New York, (SANA) Dix ans après l’adoption d’une résolution des Nations unies visant à protéger les soins de santé, trois organisations internationales affirment que les engagements pris n’ont pas été traduits en actions concrètes.
Les violations se poursuivent de manière alarmante dans les zones de conflit, appelant les dirigeants mondiaux à agir d’urgence pour y mettre fin.
Selon le Centre d’actualités de l’ONU, les chefs de l’Organisation mondiale de la santé, du Comité international de la Croix-Rouge et de Médecins Sans Frontières ont déclaré, dans un appel conjoint marquant le dixième anniversaire de la résolution 2286 du Conseil de sécurité adoptée en mai 2016, que la communauté internationale avait réaffirmé il y a dix ans l’obligation de respecter les lois de la guerre et de garantir la protection des blessés, des malades ainsi que de ceux qui leur portent assistance.
Les responsables ont souligné que la situation est désormais pire qu’au moment de l’adoption de la résolution, ajoutant : « Nous ne célébrons pas aujourd’hui un succès, mais constatons un échec retentissant face à la poursuite des violences visant les infrastructures médicales, les moyens de transport sanitaire et leur personnel ».
Ils ont également rappelé que des hôpitaux sont réduits en ruines, que les ambulances sont entravées et retardées dans leurs interventions, et que médecins, infirmiers et patients sont victimes d’attaques causant morts et blessés.
Ils ont averti que ces violations entraînent des décès évitables chez des patients succombant à des blessures pourtant soignables, contraignent des femmes à accoucher sans soins médicaux adéquats et privent des communautés entières de services de santé essentiels, indispensables à la survie.
Un indicateur dangereux de l’érosion du droit international humanitaire
Des responsables internationaux ont averti que la perte des garanties de sécurité pour les services de santé ne reflète pas seulement une crise humanitaire, mais révèle également une crise plus profonde touchant au cœur même de ces valeurs fondamentales.
Ils ont souligné la nécessité pour les États et l’ensemble des parties aux conflits armés de se conformer aux règles protégeant les soins de santé. Ils ont rappelé que cette obligation est inscrite dans le droit international humanitaire : « respecter et faire respecter en toutes circonstances ».
Mesures urgentes requises
Dans un effort pour éviter une nouvelle décennie de détérioration des normes et de violence injustifiée affectant les soins de santé dans les contextes de conflit, les organisations internationales ont appelé tous les États à prendre des mesures urgentes, y compris l’intégration de la protection des soins de santé dans la doctrine militaire, les règles d’engagement et les directives opérationnelles des forces armées et de sécurité.
Ils ont également appelé à revoir, adopter et renforcer les législations nationales afin de garantir la protection des soins de santé en période de conflit armé, et à utiliser tous les moyens disponibles pour influencer les autres parties au conflit — y compris celles bénéficiant d’un soutien étatique — afin d’assurer leur respect des obligations liées à la protection des soins médicaux.
Ils ont en outre demandé la conduite d’enquêtes rapides, transparentes et impartiales sur les attaques visant le secteur de la santé, ainsi que le soutien aux efforts visant à garantir la reddition de comptes conformément au droit.
R.Kh / M.Ch.