Bruxelles , (SANA) L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a averti que le monde est confronté à la plus grave crise de sécurité énergétique de l’histoire moderne, en raison des profondes perturbations causées par la fermeture du détroit d’Ormuz, voie de passage vitale par laquelle transitait un cinquième des exportations de pétrole par voie maritime avant de devenir un point de passage stratégique menaçant la stabilité des approvisionnements mondiaux et perturbant les marchés d’une manière sans précédent.
Dans une interview accordée à Euronews, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birolm a affirmé jeudi que la crise actuelle allait remodeler les politiques et les stratégies d’investissement dans le secteur de l’énergie à l’échelle mondiale.
Il a souligné les efforts déployés par les pays producteurs et consommateurs pour diversifier les voies commerciales et les sources d’énergie en vue d’éviter tout choc futur.
Nouvelles voies commerciales et sources d’énergie alternatives
Birol prévoit une baisse des investissements mondiaux dans les projets pétroliers pour la troisième année consécutive, en raison des bouleversements radicaux induits par le choc d’offre résultant du conflit américano-israélo-iranien qui dure depuis fin février et qui a contraint les pays et les entreprises à réorienter leurs priorités vers de nouvelles voies commerciales et sources d’énergie alternatives.
Selon le Rapport mondial sur les investissements énergétiques de l’Agence internationale de l’énergie, les dépenses consacrées aux projets pétroliers devraient passer sous la barre des 500 milliards de dollars d’ici 2026, malgré le maintien des prix du pétrole à des niveaux relativement élevés.
Perturbations des marchés et fermeture du détroit d’Ormuz
Dans ce contexte, les marchés pétroliers avaient connu de graves perturbations depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a de facto entraîné la fermeture du détroit d’Ormuz.
Cette situation a provoqué une forte hausse des prix, ainsi que des pénuries d’approvisionnement dans plusieurs régions du monde.
À une échelle plus large, les investissements totaux dans le secteur de l’énergie devraient légèrement augmenter pour atteindre 3.400 milliards de dollars en 2026. La majeure partie de ces investissements était consacrée aux réseaux électriques, aux systèmes de stockage, aux carburants à faibles émissions, à l’énergie nucléaire, aux énergies renouvelables et aux projets d’infrastructures et de production d’électricité.
À l’inverse, les investissements dans le secteur gazier devraient atteindre environ 330 milliards de dollars, soit le niveau le plus élevé depuis dix ans, soutenus par une vague de projets d’exportation de gaz naturel liquéfié, notamment aux États-Unis et au Qatar.
L’impact de la guerre sur le Moyen-Orient
Au Moyen-Orient, la guerre américano-israélo-iranienne a entraîné une baisse des recettes d’exportation de pétrole et a incité les pays producteurs à rechercher de nouvelles routes d’exportation.
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