Damas, (SANA) Le rapprochement européen avec la Syrie s’est accéléré depuis la libération du 8 décembre 2024, lorsque la plupart des capitales européennes ont ouvert une nouvelle page avec Damas, fondée sur la coopération et la compréhension mutuelle, mettant ainsi fin à une période d’isolement imposée par l’ancien régime durant quatorze années de la révolution syrienne, qui avait cherché dès son lancement à mettre fin à l’autoritarisme.
Les Européens ont été à l’avant‑garde des délégations internationales ayant visité la Syrie. Huit jours après la libération, le président Ahmad al-Charaa a reçu une délégation du ministère britannique des Affaires étrangères pour discuter des derniers développements en Syrie. Le 3 janvier 2025, une visite conjointe des ministres des Affaires étrangères d’Allemagne et de France a suivi.
Par la suite, des dizaines de délégations européennes se sont succédé, envoyant un message politique clair de soutien à un pays qui secoue la poussière d’une guerre imposée par l’ancien régime. Cela a reflété une volonté internationale de réintégrer la Syrie comme acteur central œuvrant pour la stabilité, l’engagement positif dans son environnement et l’établissement de relations extérieures équilibrées.
De Paris à Berlin puis à Londres
Sur le plan du mouvement diplomatique réciproque, le président al-Charaa a inauguré les ponts de communication avec l’Europe par une visite en France le 7 mai 2025, où il a rencontré son homologue français Emmanuel Macron, qui a affirmé le soutien de son pays à la souveraineté et à l’unité territoriale de la Syrie, exprimant sa volonté de travailler à la levée de toutes les sanctions européennes. Le président al-Charaa a souligné, pour sa part, la volonté de la Syrie de renforcer les liens d’amitié au service des intérêts communs des deux peuples.
Le rapprochement syro‑européen s’est également manifesté lors des réunions de l’Assemblée générale des Nations unies à New York en septembre dernier, où le président al-Charaa a tenu une série de rencontres avec des dirigeants et délégations européens de haut niveau, parmi lesquels les présidents de la France, de la Finlande, de la Tchéquie et de la Lettonie, ainsi que les Premiers ministres d’Italie, de Grèce et de Norvège. Ils ont affirmé leur soutien à la nouvelle Syrie et leur volonté de développer les relations bilatérales, contribuant ainsi à la reconstruction et à la prospérité, ce qui a jeté les bases de vastes partenariats dans divers domaines.
La Syrie, un partenaire international incontournable
Dans la continuité de cette dynamique, le président al-Charaa a rencontré, en marge du sommet sur le climat à Belém au Brésil en novembre dernier, ses homologues français et finlandais, ainsi que les Premiers ministres d’Espagne et des Pays‑Bas, et le vice‑Premier ministre italien. Une démarche qui a consolidé la position de la Syrie comme partenaire international incontournable.
Ces rencontres, qu’elles aient eu lieu à Damas ou lors des visites extérieures du président al-Charaa, n’étaient pas de simples rituels protocolaires. Elles ont contribué à redessiner la carte extérieure de la Syrie, à affirmer sa présence dans les équations mondiales, et ont porté un message clair : la nouvelle Syrie veut être un État actif et équilibré, tournant la page des années d’isolement vécues sous l’ancien régime.
De l’isolement aux partenariats internationaux
Les visites du président al-Charaa aujourd’hui en Allemagne, puis demain au Royaume‑Uni, s’inscrivent dans une trajectoire stratégique visant à développer les relations bilatérales, renforcer la coopération politique, économique et de développement, et bâtir des partenariats capables de créer un environnement d’investissement attractif contribuant à la reconstruction et à la réalisation d’intérêts de développement communs.
Cette dynamique s’inscrit dans les efforts du président al-Charaa pour briser définitivement l’isolement de la Syrie grâce à des relations internationales fondées sur les intérêts mutuels, établissant des partenariats efficaces qui contribuent à la stabilité et à la sécurité de la région. La nouvelle diplomatie syrienne repose sur le pragmatisme et la réciprocité, adoptant la coopération comme langage du dialogue avec le monde plutôt que celui des crises.
La Syrie est ouverte à tous et prête à coopérer avec tout pays respectant sa souveraineté et croyant en un partenariat équitable. C’est ce que le président al-Charaa affirme constamment. Aujourd’hui, cette volonté politique se transforme en opportunités d’investissement réelles fondées sur le partenariat plutôt que sur l’aide, consolidant une nouvelle phase qui rend à la Syrie sa place dans le monde.
AM.