Damas (SANA) – Le Réseau syrien pour les droits de l’homme (SNHR) a estimé que l’ouverture en Autriche du procès des deux anciens responsables du régime déchu, Khaled al-Halabi et Musab Abou Roukba, constitue une application du principe de compétence universelle aux crimes internationaux graves commis en Syrie.
Sous l’ancien régime, Khaled al-Halabi dirigeait la branche de la Sécurité de l’État (branche 335) dans le gouvernorat de Raqqa, tandis que Musab Abou Roukba était chef du département des enquêtes criminelles dans le même gouvernorat.
Le tribunal de Vienne a ouvert le 1er juin en cours le procès portant sur des accusations de torture et de mauvais traitements infligés à des détenus durant les premières années de la révolution syrienne. Les audiences devraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin, dans l’attente des témoignages de victimes et de témoins résidant en Syrie et dans plusieurs pays européens.
Dans un communiqué dont SANA a reçu copie, le Réseau a indiqué que cette affaire figure parmi les plus importantes examinées devant les tribunaux européens concernant les violations commises en Syrie, en raison des fonctions exercées par les deux accusés au sein de l’appareil sécuritaire de Raqqa entre 2011 et 2013.
Il a souligné notamment la comparution de Khaled al-Halabi, présenté comme l’un des plus hauts responsables sécuritaires de l’ancien régime poursuivi en Europe pour de graves violations des droits humains.
Le réseau a estimé que cette affaire compte parmi les premières en Autriche à appliquer le principe de compétence universelle à des responsables sécuritaires étrangers accusés de graves violations commises hors du territoire autrichien.
Rendre justice aux victimes syriennes
Selon le Réseau syrien pour les droits de l’homme, ce procès constitue une étape importante dans les efforts internationaux visant à lutter contre l’impunité et à rendre justice aux victimes syriennes.
Le Réseau a souligné la nécessité de traquer les responsables de l’ancien régime soupçonnés d’implication dans des crimes de torture, de disparition forcée, de violences sexuelles, d’arrestations arbitraires et d’autres violations graves commises en Syrie depuis mars 2011, rappelant que ces crimes ne s’effacent pas avec le temps.
Il a également insisté sur l’importance de préserver les preuves et de garantir une documentation indépendante et professionnelle des violations, estimant que ces éléments sont indispensables pour traquer les responsables, même de nombreuses années après les faits.
Les efforts du Réseau en matière de documentation
Le communiqué fait allusion aux travaux de documentation du Réseau, qui recense au moins 124 cas d’arrestations arbitraires attribués à la branche de la Sécurité de l’État à Raqqa, les personnes concernées ayant par la suite été libérées, ainsi qu’au moins quatre cas de disparition forcée imputés à la même branche durant la même période.
Le Réseau a également recueilli des témoignages de survivants de détention faisant état de moyens récurrents de torture, de mauvais traitements et de violations dans les centres de détention relevant des services de Sécurité à Raqqa.
Ces données ont été archivées dans ses bases de documentation, utilisées pour soutenir les efforts de responsabilisation et de justice.
Il a par ailleurs soutenu des enquêtes journalistiques portant sur les violations liées aux services de sécurité syriens, en fournissant des informations et des données vérifiées concernant la structure institutionnelle, les modes de fonctionnement et les pratiques systématiques de violations.
a.h/ r.f