Damas (SANA) L’industrie des fruits secs fait partie intégrante du patrimoine culinaire syrien, liant les méthodes domestiques traditionnelles des mères au savoir-faire des artisans, avant que les technologies modernes ne soient introduites pour donner à ce produit une plus grande présence et une qualité supérieure.
Entre le séchage au soleil, première méthode utilisée, et les séchoirs automatisés sur lesquels les entreprises s’appuient aujourd’hui, ce secteur a évolué pour inclure de nouvelles variétés et répondre à la demande croissante des marchés locaux et mondiaux.
Alors que le Qamr Addine, fabriqué à partir d’abricots mûrs, est l’un des plus anciens fruits secs en Syrie, avec les figues et les raisins secs (qui sont fabriqués depuis des siècles et traditionnellement utilisés comme substitut aux sucreries), de nouvelles variétés telles que les pêches, les coings, les pommes, les cerises et les abricots ont été introduites avec le développement des méthodes de séchage, élargissant ainsi les choix pour les consommateurs et les amateurs de ces produits.
Petits projets
Samar Jamal Addin, qui gère une petite entreprise artisanale de séchage de fruits, a expliqué à l’agence SANA que le processus de production commence par la sélection rigoureuse de fruits mûrs, qui sont ensuite lavés et coupés avant d’être exposés au soleil pendant plusieurs jours, jusqu’à ce qu’ils perdent progressivement leur humidité.
Elle a précisé que cette méthode traditionnelle confère au fruit sa saveur particulière et préserve ses qualités nutritionnelles.
Elle a expliqué que la demande de fruits secs augmente généralement à l’arrivée de l’hiver, car ils constituent un élément essentiel des provisions familiales, faisant savoir que la plupart des mères à Damas et sa campagne font sécher chez elles des abricots, des figues, du raisin et des coings, perpétuant ainsi une tradition ancestrale visant à profiter des abondantes récoltes estivales et à les conserver pour l’hiver.
Fabrication avec des technologies modernes
Concernant l’état actuel de ce secteur, Majd Dib, responsable de production dans une entreprise agroalimentaire, a expliqué à SANA que la variété des fruits secs locaux est traditionnellement concentrée dans un certain nombre de produits, notamment les figues, les raisins et les abricots, qui figurent parmi les types les plus répandus et les plus populaires sur le marché local.
Il a souligné la présence des fruits secs importées sur les marchés, notamment des fruits tropicaux comme les fraises, les bananes et les mangues, importés car ils ne sont pas disponibles localement en quantités suffisantes.
Dib a expliqué que le processus de fabrication comporte plusieurs étapes, à commencer par la ligne de production initiale, puis le tri et le lavage, avant que les fruits ne soient placés dans des séchoirs automatisés qui éliminent l’humidité pour atteindre le niveau de séchage requis, préservant ainsi la qualité et la valeur nutritionnelle du produit.
Augmentation de la demande
Il a signalé qu’avec la demande croissante et la consommation généralisée de ces produits, de nombreuses entreprises ont commencé à équiper des lignes de production modernes qui reposent sur des technologies de séchage avancées, ce qui a contribué à élargir la liste des variétés produites localement pour inclure les oranges, les fraises, les pêches et les pommes, selon les saisons de production agricole de chaque culture.
Dib a ajouté que les entreprises travaillent également pour le développement des procédés de transformation et de conditionnement des produits, afin de garantir que ces produits soient proposés aux consommateurs avec des méthodes d’emballage modernes et de haute qualité, conformément aux normes sanitaires et commerciales, ce qui améliore les opportunités de commercialisation de ces produits sur les marchés locaux et étrangers.
Différence de prix
Sur les marchés de Damas, on observe une disparité remarquable de prix pour les fruits secs importés et locaux. Le prix d’un kg de fruits tropicaux importés oscille entre 125 000 et 150 000 livres syriennes, tandis que celui d’un kg de fruits locaux comme les abricots, les figues et les pommes atteint environ 60 000 livres, témoignant de la concurrence réelle entre les produits locaux et importés.
Lors d’une visite dans un marché, Mahmoud Al-Nakhal, un employé, a expliqué qu’il privilégiait l’achat de fruits secs locaux pour leur goût naturel, l’absence de conservateurs, leur longue conservation.
De son côté, Mona Al-Baroudi, une femme de foyer, a indiqué qu’elle les utilisait pour préparer des pâtisseries à maison, séduite par leur caractère traditionnel et leurs qualités nutritionnelles.
Corrélation saisonnière
Pour sa part, Mohi Eddin El-Masri, vendeur de fruits secs au marché de Bezouriya à Damas, a expliqué que ce secteur était historiquement lié aux fruits de saison et visait à conserver les récoltes d’été pour la consommation hivernale.
Il a rappelé que la Ghouta orientale était autrefois réputée pour ce type d’activité que celle-ci connaît un regain d’intérêt progressif ces derniers temps.
À l’échelle mondiale, l’industrie des fruits secs connaît une croissance remarquable, le marché devant dépasser 14,8 milliards de dollars d’ici 2035, portée par la demande croissante pour les collations saines, avec un taux de croissance annuel composé entre 5,25 % et 5,7 %, selon les rapports du cabinet d’études de marché international Market Research Future.
L’industrie des fruits secs en Syrie demeure un modèle d’artisanat alimentaire qui allie savoir-faire ancestral et techniques modernes, contribuant ainsi à la préservation de ce produit patrimonial et à sa disponibilité sur les marchés tout au long de l’année.
L.Arfi