Genève, (SANA) Fionnuala Ní Aoláin, membre de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, a qualifié de « crimes de guerre » les violations persistantes menées par Israël contre le territoire syrien.
Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi à Genève, Mme Ní Aoláin a déclaré qu’avec le rapprochement du deuxième anniversaire de la chute du régime déchu, la Syrie connaît de profondes transformations porteuses d’espoir, notamment la mise en place d’une commission législative représentée par l’Assemblée du peuple et le retour de millions de Syriens dans leur pays.
Violations israéliennes persistantes à Quneitra et Daraa
Ní Aoláin a expliqué que, lors de sa visite dans différentes régions de Syrie, la commission avait rencontré des citoyens et écouté leurs aspirations, leurs besoins et leurs expériences.
Elle a ajouté que, lors de sa visite à Quneitra et Daraa en juillet dernier, la commission avait constaté les répercussions de ces violations sur les sociétés locales, alors que les Syriens tentent de reconstruire leur pays et leur vie.
Elle a également indiqué qu’Israël avait arrêté des centaines de personnes, dont des enfants, précisant que les faits établis faisaient état de l’arrestation de 49 enfants sur le territoire syrien et de leur transfert à travers la frontière vers Israël.
Ní Aoláin a souligné que ces actes constituent des crimes de guerre, affirmant que la commission était très préoccupée par l’extension de la présence de l’occupant israélien et que ces pratiques étaient inacceptables et devaient cesser.
Justice transitionnelle et révélation des violations
De son côté, Monia Ammar, membre de la commission, a affirmé que la situation en Syrie demeurait complexe en dépit des efforts déployés, en raison du lourd héritage des violations commises depuis 2011, qui ont suscité une profonde peur au sein de la population syrienne.
Ammar a souligné que la société civile syrienne, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, constituait une source essentielle du travail de la commission et un véritable partenaire dans le processus de justice transitionnelle.
Elle a estimé que le projet de loi relatif à la justice transitionnelle était d’une grande importance, car il traite de nombreuses questions et reconnaît les droits des victimes ainsi que leur droit à réparation, tout en permettant de faire la lumière sur les violations et d’identifier les lacunes et les insuffisances ayant contribué à leur survenue.
Coopération entre l’ONU et les autorités syriennes
« Nous œuvrons aux côtés le gouvernement syrien et la commission nationale de la justice transitionnelle pour la construction et à la réforme des institutions », a-t-elle dit.
Elle a affirmé que la commission était prête à coopérer avec les autorités syriennes dans le domaine de la poursuite des auteurs de violations graves.
Par ailleurs, Yasser al-Farhan, chef du département des droits de l’homme et des commissions des traités internationaux à la Direction des organisations internationales du ministère syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, a affirmé ce mardi à Genève, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, que le gouvernement syrien poursuivait sa coopération avec les différents mécanismes internationaux des droits de l’homme, contribuant ainsi aux efforts nationaux dans ce domaine.
rs/A.Ch.