Damas, (SANA) Dans une démarche sans précédent depuis plusieurs années, le gouvernement canadien a annoncé le 18 février 2026 une révision complète des sanctions économiques imposées à la Syrie depuis 2011, en levant l’embargo étendu qui était lié au régime déchu.
Cette décision fait suite à un examen approfondi de la conjoncture politique et économique en Syrie, et s’inscrit dans le cadre des efforts internationaux visant à réintégrer Damas dans le système économique mondial après une longue période d’isolement et de sanctions internationales.
I. Quelles sanctions levées ont été les plus importantes ?
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a précisé que les sanctions les plus importantes levées incluent :
- La levée de l’interdiction générale sur l’importation et l’exportation de biens et services, permettant aux entreprises syriennes de commercer librement au niveau international.
- L’ouverture aux activités d’investissement dans de nombreux secteurs.
- La facilitation des transactions financières et bancaires, y compris dans les secteurs du pétrole et des télécommunications.
II. Domaines économiques concernés
Les principaux secteurs bénéficiant de la levée des sanctions canadiennes sont les suivants :
- Commerce extérieur
Les entreprises syriennes peuvent désormais exporter et importer légalement des biens avec des partenaires canadiens, favorisant l’expansion du marché syrien et la reprise des relations commerciales suspendues depuis des années.
- Investissement étranger
La décision ouvre la voie aux investisseurs canadiens et internationaux à entrer sur le marché syrien, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie et des infrastructures, représentant un coup de pouce essentiel pour les projets de développement.
- Services financiers et bancaires
La facilitation des transactions entre les banques syriennes et leurs partenaires étrangers augmente les opportunités de flux de capitaux, d’attirer les investissements et les transferts des expatriés, un élément clé pour renforcer la liquidité dans l’économie locale.
- Secteur pétrolier et télécommunications
Parmi les domaines les plus impactés par la levée des restrictions, on retrouve le commerce des produits pétroliers et la facilitation de la technologie et des services liés aux télécommunications, deux secteurs prioritaires pour la reconstruction et la reprise économique.
III. Impact attendu sur l’économie syrienne
- Relance du commerce et réintégration dans les chaînes d’approvisionnement mondiales
La levée des sanctions canadiennes visant l’import-export contribue à attirer de nouveaux partenaires commerciaux et à réduire l’écart de l’isolement économique prolongé.
Dans une déclaration à l’Agence « SANA », le président de l’Autorité syrienne pour le développement des exportations et des produits locaux, Manhal Fares, a mis en exergue cette décision comme une opportunité de connecter les produits syriens aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Augmentation des investissements et flux de capitaux
Les experts économiques considèrent cette mesure comme un début d’ouverture progressive favorisant le flux d’investissements étrangers et régionaux, renforçant la confiance des investisseurs après des années de sanctions et d’isolement.
- Soutien à la reconstruction et aux infrastructures
Le secteur privé, notamment les PME, sera le principal bénéficiaire, ayant désormais la possibilité de participer à des projets de reconstruction nécessitant matériaux, équipements et financements étrangers.
La Banque centrale de Syrie a mis en exergue la décision canadienne, la qualifiant d’étape importante pour renforcer la coopération financière et bancaire et stimuler les projets d’infrastructure.
- Amélioration du climat des affaires et confiance des investisseurs
La décision canadienne renforce la confiance dans le marché syrien, les analystes soulignant que la levée des sanctions constitue à la fois un signal symbolique et économique pour le retour de la Syrie dans le système financier mondial après des années d’isolement.
IV. Importance générale de la levée des sanctions pour la relance économique
• Réintégration dans le système financier mondial
Les sanctions compliquent le fonctionnement économique avec les banques internationales et l’accès au financement ou aux crédits, freinant ainsi la croissance. Leur levée facilite l’accès aux marchés de capitaux et réduit les coûts des transactions internationales.
• Attraction des investissements étrangers
Les investissements directs étrangers dépendent de la stabilité, de la possibilité de transférer des fonds et de la sécurité juridique pour les investisseurs. Les sanctions constituent un obstacle, et leur levée rend la Syrie plus attractive.
• Amélioration de la vie des citoyens
Les sanctions, en particulier dans les services et le financement, entraînent une hausse des coûts des biens essentiels, une diminution des importations et du pouvoir d’achat des citoyens. Leur levée contribue à améliorer le niveau de vie et à réduire l’inflation.
• Renforcement de la reconstruction
Après plus d’une décennie de guerre, la Syrie fait face à d’énormes défis en matière de reconstruction. La levée des sanctions permet aux entreprises et organisations internationales de participer efficacement aux projets d’infrastructure, essentielle pour restaurer les services de base et stimuler l’économie.
La décision du Canada de lever les sanctions économiques visant la Syrie a un impact à la fois économique et politique, représentant un signal positif vers une ouverture économique progressive et pouvant encourager d’autres pays à suivre le même chemin. Elle ouvre la voie à la relance du commerce, à l’attraction d’investissements et à la confiance dans l’économie syrienne après des années d’isolement, ce qui pourrait constituer un tournant dans le processus de reprise économique et de reconstruction intégrale.
André Chatta