Damas, (SANA) La Syrie s’oriente vers la réactivation et le développement de ses zones franches afin de les transformer en pôles intégrés de production, de commerce et de services logistiques, reliés aux ports, aux postes-frontières terrestres et aux réseaux ferroviaires. Cette stratégie vise à renforcer la position géographique du pays au sein des chaînes d’approvisionnement régionales et internationales, à attirer les investissements et à stimuler l’économie nationale.
Une dynamique d’investissement et des infrastructures modernisées
Le directeur de l’investissement au sein de l’Établissement public des zones franches, Abdel Razzaq Qantar, a déclaré à l’agence SANA que les zones franches syriennes avaient repris leur activité en matière d’investissement, à la suite des travaux de réhabilitation des routes ainsi que des réseaux d’électricité, d’eau et de chemins de fer. « Ces efforts sont menés parallèlement au développement des ports secs et à leur connexion avec les ports maritimes », a-t-il précisé.
Qantar a indiqué que la demande concernant les zones franches avait fortement augmenté au cours de l’année 2026, dépassant les prévisions.
Il a également fait savoir que des projets étaient à l’étude pour créer de nouvelles zones franches selon des réglementations et des législations conformes aux meilleures pratiques internationales.
La Syrie, un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement
Selon Qantar, la position géoéconomique de la Syrie lui permet de devenir un maillon essentiel des chaînes d’approvisionnement internationales, notamment en proposant des itinéraires complémentaires et alternatifs pour les flux commerciaux.
Dans ce contexte, la liaison ferroviaire entre le port de Tartous et la zone franche d’Adra constitue une expérience qualifiée de réussie et prometteuse.
Des projets sont également prévus pour réhabiliter d’autres lignes ferroviaires et relier davantage de zones franches aux ports et aux postes-frontières.
Des taux d’occupation élevés et une nouvelle loi sur l’investissement
Qantar a annoncé que certaines zones franches avaient atteint un taux d’occupation de 100 %, tandis que d’autres se situaient autour de 80 %, certaines devant atteindre 90 % d’ici la fin de l’année.
Afin de faciliter les investissements, les démarches administratives des investisseurs peuvent désormais, selon Qantar, être accomplies en six étapes et dans un délai de 15 jours ouvrables. « Le processus commence par le choix du site et s’achève par la remise de l’emplacement destiné à l’activité, grâce à un système de guichet unique », a-t-il dit.
Il a également révélé qu’une première version d’un nouveau projet de loi sur l’investissement dans les zones franches était prête et faisait actuellement l’objet de discussions. Cette nouvelle législation vise à remplacer l’ancien cadre juridique et à offrir un environnement réglementaire plus moderne et plus attractif pour les investissements.
Idleb et Al-Yaaroubiyah : une expansion géographique et logistique
Le directeur de l’investissement de l’Établissement général des zones franches a également indiqué à SANA que les travaux se poursuivaient en vue de finaliser un accord portant sur la création d’une zone franche dans le gouvernorat d’Idleb.
Celle-ci devrait constituer une zone modèle, équipée d’un port sec et des technologies les plus modernes. Le projet suscite déjà l’intérêt d’investisseurs syriens, arabes et étrangers, ainsi que de sociétés internationales.
Le 2 juillet dernier, le président de l’Autorité générale des postes-frontières et des douanes, Qutaiba Badawi, a inspecté le poste-frontière d’Al-Yaaroubiyah et la zone franche qui s’y trouve.
Il a examiné les projets visant à achever son aménagement et à la remettre en activité afin d’attirer les investissements et de lancer des projets économiques et logistiques au service de la région orientale du pays.
Un partenariat syro-saoudien pour renforcer le système logistique
Le 26 août dernier, Badawi a rencontré une délégation du Conseil d’affaires saoudo-syrien, présidée par Mohammed ben Abdallah Abunayyan, afin d’examiner le développement de la coopération dans les domaines des ports, des zones franches et des services logistiques.
La réunion a porté sur le développement des postes-frontières, la circulation des camions et le transit, l’extension des zones franches et la création de nouveaux ports secs.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une vision ayant pour objectif de relier les ports, les zones franches, les chemins de fer, les cités industrielles et les postes-frontières terrestres aux pays voisins.
Les deux parties ont convenu de constituer une équipe technique chargée d’examiner une stratégie logistique commune et d’assurer le suivi des projets d’investissement et d’infrastructure.
Adra : un pôle géoéconomique accueillant 400 investisseurs
Le directeur de la zone franche d’Adra, Youssef Ayoub, a déclaré à SANA que la zone comptait environ 400 investisseurs et que son taux d’occupation dépassait 80 %.
Il a expliqué que la situation géographique d’Adra, au nord de Damas, à proximité de l’aéroport international de Damas et de l’autoroute M5, en faisait un portail d’accès privilégié des investisseurs aux marchés étrangers.
La zone accueille des investisseurs originaires de Syrie, de Turquie, d’Europe, de Jordanie, d’Irak et des pays du Golfe. Des marchandises y sont notamment exportées vers le Qatar, les Émirats arabes unis, la Jordanie et la Turquie.
Les activités qui y sont exercées sont diverses : commerce automobile, pièces détachées pour véhicules et engins, industries alimentaires et l’orfèvrerie. La zone se prépare également à lancer des lignes de production de câbles à fibre optique.
Elle bénéficie en outre d’une alimentation électrique 24 heures sur 24. Des travaux sont en cours pour y déployer la fibre optique et mettre en place un système numérique visant à parvenir à un fonctionnement « zéro papier ».
Incitations et facilités accordées aux investisseurs
Ayoub a expliqué que la zone franche d’Adra proposait des conditions tarifaires incitatives ainsi que des exonérations pouvant aller jusqu’à une année pour les investisseurs qui créent de nouvelles installations. À cela s’ajoutent la rapidité du traitement des formalités administratives et le système de guichet unique.
Il a également indiqué que le retrait du nom de la Syrie de la liste des sanctions avait contribué à accroître l’intérêt des investisseurs arabes et étrangers, prévoyant que la zone atteindrait un taux d’occupation de 100 % au cours de l’année 2026.
Grâce au développement des ports maritimes et des ports secs, des chemins de fer et des postes-frontières, ainsi qu’à la simplification des procédures d’investissement et à la modernisation de la législation, les zones franches disposent d’une importante opportunité pour se transformer en un réseau logistique et productif intégré.
Un tel réseau pourrait soutenir les exportations, créer des offres d’emploi, attirer les capitaux et renforcer le rôle de la Syrie en tant qu’axe du commerce régional et international.
André Chatta