New York, (SANA) Le représentant permanent de la Syrie auprès des Nations unies, Ibrahim Olabi, a affirmé que le secrétaire général de l’ONU et la délégation onusienne avaient constaté, lors de leur présence à Damas, à quel point la nouvelle Syrie accueille et soutient la société civile, qui a joué un rôle majeur durant les années de guerre et continue de le faire.
Lors d’une séance du Conseil de sécurité consacrée, ce jeudi, au débat des développements en Syrie, Olabi a déclaré : « La visite du secrétaire général António Guterres à Damas a mis fin à une période de tensions entre les Nations unies et la Syrie et a couronné la nouvelle phase, entamée après la libération, placée sous le signe du partenariat ».
Une nouvelle époque placée sous le signe du retour et de la clarté
Il a précisé que le secrétaire général avait pu observer la réussite que construisent les Syriennes et les Syriens après de longues années de lutte et de sacrifices.
Il a également constaté directement sur le terrain les progrès réalisés par la Syrie face aux défis, rencontré les forces de la FNUOD et échangé avec des habitants du sud de la Syrie, qui souffrent de l’enlèvement de leurs fils et de leurs filles par les forces d’occupation israéliennes et de leur disparition forcée.
Le représentant permanent de la Syrie a indiqué que la visite à Damas du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Barham Salih, avait marqué la fin de l’époque de l’exil et du déplacement et le début d’une nouvelle phase placée sous le signe du retour.
Il a ajouté que Salih avait constaté lui-même ce qu’il a qualifié de tournant historique pour le pays et appelé à saisir l’occasion créée par le retour de plus de trois millions de Syriens, en encourageant la communauté internationale à investir dans la reprise, les services et les moyens de subsistance.
Il a souligné que consolider ces retours et les rendre durables exige de poursuivre le soutien à la reprise et à la stabilité de la Syrie.
Olabi a également indiqué que la visite à Damas du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, avait mis fin à une période d’ambiguïté et inauguré une nouvelle époque de clarté.
Selon lui, cette visite constitue l’avancée la plus importante dans l’histoire de la coopération avec l’AIEA pour traiter les questions héritées du régime déchu et ouvrir une phase plus large de coopération, notamment dans le domaine des utilisations pacifiques des sciences et technologies nucléaires au service des priorités nationales de développement.
La Syrie revient au sein de la communauté internationale
Olabi a souligné que la nouvelle Syrie poursuit également son retour au sein de la communauté internationale. Après 47 ans, le nom de la Syrie a été retiré de la liste américaine des États soutenant le terrorisme.
Il a adressé ses vifs remerciements au président Donald Trump pour sa vision, évoquant ce que la Syrie a déjà accompli et ce qu’elle peut encore accomplir une fois libérée de ses entraves.
Il a ajouté qu’un accord avait été trouvé avec la Fédération de Russie afin d’établir une nouvelle étape dans les relations historiques entre les deux pays et les deux peuples, fondée sur les intérêts communs.
Olabi a également rappelé que la Syrie célèbre actuellement le 70e anniversaire de l’établissement de ses relations diplomatiques avec la Chine, dans un contexte de développement permanent des relations bilatérales.
Olabi a indiqué que la visite du ministre syrien des Affaires étrangères au Pakistan, la première de ce type depuis de nombreuses années, a redonné de l’élan aux relations entre les deux pays et ouvert de nouvelles perspectives de coopération politique, économique et commerciale.
Olabi a estimé que « cette visite a mis fin à une période d’isolement et inauguré une nouvelle phase placée sous le signe de l’ouverture ».
Justice transitionnelle et poursuite des figures du régime déchu
Concernant la justice transitionnelle, Olabi a déclaré : « Hier, les larmes de nos mères devant les bourreaux du régime déchu étaient celles de l’oppression, de l’impuissance et de la demande de clémence. Aujourd’hui, leurs larmes devant ces mêmes bourreaux, désormais derrière les barreaux, sont des larmes de joie, de victoire et de dignité ».
Il a affirmé que la justice avait rendu ses jugements à l’encontre de Bachar et Maher al-Assad, d’Atef Najib et de plusieurs autres figures du régime déchu pour les violations et les crimes perpétrés contre les Syriennes et les Syriens, au terme de procès équitables et impartiaux, en présence des familles des victimes, de journalistes, de représentants de la société civile et d’organisations internationales.
Il a également indiqué que les autorités judiciaires libanaises avaient remis aux autorités syriennes l’un des anciens officiers recherchés par la justice syrienne pour des accusations de meurtre avec préméditation et de torture.
