Istanbul, (SANA) Le retour de nombreuses familles résidant à Istanbul vers la Syrie a laissé un vide notable durant le mois de Ramadan. La scène apparaît cette année différente des années précédentes, notamment dans les quartiers densément peuplés de Syriens, où les accents syriens faisaient partie intégrante de l’ambiance en général.
Bien que les traditions du Ramadan se poursuivent telles que les Syriens les connaissent dans leurs villes et villages, les signes du changement sont devenus visibles avec le début du retour progressif vers la Syrie. Cela soulève une question: la scène ramadanesque à Istanbul est-elle réellement en train de changer ?
Une présence à un rythme plus faible
Dans ce contexte, Omar Dabbour, employé dans un restaurant de « Shawarma » à Kayabaşı, explique à SANA que malgré le départ de nombreux Syriens, l’activité dans les marchés du Ramadan se poursuit, mais à un rythme inférieur à celui d’avant. Il note l’absence de certains clients habituels, surtout durant le mois de Ramadan.
Dabbour ajoute : « Cette année, la fréquentation des familles se concentre surtout le week end, tandis que les soirées ramadanesques semblent moins animées qu’auparavant. »
Il affirme que le retour de nombreux Syriens a eu un impact direct sur l’activité commerciale dans tout le quartier.

Moins d’invitations à l’Iftar
Pour sa part, Yassine Bezenko, installé à Istanbul depuis environ neuf ans, estime que l’absence de certains proches et amis avec lesquels il avait l’habitude de partager l’iftar ou d’assister aux prières de tarawih a laissé un impact social évident. Il souligne que beaucoup de Syriens qui sont encore à Istanbul ressentent la même chose.
Bezenko explique que les conversations autour des tables d’iftar cette année tournent davantage autour de ceux qui sont partis, alors que ces rencontres étaient auparavant un espace de solidarité et d’allègement du sentiment d’exil.
« Avec le retour de certaines familles, ces rassemblements sociaux se sont réduits, diminuant la chaleur des soirées ramadanesques par rapport aux années précédentes », a-t-il fait noter.
De son côté, Huda Al Khatib, une mère de famille résidant à Başakşehir, affirme que les invitations à l’iftar qu’elle adressait à ses proches et amis faisaient partie de sa routine ramadanesque, mais qu’elles se sont cette année limitées à un cercle plus restreint après le départ de la plupart d’entre eux.

Al Khatib précise que la réduction des invitations ne signifie pas la disparition de l’ambiance et des traditions du Ramadan, mais reflète plutôt une réorganisation des relations sociales face aux transformations vécues par les Syriens entre le choix de rester et celui de rentrer.
Les hauts prix et la baisse de la demande pour les produits syriens
En ce qui concerne le plan commercial, les commerçants syriens estiment que les défis ne se limitent pas à l’absence de certaines familles.
Walid Al Halabi, l’un des commerçants d’Istanbul, explique que la demande pour les produits syriens a diminué par rapport aux années précédentes. Selon lui, la raison n’est pas seulement le retour vers la Syrie, mais aussi la hausse des prix.

Al Halabi souligne que de nombreuses familles syriennes tentent de s’adapter à cette hausse en maintenant leurs traditions ramadanesques autant que possible, même en réduisant les quantités ou en remplaçant certains produits par des alternatives moins coûteuses.
Entre le choix de rester et celui de revenir, la communauté syrienne à Istanbul semble vivre une phase de transition calme, au cours de laquelle elle réorganise les détails de son quotidien, y compris les traditions du Ramadan qu’elle a apportées de son pays, tout en continuant à les adapter à une réalité changeante.


Ib.I. / L.Arfi