Rome, (SANA) Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a lancé vendredi de nouveaux avertissements concernant l’aggravation de la crise de la faim provoquée par la guerre américano‑israélo‑iranienne et ses répercussions internationales.
Dans un communiqué cité par Reuters, le programme a indiqué que la guerre au Moyen‑Orient a provoqué des perturbations géopolitiques et sécuritaires transfrontalières, bloqué des routes maritimes essentielles — dont le détroit d’Ormuz — et entraîné une hausse des coûts du carburant et du transport, en plus de réduire la capacité des agences humanitaires à fournir de l’aide en raison du manque de financement.
Prévisions sombres pour la sécurité alimentaire
Le programme a confirmé que ses prévisions de mars dernier — selon lesquelles le nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire aiguë atteindrait 45 millions si le prix du pétrole restait autour de 100 dollars le baril jusqu’en juin — sont en train de se réaliser. Il a précisé que les familles en Afghanistan, en Somalie et au Sri Lanka sont les plus touchées en raison de la flambée des prix du carburant et des denrées alimentaires, de la perte de revenus et de la perturbation du commerce.
Il prévoit que 6,5 millions de personnes en Somalie — soit près d’un tiers de la population — feront face à une faim sévère en 2026, tandis que 17,4 millions d’Afghans pourraient être affectés par la crise.
Le programme a averti que la situation pourrait s’aggraver, avec 2,5 millions de Somaliens et 2,3 millions d’Afghans supplémentaires susceptibles de basculer dans l’insécurité alimentaire si les perturbations se poursuivent, les deux pays dépendant fortement des importations d’énergie et de nourriture.
Le manque de financement menace l’aide humanitaire
Les agences humanitaires font face à des défis supplémentaires liés au manque de financement. Le PAM indique que le nombre de bénéficiaires de son aide pourrait diminuer d’environ 1,5 million de personnes en 2026, et atteindre jusqu’à 9 millions si les conditions actuelles persistent pendant six mois supplémentaires.
Avec la poursuite de la guerre au Moyen‑Orient depuis le 28 février dernier, les risques d’une crise alimentaire mondiale s’intensifient : les perturbations du transport maritime et la hausse des prix du carburant augmentent les coûts logistiques, ce qui renchérit les prix des denrées alimentaires.
Ces difficultés s’ajoutent à une pénurie aiguë de financements pour les agences humanitaires, les contraignant à réduire les aides et à rationner les distributions.
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