Capitales, (SANA) La paralysie de navigation dans le détroit d’Ormuz n’est plus une simple crise logistique ; elle s’est transformée en un outil de pression géopolitique où les navires commerciaux et les marins deviennent des moyens de compromis, poussant les pays à réévaluer leur dépendance quasi totale à ce passage maritime vital.
Dans ce contexte, le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale, Arsenio Dominguez, a indiqué ce vendredi que la crise actuelle avait dévoilé clairement la fragilité du système maritime mondial, soulignant que les navires et leurs équipages sont désormais utilisés comme « cartes de pression » dans les conflits géopolitiques.
20 000 marins bloqués au centre du conflit
Dominguez a précisé qu’environ 20 000 marins à bord de quelque 2 000 navires n’ont pas pu franchir le détroit depuis le début de la guerre fin février, assurant que les marins ne font pas partie du conflit et ne devraient pas être pris pour cibles.
Il a ajouté que l’attaque ou la détention injustifiée de navires commerciaux menace la liberté de navigation et met gravement en péril les chaînes d’approvisionnement mondiales. La crise, selon lui, a montré la nécessité d’un échange d’informations précis et d’évaluations de risques avant tout passage dans les zones de tension.
Ces mises en garde interviennent alors que les inquiétudes internationales grandissent à l’ombre des répercussions de la fermeture du détroit, l’un des corridors maritimes les plus importants au monde pour le transport du pétrole, du gaz et des marchandises.
La situation pousse de nombreux pays à rechercher des voies alternatives, bien que la plupart demeurent limitées ou inachevées.
Des États modifient leurs voies commerciales
De nombreux pays ont été contraints de revoir leurs itinéraires commerciaux et leurs voies d’exportation de pétrole et de gaz naturel liquéfié en raison de la guerre au Moyen-Orient. Les États du Golfe ont renforcé leur coopération logistique et mis en place des voies alternatives pour contourner la fermeture du détroit d’Ormuz.
Un plan américain et une initiative européenne
A l’ombre des répercussions persistantes de la fermeture du détroit, Washington a proposé à ses alliés la formation d’une coalition pour rouvrir Ormuz, tandis que plusieurs pays européens ont soumis une initiative globale visant à créer une alliance internationale pour sécuriser la liberté de navigation et garantir l’acheminement du pétrole et du gaz.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé ce vendredi que le plan américain ne se contredit pas avec la mission menée par la France et le Royaume-Uni, précisant que cette mission vise à escorter les navires commerciaux traversant le Golfe et à assurer leur sécurité.
Près de 20 % des approvisionnements énergétiques mondiaux passent par le détroit d’Ormuz, ce qui rend toute perturbation immédiatement sensible sur les marchés internationaux. Les États-Unis ont imposé un blocus sur les côtes et ports iraniens, tandis que Téhéran refuse de laisser passer les navires tant que Washington n’accepte pas ses conditions pour mettre fin à la guerre.
R.S./A.Ch.