Damas, (SANA) – À la tombée de la nuit, les rues de Bab Touma et de la vieille ville de Damas se parent de guirlandes et de sapins illuminés. Cette année, l’ambiance festive a une tonalité particulière : elle succède à des semaines d’événements politiques qui ont profondément marqué le pays, et pour beaucoup d’habitants la préparation de Noël et du Nouvel An se mêle à un sentiment d’espoir prudent.
De grands sapins sont dressés et éclairés pour la première fois dans un climat public perçu comme « nouveau » par certains. Marchés de Noël, cafés décorés et petites animations pour les enfants ont repris, offrant aux familles un espace pour se retrouver malgré les incertitudes. Journalistes et photographes ont documenté des scènes de célébration, des familles prenant des photos devant les décorations, des messes organisées et des marchés animés, immédiatement après l’effondrement du pouvoir en place début décembre.
Pour les chrétiens syriens, la coïncidence temporelle entre la chute du régime et les fêtes de fin d’année a transformé Noël en un moment de joie pour tous les Syriens.
Origines du sapin de Noël — petit rappel historique

La tradition du sapin de Noël, telle qu’on la connaît aujourd’hui, trouve ses racines en Europe centrale (notamment en Allemagne) aux XVIᵉ–XVIIᵉ siècles.
Des sources historiques associent l’usage de branches et d’arbres verts aux fêtes païennes puis chrétiennes, et la pratique de décorer un conifère à la maison a été popularisée par des communautés protestantes et luthériennes. Martin Luther est souvent cité dans les récits populaires comme l’un des premiers à avoir éclairé un petit sapin avec des bougies pour évoquer la beauté des étoiles à travers les branches.
Préparatifs et petites scènes de rue
Dans les allées des marchés d’hiver, on vend des lumières, de petits santons, des biscuits et des bonnets rouges. Les décorateurs locaux remontent guirlandes et étoiles ; les propriétaires de cafés de Bab Touma racontent comment ils sortent mobilier et décorations pour accueillir des clients avides d’un peu de normalité. Certains habitants accrochent aussi le drapeau de la révolution syrienne aux décorations, signe que la fête devient parfois un lieu d’expression politique discrète.
La « coïncidence » des fêtes et de la libération — entre symboles et réalités
Pour beaucoup, l’alignement des fêtes chrétiennes et du basculement politique donne au sapin un rôle symbolique : non seulement objet de tradition religieuse et familiale, mais aussi signal d’une rue qui retrouve la lumière après des années de violences.
Regard vers l’avenir
Au fil des semaines, l’éclairage des sapins offre un instant pour exhaler un peu d’air festif. Les célébrations resteront, pour un temps, un baromètre social : tant qu’elles seront fluides et fréquentées, elles renverront l’image d’une société qui tient à ses traditions et cherche à se reconstruire.

A.Ch.