Paris, (SANA) L’ingénieure et pilote française Sophie Adenot de 43 ans, dont le premier vol spatial est prévu ce vendredi, passera huit à neuf mois dans l’ISS. Elle participera à 200 expériences scientifiques et pourrait effectuer des sorties extravéhiculaires.
Selon un reportage publié par le journal français « Le Parisien », ce vendredi 13 février, à 11h15 (heure de Paris), les moteurs du Falcon 9 de SpaceX devraient s’embraser pour arracher Sophie Adenot à la gravité terrestre – sauf nouvel imprévu de dernière minute.
« Accompagnée des Américains Jessica Meir et Jack Hathaway, ainsi que du Russe Andrei Fedyaev, la Française de 43 ans s’élancera pour un séjour d’exception : un périple de longue durée en apesanteur au sein de la Station spatiale internationale (ISS) » souligne le journal.
Cette mission, baptisée Epsilon, marque le retour d’une Française en orbite, trente ans après le premier vol historique de Claudie Haigneré. Le séjour de Sophie Adenot est prévu pour durer entre huit et neuf mois, ce qui en ferait le voyage le plus long jamais effectué par un astronaute de l’ESA, l’Agence spatiale européenne.
Que va-t-elle faire là-haut ?
Le Parisien rapporte que Sophie Adenot participera à environ 200 expériences scientifiques et technologiques. Parmi les projets phares, elle testera EchoFinder, un échographe de pointe assisté par intelligence artificielle et réalité augmentée, conçu pour permettre aux astronautes de réaliser des examens médicaux en totale autonomie. Ce dispositif préfigure les besoins des futures missions vers la Lune ou Mars, où les délais de communication interdiront tout guidage en temps réel depuis la Terre.
« L’ancienne pilote d’essai s’exercera aussi sur des simulateurs de pilotage de module lunaire pour analyser comment le cerveau maintient ses capacités de navigation après plusieurs mois en microgravité. « Dans l’ISS, il y a un pot à tâches : il contient la liste des expériences qui n’ont pas besoin d’être réalisées à des moments précis mais juste quand on le peut », précise l’astronaute Jean-François Clervoy.
Mais la vie à bord impose aussi des activités plus prosaïques : Sophie Adenot devra endosser les rôles de « plombier » ou « d’électricien » pour assurer la maintenance technique de cette station-maison, qu’il s’agisse de réparer les toilettes ou de changer une ampoule.
Comment vont se passer les premiers jours ?
Le franchissement du sas de l’ISS marque le début d’une métamorphose brutale. La coéquipière et commandante du vaisseau de Sophie Adenot, l’astronaute expérimentée Jessica Meir, a comparé l’arrivée d’un « rookie » (débutant) à celle d’un « nouveau-né » : il faut réapprendre les gestes les plus élémentaires, comme boire, manger ou utiliser les commodités, dans un monde où la verticalité n’existe plus.
« Sur le plan physiologique, Sophie Adenot devra affronter la redistribution des liquides vers le haut de son corps, un phénomène provoquant le syndrome de la « puffy face » (tête gonflée) et une perte de repères visuels pouvant entraîner des nausées ou des vomissements », fait savoir le journal.
Dans son reportage, Le Parisien souligne que pour atténuer ce « mal de l’espace », elle a utilisé des entraînements en réalité virtuelle à l’approche de son envol, une méthode innovante destinée à « pré-habituer » son cortex visuel à l’absence de gravité.
Sa santé sera placée sous une surveillance constante. Bimba Hoyer, son médecin d’équipage, restera en contact quotidien avec elle durant les cinq premiers jours de sa phase d’adaptation. Ce suivi rigoureux permettra de s’assurer qu’elle est parfaitement « fit » avant d’entamer son programme intensif.
Va-t-elle réaliser une sortie dans l’espace ?
C’est le moment où le métier d’astronaute atteint son paroxysme : la sortie dans le vide spatial, ou EVA (« Extra-Vehicular Activity »). Il faut alors enfiler le scaphandre, prendre ses outils et se rendre à l’extérieur de la station. S’ensuit une opération complexe de plusieurs heures, où chaque geste est chorégraphié.
A.Ch.