Depuis le Conseil de sécurité, il a réitéré son appel à tous les États afin qu’ils coopèrent avec la Syrie dans la poursuite des personnes recherchées et soutiennent le processus de justice transitionnelle, estimant que leur extradition protège également les autres pays contre les risques liés à leurs actes criminels.
Intégration des FDS et fondements de la nouvelle Syrie
Concernant le dossier des (FDS), Olabi a affirmé que ce qui constituait encore, il y a quelques mois, une question complexe tant sur le terrain qu’au Conseil de sécurité est désormais devenu une réalité accomplie.
Il a indiqué que le processus d’intégration des FDS au sein des brigades de l’armée syrienne avait été achevé et que leur dissolution avait été officiellement annoncée, dans le cadre d’une véritable intégration nationale reposant sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas confessionnels sous couvert d’inclusivité.
Olabi a souligné que, dans la nouvelle Syrie, les droits et les libertés de toutes les composantes de la société ne sont ni négociables ni sujets à controverse. « Les divergences doivent d’abord être réglées par le dialogue : la sagesse constitue un choix national et l’intérêt national supérieur demeure la boussole », a-t-il précisé.
Des signes du retour à la vie en Syrie
Olabi a insisté sur le fait qu’au moment où progressent les processus politiques et la justice transitionnelle, l’économie avance également.
Il a cité la reprise des vols directs entre la Syrie et l’Allemagne, ainsi que l’ouverture prochaine de liaisons vers d’autres destinations européennes après de longues années d’interruption. « Le trafic aérien à destination et en provenance des aéroports syriens s’intensifie, tandis que le pays accueille des délégations économiques et des conseils d’affaires », a-t-il dit.
Et de poursuivre : « La Banque centrale de Syrie a également lancé de nouvelles mesures dans le domaine du paiement électronique afin de moderniser le secteur financier, faciliter les transactions et encourager les investissements ».
Olabi a indiqué que l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme avait lancé sa stratégie nationale en vue de permettre à la Syrie de sortir de la liste des juridictions soumises à une surveillance renforcée, dite « liste grise », en coopération avec le Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Il a ajouté que le monument archéologique de Saint-Siméon-le-Stylite avait été remis à son emplacement d’origine dans la ville d’Alep après avoir subi des dommages au cours des années précédentes.
Il a également rappelé que la 63e édition de la Foire internationale de Damas avait été inaugurée la veille et que la flamme avait été rallumée dans l’usine de gaz d’Al-Tabiya, à Deir Ezzor, après sa réhabilitation par des compétences nationales.
« Certains collègues peuvent se demander pourquoi nous évoquons de petits détails économiques dans une salle habituée à discuter de guerres et de crises. Mais pour les Syriennes et les Syriens, la reprise d’un vol direct, l’ouverture d’un compte bancaire, le transfert électronique d’une somme d’argent, la création d’une entreprise ou l’obtention d’un emploi ne sont pas de petits détails. Ce sont des signes du retour de la vie elle-même et du rétablissement de la paix et de la sécurité », a-t-il ajouté.
Israël agit dans la direction opposée
Concernant les violations israéliennes, le représentant permanent de la Syrie a affirmé qu’au moment où la Syrie continue de contrôler ses frontières, de lutter contre le terrorisme, de démanteler les réseaux de trafic de stupéfiants et de régler les dossiers hérités du régime déchu, notamment les dossiers nucléaire et chimique, et alors que les membres du Conseil saluent les progrès accomplis par la Syrie, Israël continue d’agir dans une direction totalement opposée.
Il a indiqué qu’Israël avait mené huit frappes contre l’aéroport d’Abou Douhour, poursuivait ses incursions à l’intérieur du territoire syrien et continuait ses actes d’agression, notamment les enlèvements, les bombardements et les violations répétées.
Il a également dénoncé la démonstration irresponsable de « Katz » au sommet du mont Hermon, en défi ouvert à la volonté internationale et aux résolutions du Conseil de sécurité.
Olabi a ajouté que cela se produit alors que la Syrie fait preuve, comme les membres du Conseil l’ont eux-mêmes reconnu, du plus haut degré de retenue afin d’épargner à la région, et pas seulement à la Syrie, de nouvelles souffrances.
Il a également souligné l’engagement sérieux et responsable de Damas dans les efforts diplomatiques américains visant à consolider la sécurité et à réduire l’escalade.
« Imaginez que toute la région se trouve au seuil d’une guerre régionale dévastatrice en raison de calculs électoraux étroits du Premier ministre de l’occupant israélien. Imaginez que tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité de la région puissent être réduits à néant à cause d’illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement extrémiste et désorienté. Chers collègues, vous n’avez pas besoin de l’imaginer : malheureusement, c’est la réalité », a-t-il expliqué.
