Capitales, (SANA) Le monde assiste aujourd’hui à une course accélérée pour le contrôle des infrastructures numériques qui façonneront l’économie mondiale dans les prochaines décennies, alors que l’intelligence artificielle est passée d’une simple technologie avancée à un champ de compétition internationale autour des capacités de calcul et des méga‑centres de données.
Les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite s’imposent comme deux puissances émergentes au Moyen‑Orient, grâce à d’importants investissements visant à bâtir des écosystèmes locaux de calcul intensif et à renforcer leur souveraineté numérique. Une dynamique qui traduit le passage de la région du statut de consommatrice de technologies à celui de productrice et développeuse.
Dans ce contexte, Marc Dominique, vice‑président du secteur entreprises chez Nvidia pour le Moyen‑Orient, la Turquie, l’Afrique et l’Europe du Sud, a déclaré à CNN Business que la région connaît une transformation profonde dans son approche de l’intelligence artificielle, fondée sur la création d’écosystèmes intégrés combinant infrastructures avancées, logiciels et données locales.
Selon lui, les investissements des gouvernements du Golfe dans le calcul haute performance (HPC) et dans les modèles linguistiques locaux constituent une base essentielle permettant aux entreprises de développer des applications d’IA dans les secteurs de la finance, de l’énergie, de la santé et de la logistique. Cette infrastructure souveraine offre au secteur privé un accès à des capacités de calcul avancées sans supporter seul les coûts de leur création.
Les Émirats et l’Arabie saoudite en tête
D’après le responsable de Nvidia, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite mènent le modèle régional du calcul intensif grâce à leurs infrastructures énergétiques, télécoms et centres de données parmi les plus développés, ce qui les rend particulièrement aptes à entraîner et déployer des modèles d’IA de nouvelle génération à grande échelle.
Il souligne que la région passe progressivement de l’usage des applications d’IA à la construction des capacités nécessaires pour les produire et les développer localement.
Dominique rappelle également que la création d’un écosystème d’IA performant ne repose pas uniquement sur les puces avancées, mais exige aussi des logiciels et des modèles linguistiques adaptés aux besoins, à la langue et à la culture de la région. Nvidia collabore ainsi avec des universités, des développeurs et des institutions technologiques pour renforcer le contenu arabe et soutenir la souveraineté numérique.
« Stargate Émirats » : un saut de capacité
Avec l’entrée en service prochaine de la première phase du projet « Emirates Stargate » à Abou Dhabi cette année, la région s’apprête à franchir un nouveau cap dans ses capacités de calcul.
Selon Dominique, ce projet offrira aux entreprises de multiples secteurs un accès à une infrastructure avancée d’intelligence artificielle, stimulant l’innovation et renforçant la compétitivité de l’économie numérique.
« Emirates Stargate » est perçu comme une initiative stratégique plaçant le pays parmi ceux qui cherchent à maîtriser les capacités de calcul nécessaires au développement et à l’exploitation des futures générations d’applications d’IA, plutôt que de dépendre d’infrastructures étrangères.
La compétition se joue sur l’écosystème complet
Alors que les Émirats se préparent à accueillir un grand nombre de processeurs d’IA de pointe, Dominique insiste sur le fait que la supériorité dans ce domaine ne dépend pas du nombre de puces, mais de la capacité à les intégrer dans un écosystème complet incluant énergie, refroidissement, télécommunications, cybersécurité et compétences spécialisées.
Il conclut que la course mondiale à l’intelligence artificielle se dirige vers la création de pôles de puissance computationnelle capables d’attirer les investissements et de stimuler l’innovation — un objectif que les Émirats et l’Arabie saoudite poursuivent activement à travers des projets majeurs qui les placent à l’avant‑scène du paysage numérique régional.
am