Damas, (SANA) Alors que la Syrie tente progressivement de se relever après plus d’une décennie de conflit, ses ports situés sur la façade méditerranéenne apparaissent comme l’un des leviers majeurs de la reprise économique et de la reconstruction nationale.
Dans un contexte marqué par une demande croissante en matériaux, équipements et marchandises, les infrastructures portuaires s’imposent au centre des priorités de réhabilitation.
Un positionnement géographique qui replace la Syrie sur la carte maritime
Avec plus de 180 kilomètres de côtes, la Syrie dispose d’un point d’ancrage privilégié sur la Méditerranée orientale, au croisement des échanges entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.
Les ports de Lattaquié, Tartous et d’autres terminaux constituent des portes d’entrée cruciales et des relais logistiques potentiels sur une mer qui demeure l’un des couloirs commerciaux les plus fréquentés au monde.
Ce positionnement stratégique permet non seulement d’assurer la réception des marchandises nécessaires au marché local, mais ouvre également la possibilité d’accueillir des navires de transbordement en destination vers les cinq continents.
Des infrastructures vitales pour les importations de reconstruction
Selon plusieurs estimations locales, de nombreuses importations syriennes empruntent aujourd’hui la voie maritime, une proportion appelée à croître avec l’accélération prévisible des chantiers de réhabilitation et de réindustrialisation.
Parmi les cargaisons attendues ou déjà traitées figurent :
• matériaux de construction et acier
• machines et équipements lourds
• matières premières industrielles et médicales
• produits de grande consommation
Les ports syriens deviennent ainsi le principal poumon logistique pour alimenter les chantiers, relancer la production nationale et approvisionner les marchés.
La modernisation des ports, un impératif économique
Face à la montée des besoins, la modernisation des infrastructures portuaires s’impose comme un passage obligé.
Les priorités identifiées par plusieurs observateurs portent sur :
• l’extension et la modernisation des quais pour accueillir des navires de plus grande capacité
• l’augmentation des zones de stockage et des terminaux logistiques
• la digitalisation des opérations et l’automatisation du traitement des cargaisons
• l’amélioration des procédures douanières afin de fluidifier les flux
• l’ouverture à des partenariats extérieurs ou à des investissements techniques
Pour les experts, ces transformations pourraient repositionner la Syrie comme un acteur de transit dans le bassin méditerranéen, au-delà de la seule satisfaction du marché intérieur.
Un potentiel de transit international
L’accueil des navires en escale technique et le développement d’activités de transbordement représentent un gisement de revenus important via les droits portuaires et les services connexes. Avec le retour relatif de la stabilité et une connectivité maritime renforcée, les ports syriens pourraient, à terme, s’inscrire en concurrence avec d’autres ports du Levant, aujourd’hui dominés par leurs voisins.
Bien plus que des terminaux commerciaux, les ports syriens constituent l’architecture logistique centrale du rétablissement national. Leur modernisation, soutenue par la géographie avantageuse du pays, pourrait contribuer à arrimer durablement la Syrie aux réseaux mondiaux de transport maritime et à assurer son retour dans les circuits économiques régionaux et internationaux. Une étape déterminante sur le long chemin de la reconstruction.
André Chatta