Damas, (SANA) Le chargé d’affaires de la délégation de l’Union européenne en Syrie, Michael Ohnmacht, a affirmé que le dialogue politique de haut niveau prévu à Bruxelles le 11 mai constitue une nouvelle étape dans le développement des relations entre les deux parties. Il a précisé que les discussions porteront sur les dossiers du redressement économique, de la reconstruction, ainsi que sur le renforcement de la coordination entre le gouvernement syrien, l’Union européenne et les pays donateurs, en plus de l’examen d’un nouvel accord de partenariat avec la Syrie.
Un dialogue reflétant une évolution positive
Dans un entretien accordé à SANA ce jeudi, Ohnmacht a indiqué que ce dialogue traduit l’évolution continue et positive des relations entre les deux parties. Il a rappelé que la période précédente a connu plusieurs avancées, notamment la visite du président du Conseil européen et de la présidente de la Commission européenne, et leur rencontre avec le président Ahmad al‑Charaa, ainsi que la participation de ce dernier au sommet européen tenu à Chypre le mois dernier.
Participation européenne élargie
Ohnmacht a souligné que l’Union européenne souhaite instaurer ce dialogue politique de manière régulière. La réunion se tiendra avec la participation des représentants des 27 États membres, de la Commission européenne et de la Haute Représentante pour les affaires étrangères, Kaja Kallas, et portera sur des questions d’intérêt commun, dont la situation en Syrie et dans la région.
Soutien au gouvernement syrien
Il a affirmé que l’Union européenne soutient la stabilité et la réussite de la transition politique en Syrie, en insistant sur l’importance de la participation de toutes les composantes de la société syrienne. Il a évoqué des signes positifs concernant la formation du nouveau Conseil du peuple, et s’est dit optimiste quant à la mise en œuvre de réformes au bénéfice du peuple syrien, tout en réaffirmant le soutien continu de l’Union européenne au gouvernement syrien dans ce processus.
Vers un partenariat renouvelé
Concernant l’accord de coopération signé en 1978, Ohnmacht a expliqué que l’Union européenne souhaite revenir à cet accord et reprendre les négociations en vue d’un nouveau partenariat avec la Syrie, un processus nécessitant du temps et un dialogue politique constant.
Reconstruction et relance économique
Il a annoncé qu’une session de dialogue économique et de développement se tiendra à Bruxelles, avec la participation des pays membres, des donateurs, des agences de l’ONU et d’organisations internationales, afin de coordonner les efforts avec le gouvernement syrien dans les domaines de la reconstruction et du redressement économique et social.
Ohnmacht a ajouté que l’Union européenne travaille aujourd’hui avec le gouvernement syrien, alors qu’elle s’y opposait durant la période du régime déchu. Il a souligné l’importance de la coordination autour des initiatives syriennes, telles que « Syrie sans camps », et de l’intégration des programmes européens d’aide aux réfugiés et déplacés dans ces initiatives pour garantir leur réussite.
Retour des réfugiés
Au sujet des réfugiés, Ohnmacht a affirmé que les Syriens ont désormais le droit de retourner dans leur pays après les changements politiques survenus en Syrie. Il a estimé que le retour est devenu possible sur le plan politique, mais que des défis économiques et sociaux persistent, ce qui rend le retour une décision personnelle. L’Union européenne souhaite aider le gouvernement syrien à améliorer les conditions sur le terrain afin de faciliter ce retour.
Il a signalé l’existence d’un nombre important de retours, notamment depuis le Liban et certains pays européens, ainsi que des programmes européens de soutien individuel au retour, soulignant que l’amélioration des conditions de vie demeure essentielle pour encourager ce processus.
Coordination avec les donateurs
Ohnmacht a insisté sur l’importance de la coordination entre le gouvernement syrien et les pays donateurs pour garantir la mise en œuvre des projets selon les priorités syriennes et éviter les duplications ou les chevauchements.
Concernant les sanctions, il a précisé que l’Union européenne a levé totalement les sanctions économiques imposées à la Syrie en mai dernier, tout en maintenant les sanctions individuelles visant certaines personnalités de l’ancien régime.
AM.