Damas, (SANA) Les possibilités de voyager, d’étudier et de maintenir des liens avec l’étranger se réduisent progressivement pour les Iraniens.
Alors que les sanctions américaines frappant le secteur aérien compliquent davantage les déplacements internationaux, la fermeture d’un centre culturel français à Téhéran vient ajouter un nouvel obstacle aux étudiants qui envisagent de poursuivre leurs études à l’étranger.
Dans un article publié le 28 septembre 2026, le quotidien français « Le Monde », a évoqué un isolement croissant de la population iranienne, marqué à la fois par la multiplication des restrictions aériennes et par les difficultés rencontrées pour accéder aux examens internationaux et aux dispositifs permettant de préparer un projet d’études à l’étranger.
Les liaisons aériennes se réduisent
Le 24 septembre, les autorités irakiennes, selon le quotidien, ont annoncé la suspension des vols iraniens à destination de Bagdad et de Nadjaf. Les Émirats arabes unis ont également suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les vols opérés par des compagnies iraniennes à destination et en provenance de leur territoire. Oman a, lui aussi, fermé ses aéroports aux transporteurs iraniens.
Les restrictions concernent également le survol de certains territoires. Un vol de Varesh Airlines reliant Téhéran à Douchanbé a ainsi dû faire demi-tour après que le Turkménistan lui eut refusé l’autorisation de traverser son espace aérien.
Ces perturbations font suite à l’annonce, le 21 septembre, par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, de sanctions visant 27 compagnies aériennes iraniennes. Washington a également menacé de sanctions secondaires les entreprises étrangères qui continueraient à fournir à ces transporteurs du carburant, des services au sol ou des prestations aéroportuaires.
Des liaisons encore maintenues, mais une forte incertitude
« Toutes les liaisons internationales iraniennes n’ont toutefois pas été interrompues. Certains vols continuent notamment vers la Chine, la Russie et l’Afghanistan et, pour certains transporteurs, vers la Turquie. Mais l’incertitude gagne le secteur : plusieurs agences de voyages iraniennes ont cessé de vendre certains billets, redoutant de nouvelles annulations », indique le quotidien.
Selon le quotidien, le secteur aérien iranien étant déjà soumis depuis plusieurs années aux sanctions américaines, l’ampleur et la durée des effets de cette nouvelle série de mesures restent difficiles à déterminer.
Les étudiants confrontés à de nouveaux obstacles
Les difficultés ne concernent pas uniquement les déplacements. L’accès à certains examens internationaux nécessaires aux études à l’étranger est également devenu plus compliqué.
« Après la suspension par le Trésor américain de la licence générale G, l’Educational Testing Service (ETS), qui administre notamment le TOEFL, a suspendu l’organisation de cet examen en Iran. Les étudiants souhaitant désormais passer ce test doivent, lorsqu’ils en ont les moyens, se rendre dans un autre pays, ce qui entraîne des dépenses et des démarches supplémentaires », a-t-il fait savoir.
La fermeture du Centre de langue française de Téhéran
À ces restrictions s’est ajoutée la fermeture, le 20 septembre, du Centre de langue française (CLF) de Téhéran, lié à l’ambassade de France et ouvert depuis plus de vingt ans.
Selon la justice iranienne, le centre aurait poursuivi ses activités sans les autorisations nécessaires malgré plusieurs mises en demeure. Les autorités lui reprochent également des activités considérées comme contraires à la culture et à la sécurité nationales, notamment « la constitution de réseaux et la facilitation du départ d’Iraniens qualifiés vers l’étranger ».
Le centre accueillait environ 5 000 inscriptions par an et proposait des cours de français ainsi que des préparations aux diplômes DELF et DALF, reconnus internationalement. Il abritait également un espace Campus France, destiné à informer et accompagner les Iraniens souhaitant poursuivre leurs études en France.
« Paris a fermement condamné cette fermeture, estimant qu’elle pénaliserait les milliers d’Iraniens qui fréquentaient chaque année l’établissement », assure le quotidien.
Des projets d’études désormais compromis
Pour certains étudiants, la fermeture du centre intervient alors que les démarches étaient déjà engagées. Sadaf, une Iranienne de 31 ans qui suivait des cours de français depuis un an et demi, raconte avoir découvert les portes scellées du centre le 21 septembre.
Elle projetait de poursuivre des études de cinéma en France et devait passer le DELF en décembre. « Chaque fois que nous essayons d’ouvrir une porte, les dirigeants iraniens nous la ferment », témoigne-t-elle, estimant que ses efforts, son temps et l’argent consacrés à son projet ne sont pas pris en compte.
Elle résume ainsi son sentiment : « J’ai l’impression d’être dans une prison qui ne cesse de rétrécir ».
Entre restrictions aériennes, sanctions économiques, suspension de certains examens internationaux et fermeture d’institutions culturelles, les possibilités offertes aux Iraniens souhaitant maintenir des liens avec l’étranger apparaissent ainsi de plus en plus limitées.
A.Ch.