré que, compte tenu de la gravité du sujet et de son impact sur la société syrienne, le ministère a traité chaque signalement publié sur les réseaux sociaux comme un cas réel d’enlèvement. Toutefois, il s’est avéré par la suite que la majorité de ces cas n’étaient pas liés à des questions de sécurité, mais à des circonstances sociales, économiques ou à des problèmes familiaux. Une seule affaire a été confirmée parmi plus de quarante cas examinés, lesquels ont été détaillés avec précision.
Adnan / M.Ch.