Bruxelles, (SANA) Le ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés, Assaad Hassan Al‑Chaibani, a affirmé, lors d’une conférence de presse en marge du Forum du partenariat entre l’Union européenne et la Syrie à Bruxelles, que la Syrie entrait dans une nouvelle phase visant à établir un cadre institutionnel durable, allant au-delà de l’aide humanitaire pour s’orienter vers une coopération et un partenariat bilatéraux plus larges, fondés sur des intérêts mutuels.
Al-Chaibani a affirmé que la Syrie abordait les discussions avec ses partenaires européens « avec le plus grand sérieux et nous espérons que cette réunion jettera les bases d’une compréhension mutuelle solide avec nos partenaires ».
« La Syrie ne connaît ni minorités ni majorités ; tous les citoyens sont Syriens sous l’autorité de la loi et de la Constitution », a dit Al-Chaibani qui a ajouté que le pays œuvre aujourd’hui à la reconstruction dans tous les domaines, tout en facilitant le retour volontaire des réfugiés.
Al‑Chaibani a souligné que le moment géopolitique exceptionnel que traverse le monde offre des opportunités rares pour la région comme pour l’Europe, estimant que saisir cette conjoncture exige de l’initiative, car « les fenêtres historiques se referment lorsqu’on ne les exploite pas à temps ».
Il a affirmé que la Syrie constitue l’un des piliers de la stabilité régionale, rappelant que Damas a renforcé cette stabilité au cours des dix-huit derniers mois. Toutefois, la phase actuelle n’est pas achevée, car elle nécessite la poursuite de la reconstruction et la réhabilitation des infrastructures — un objectif que la délégation syrienne est venue pour réaliser.
Il a également indiqué que la Syrie représente désormais l’une des routes alternatives en tant que corridor stratégique et stable, capable, grâce à sa position géographique, de devenir un axe sûr pour les chaînes d’approvisionnement.
Le ministre a ajouté : « Nous considérons l’Union européenne, les États‑Unis et les pays du Golfe comme des partenaires de la Syrie. »
Évoquant le Liban, il a déclaré que Damas le considère comme un voisin et un partenaire, soulignant l’existence d’une coopération économique entre les deux pays. Il a toutefois exprimé des préoccupations sécuritaires liées à la présence d’armes incontrôlées entre les mains de certaines milices, affirmant que la Syrie cherche à développer ses relations avec Beyrouth en dépassant l’héritage du passé laissé par l’ancien régime.
Al‑Chaibani a également fait savoir qu’Israël s’efforce depuis un an et demi pour menacer et déstabiliser la Syrie.
« Damas a réaffirmé dès le premier jour son engagement envers l’accord de désengagement de 1974 et envers le rôle de la Force des Nations unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD) », a-t-il dit.
Il a précisé que la Syrie a mené des négociations sous médiation américaine, car elle souhaite concentrer ses efforts sur la reconstruction, la stabilité et la création d’un environnement sûr pour le retour des Syriens.
Pour sa part, la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Suica, a déclaré lors de la conférence que « l’Union européenne se tient aujourd’hui aux côtés de la Syrie pour l’accompagner dans sa transition de la crise vers le relèvement ».
Elle a ajouté que l’Union européenne apporte son soutien aux institutions sanitaires et aux infrastructures, tout en œuvrant à accélérer le rythme du redressement économique et social et à renforcer la construction institutionnelle, estimant que cela constitue le fondement d’une Syrie prospère pour tous.
R.F.