Londres, (SANA) Amnesty International a affirmé qu’Israël intensifie les mesures visant à annexer les territoires palestiniens en Cisjordanie, par la confiscation de terres et la poursuite de l’expansion illégale des colonies, mettant en garde contre les répercussions de ces mesures sur les droits des Palestiniens et l’intégrité de leur territoire.
Ordres de confiscation de 200 dounams à Jénine
L’organisation a indiqué, dans un communiqué publié aujourd’hui jeudi sur son site officiel, que l’armée israélienne avait émis, au cours du mois de juillet dernier, au moins 15 ordres de confiscation de terres couvrant une superficie d’environ 200 dounams dans les zones « A » et « C » du gouvernorat de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, dans le but de relier deux colonies israéliennes dont la construction est prévue dans la région.
Elle a précisé que ces deux colonies figurent parmi les 34 nouvelles colonies dont la construction a été approuvée par le gouvernement israélien au cours de cette année.
L’organisation a expliqué que la plupart des terres confisquées sont des propriétés privées appartenant aux habitants des villages de Qabatiya, Arraba, Marka, Misliya, Jarba et Al-Yamoun, dans le gouvernorat de Jénine. Elle a averti que l’exécution des ordres de confiscation priverait des centaines de familles palestiniennes de leurs terres agricoles, de leurs oliveraies et de leurs moyens de subsistance, notamment à l’approche de la saison de la récolte des olives.
Extension du programme d’annexion aux zones « A »
La directrice du bureau régional d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, Heba Morayef, a déclaré que « les ordres de confiscation de terres dans la zone dite “A” révèlent qu’Israël étend son programme d’annexion à des zones qui étaient sous le contrôle des autorités palestiniennes depuis la signature des accords d’Oslo », appelant à faire pression sur Israël pour qu’il annule ces ordres.
Morayef a averti que la construction de nouvelles routes reliant les colonies israéliennes conduirait à diviser le gouvernorat de Jénine en enclaves géographiques isolées, compromettrait la continuité géographique et économique entre les communautés palestiniennes et restreindrait la liberté de circulation de leurs habitants. Elle a estimé que ces mesures témoignent de la détermination des autorités israéliennes à intensifier l’annexion des terres palestiniennes dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée.
Mise en garde contre le projet de colonisation « E1 »
Amnesty International a souligné que le droit international interdit à une puissance occupante de confisquer des terres dans le but d’étendre les colonies, précisant qu’Israël poursuit parallèlement l’expansion des infrastructures des colonies et des routes dans d’autres régions de Cisjordanie.
L’organisation a également mis en garde contre le projet de colonisation dans la zone « E1 », près de Al-Qods occupée, après l’annonce par Israël de plans prévoyant la construction de 1 234 unités de colonisation. Elle a estimé que la mise en œuvre de ce projet isolerait Al-Qods-Est du reste des territoires palestiniens et diviserait de fait la Cisjordanie en deux parties.
Elle a indiqué que le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires avait recensé, en avril dernier, 925 obstacles à la circulation des Palestiniens en Cisjordanie, soit le chiffre le plus élevé enregistré depuis 20 ans, affectant les déplacements d’environ 3,4 millions de Palestiniens.
Appel à la communauté internationale pour qu’elle prenne des mesures concrètes
Morayef a appelé Israël à mettre fin aux confiscations de terres et à l’expansion des colonies. Elle a également appelé la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux violations, notamment en suspendant les formes de coopération qui y contribuent et en veillant à ce que les entreprises ne soutiennent pas les projets liés aux colonies, à l’occupation et à la confiscation des terres.
Il convient de rappeler que les colonies israéliennes établies dans les territoires palestiniens occupés sont considérées comme illégales au regard du droit international, tandis qu’Amnesty International souligne régulièrement dans ses communiqués que la poursuite de l’expansion des colonies et de la confiscation des terres contribue à consolider l’occupation israélienne et à porter atteinte aux droits des Palestiniens.
mch