Olabi a affirmé que ces agressions ne modifieraient ni le volet des Syriens ni leur choix en faveur de la stabilité.
Il a souligné que, si Israël souhaite lui aussi la stabilité, celle-ci passe par l’arrêt des agressions israéliennes, la fin des incursions, le respect intégral de l’Accord de désengagement de 1974 et le retrait des territoires dans lesquels les forces israéliennes ont pénétré après le 8 décembre.
Concernant le Golan syrien occupé, Olabi a déclaré que le Conseil de sécurité avait tranché cette question depuis des décennies. Il a cité la résolution 497, selon laquelle la décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration au Golan syrien occupé est « nulle et non avenue et sans effet juridique international ».
Il a ajouté : « Oui, le Golan n’est pas un territoire disputé. C’est un territoire syrien occupé et il reviendra à ses habitants syriens, tôt ou tard ».
Il a rappelé que l’Assemblée générale avait également réaffirmé cette position dans une résolution adoptée cette année, le nombre d’États ayant voté en sa faveur étant passé de 97 à 123.
Damas entre le sabre et la soie
Olabi a déclaré que la libération de Damas confirme que la capitale syrienne et l’histoire sont indissociables. « Damas, berceau des religions et des civilisations et joyau de l’Orient, a vu se succéder les empires et a toujours su surmonter les épreuves, les difficultés et les calamités », a-t-il fait savoir.
Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, Damas se relève à nouveau, portant l’héritage de milliers d’années d’histoire et regardant l’avenir avec confiance.
Il a rapporté les propos du président de la République : « Voici Damas tenant dans une main son sabre damascène tranchant et, dans l’autre, sa soie et ses étoffes délicates. Entre fermeté et souplesse avance la diplomatie syrienne : elle rend à chacun son droit et ouvre ses portes à tous ceux qui viennent en partenaires pour soutenir la stabilité et la reprise de la Syrie. Bienvenue à quiconque se rend à Damas en invité et en partenaire, et non en envahisseur ou en agresseur ».
Soutien international à la Syrie et à sa souveraineté
De leur côté, les représentants des États membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale de la Syrie, ainsi qu’à ses efforts visant à assurer la stabilité, la reprise et la reconstruction des institutions de l’État.
Ils ont également insisté sur l’importance de poursuivre le soutien international au processus de transition et de renforcer les perspectives de reprise et de reconstruction.
L’envoyé spécial adjoint du Secrétaire général pour la Syrie, a quant à lui affirmé que le rythme de la reprise s’accélérait et que le gouvernement prenait des mesures positives pour renforcer la stabilité et le développement. Il a indiqué qu’une croissance économique plus rapide était attendue en 2026 et a salué la décision des États-Unis de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme.
Il a également évoqué l’orientation de la phase de transition vers le renforcement des institutions de l’État et la représentation de tous les Syriens en leur sein, ainsi que les décisions de justice rendues contre d’anciens responsables, dont Bachar al-Assad par contumace.
Cordone a en outre estimé que les incursions israéliennes et la détention de citoyens syriens constituent une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Syrie ainsi que de l’Accord de désengagement de 1974.
Pour sa part, Le Sous-Secrétaire général par intérim aux affaires humanitaires, Indrika Ratwatte, a évoqué plusieurs signes encourageants, notamment le retour des Syriens dans leurs foyers, l’amélioration de la production agricole, des secteurs de l’énergie et des transports, la hausse de l’activité commerciale ainsi qu’une amélioration de l’accès à l’aide humanitaire.
Elle a appelé la communauté internationale à soutenir les aspirations du peuple syrien et à investir afin de permettre le passage de la dépendance à l’aide humanitaire vers la reconstruction et le développement.
La représentante des États-Unis a affirmé que Washington ne classait plus la Syrie parmi les États soutenant le terrorisme depuis le 24 août, considérant cette décision comme une étape historique reconnaissant les progrès accomplis par les autorités syriennes. Elle a estimé que la levée de ces restrictions permettrait de libérer de nouvelles possibilités dans les domaines du commerce et de l’investissement.
Enfin, les représentants de la Russie, de la Chine, du Royaume-Uni, de la France, de Bahreïn, du Pakistan, de la Somalie, de la Lettonie, du Panama, de la Colombie et de la Grèce ont eux aussi réaffirmé leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Syrie, rejeté les agressions israéliennes et appelé Israël à se retirer des territoires occupés, notamment du Golan, et à respecter l’Accord de désengagement de 1974.
A.Ch.