Séoul , (SANA) Des parlementaires sud-coréens ont annoncé vendredi que la Corée du Nord aurait posé près de 960 000 mines antipersonnel le long de la frontière intercoréenne depuis 2024, dans le cadre de ses efforts visant à renforcer ses défenses frontalières, après que Pyongyang a adopté une politique qualifiant les deux Corées d’« États hostiles ».
Selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, des parlementaires membres des commissions du renseignement et de la défense de l’Assemblée nationale ont indiqué que l’armée sud-coréenne avait présenté cette estimation au Parlement.
Des tensions croissantes le long de la frontière
L’armée sud-coréenne a observé à plusieurs reprises des soldats nord-coréens s’approcher de la ligne de démarcation militaire ou la franchir. Ces incidents ont conduit les forces sud-coréennes à diffuser des avertissements par haut-parleurs et à effectuer des tirs de semonce, conformément aux procédures opérationnelles en vigueur.
Les tensions entre les deux pays se sont intensifiées après l’explosion d’une mine antipersonnel dans la zone démilitarisée, le 21 septembre, qui a blessé trois soldats sud-coréens, dont deux grièvement.
L’armée sud-coréenne et le Commandement des Nations unies ont conclu que l’explosion avait été provoquée par des mines antipersonnel posées par la Corée du Nord au sud de la ligne de démarcation militaire, en violation de l’accord d’armistice ayant mis fin aux combats de la guerre de Corée, entre 1950 et 1953.
Pyongyang a toutefois nié toute responsabilité dans cet incident, accusant Séoul d’avoir falsifié les conclusions de l’enquête afin de lui imputer la responsabilité de l’explosion. La Corée du Nord a également menacé de reprendre ses émissions de propagande contre le Sud par haut-parleurs et de déployer des armes tactiques le long de la frontière.
Plus de deux millions de mines dans la zone démilitarisée
Selon des estimations d’experts militaires, le nombre total de mines posées dans la zone démilitarisée dépasserait les deux millions, en incluant celles installées par les forces sud-coréennes. Le ministre sud-coréen de l’Unification, Jeong Dong-young, a avancé une estimation similaire lors d’une audition parlementaire au début du mois.
Jeudi, le ministère sud-coréen des Affaires étrangères a appelé la Corée du Nord à reprendre les négociations et à s’abstenir de toute action provocatrice susceptible de provoquer des affrontements accidentels le long de la frontière.
Rkh/mch