Washington, (SANA) Le magazine Politico a révélé un désaccord entre les pays européens sur la possibilité de reprendre un dialogue direct avec la Russie, dans un contexte marqué par des positions de plus en plus contrastées au sein de l’Union européenne sur la manière de gérer la crise russo-occidentale et ses répercussions sécuritaires et économiques.
Selon le magazine, cette division reflète l’absence d’un consensus européen sur la voie diplomatique à privilégier, entre les États qui estiment nécessaire de maintenir les canaux de communication fermés à ce stade, et ceux qui considèrent qu’un retour au dialogue pourrait, à terme, faire partie de la gestion de la crise.
Position de Paris et de Berlin
Des sources diplomatiques européennes ont indiqué que le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz s’opposent à toute communication avec Moscou dans les circonstances actuelles.
Leur position repose sur l’idée que le moment n’est pas propice pour rouvrir des canaux de communication, et que toute démarche future doit se faire dans le cadre d’une coordination tripartite entre la France, l’Allemagne et le Royaume‑Uni.
En revanche, les mêmes sources ont indiqué qu’un grand nombre de dirigeants européens défendaient une position différente, apportant leur soutien au président du Conseil européen, António Costa, qui a évoqué avec ses homologues l’idée de préparer de futures négociations avec la Russie, à condition d’attendre le moment opportun.
Discussions en coulisses
Ces positions ont coïncidé avec le sommet de l’Union européenne à Bruxelles les 18 et 19 juin, où une session à huis clos a été consacrée à la question russe.
Des responsables européens ont exprimé leurs inquiétudes face à la visite des envoyés américains Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou, estimant qu’elle pourrait traduire la volonté de Washington de gérer le dossier ukrainien de manière unilatérale, en marginalisant les partenaires européens.
Position de Moscou
Le président russe Vladimir Poutine a affirmé que son pays était prêt à entamer des négociations avec l’Europe, tout en soulignant que Moscou n’était pas pressée d’engager le dialogue et qu’elle agirait en fonction de ses propres estimations du moment opportun.
Selon des observateurs, la persistance des divergences au sein de l’Union européenne quant à la manière d’aborder la Russie place le continent face à des défis supplémentaires dans l’élaboration d’une politique unifiée envers Moscou.
Les dirigeants de l’UE ont également convenu, lors du sommet, de prolonger les sanctions imposées à la Russie pour une durée de douze mois.
Les dirigeants de l’UE ont convenu jeudi, lors du sommet tenu à Bruxelles, de prolonger de douze mois les sanctions imposées à la Russie en raison de sa guerre avec l’Ukraine, marquant ainsi la première prolongation annuelle complète après des renouvellements semestriels.
Ib.i./ rf.