Capitals, (SANA) Les mouvements diplomatiques et régionaux s’accélèrent ces dernières heures, alors que circulent des informations sur un accord imminent entre les États‑Unis et l’Iran, susceptible de mettre fin à la guerre américano‑israélo‑iranienne et de rouvrir le détroit d’Ormuz à la navigation internationale.
Le tout s’accompagne d’une inquiétude croissante en Israël face aux compromis en gestation, et d’une attente mondiale quant à leurs répercussions sur les marchés de l’énergie et la sécurité régionale.
Accélération des contacts et annonce imminente
Le président américain Donald Trump a déclaré que les négociations autour d’un mémorandum d’entente avec l’Iran avaient « franchi une étape majeure », affirmant sur la plateforme Truth Social que les derniers détails de l’accord étaient encore en discussion et seraient annoncés prochainement. De son côté, le secrétaire d’État Marco Rubio a évoqué des « avancées significatives » réalisées au cours des dernières 48 heures en coopération avec les États du Golfe, laissant entrevoir la possibilité de « bonnes nouvelles » concernant le détroit d’Ormuz dans un délai proche.
Selon le site américain Axios, l’accord proposé reposerait sur une prolongation de 60 jours du cessez‑le‑feu, en échange de la réouverture du détroit d’Ormuz sans frais et de l’autorisation pour l’Iran d’exporter son pétrole, parallèlement au lancement d’un processus de négociation sur son programme nucléaire. Le New York Times a, pour sa part, évoqué des pressions américaines visant à inclure la question de l’uranium hautement enrichi dans la première phase de l’accord.
L’uranium hautement enrichi… le nœud le plus difficile
Ce dossier apparaît comme le principal point de discorde, après que l’agence Reuters a rapporté les propos d’un haut responsable iranien affirmant que Téhéran n’avait pas accepté de remettre son stock d’uranium hautement enrichi et que le dossier nucléaire « ne fait pas partie de l’accord préliminaire ». Une position qui reflète la persistance des divergences entre les deux parties malgré le climat positif entourant les discussions.
À l’inverse, le New York Times rapporte que des responsables américains estiment que l’abandon par l’Iran de son uranium hautement enrichi constitue une condition essentielle à la réussite de tout accord. Le journal évoque également des options militaires américaines envisagées par le passé pour frapper des installations liées au stock nucléaire iranien à Ispahan.
Une médiation pakistano‑golfe qui pousse vers l’apaisement
Parallèlement, la médiation pakistano‑golfe a émergé comme un acteur clé dans le rapprochement des positions. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a affirmé que les négociations américano‑iraniennes avaient réalisé « des progrès importants » permettant d’espérer un résultat « positif et durable ». Le Premier ministre Shehbaz Sharif a, lui, exprimé le souhait que son pays accueille le prochain cycle de discussions.
Des médias américains et iraniens ont également révélé le rôle central joué par le Qatar, l’Arabie saoudite, la Turquie et l’Égypte dans les contacts en cours, parallèlement à un appel téléphonique entre Donald Trump et plusieurs dirigeants de la région, dont l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al‑Thani. Selon un communiqué du Diwan émirien, ce dernier a souligné que les solutions diplomatiques demeurent la voie la plus appropriée pour gérer les crises et prévenir l’escalade.
Inquiétude israélienne face à un “accord transitoire” avec Téhéran
D’un autre côté, les craintes israéliennes concernant les caractéristiques de l’accord à venir se sont accrues, des médias israéliens, dont Haaretz, Yedioth Ahronoth et Channel 12, exprimant des inquiétudes au sein de l’appareil sécuritaire israélien concernant un « accord provisoire » qui donnerait à l’Iran une chance de reconstruire plus tard ses capacités nucléaires et militaires.
Axios rapporte que des responsables israéliens affirment que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a fait part au président américain de ses préoccupations concernant l’accord, notamment sur la clause relative à la fin des affrontements entre Israël et le Hezbollah au Liban. CNN indique par ailleurs que Netanyahou tient des consultations sécuritaires restreintes pour suivre l’évolution des négociations.
Préparatifs occidentaux pour sécuriser la navigation à Ormuz
En signe de l’importance internationale accordée au détroit d’Ormuz, des rapports occidentaux évoquent des préparatifs britanniques, français et allemands pour lancer une mission navale multinationale visant à sécuriser la navigation et à déminer le détroit si l’accord est confirmé. Le New York Times rapporte également que des responsables britanniques affirment que Londres a relevé son niveau de préparation militaire dans la région par précaution.
Alors que l’annonce officielle d’un accord semble imminente, la région apparaît à un carrefour délicat : soit consolider l’accalmie et s’engager dans un long processus de négociation, soit retomber dans une spirale d’escalade. Et ce, dans un contexte de méfiance persistante entre Washington et Téhéran, chacun campant sur ses conditions essentielles, notamment concernant le détroit d’Ormuz et le programme nucléaire iranien.
mch