Capitales, (SANA) Les développements dans le détroit d’Ormuz se dirigent vers une phase extrêmement sensible, avec l’escalade des mesures iraniennes liées à la navigation maritime et des avertissements adressés aux navires de passage, parallèlement à la poursuite du blocus maritime américain imposé aux ports iraniens.
Cette escalade progressive intervient alors que s’approche l’échéance de mardi liée au cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l’Iran, devenant ainsi une étape décisive pour le parcours de la trêve, dans un contexte d’imbrication accélérée entre les mouvements militaires sur le terrain et les contacts politiques via les canaux de médiation.
Trump : Non au chantage… et l’armée américaine est prête
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a insisté sur son refus de ce qu’il a qualifié de politique de “chantage”, affirmant que Washington ne cédera pas aux pressions visant à influencer le cours des négociations ou les arrangements de sécurité maritime dans la région, en référence directe aux développements liés au détroit d’Ormuz.
Parallèlement, l’armée américaine a annoncé sa pleine préparation à faire face à toute évolution possible sur le terrain, tandis que des hélicoptères américains ont effectué des vols au-dessus du détroit dans le cadre des opérations de sécurisation de la navigation.
En revanche, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a déclaré que le détroit d’Ormuz resterait fermé tant que le blocus américain imposé aux ports iraniens se poursuivrait, mettant en garde les navires commerciaux contre toute approche. Dans le même temps, des rapports de sécurité maritime ont indiqué que deux navires commerciaux avaient essuyé des tirs alors qu’ils tentaient de traverser, poussant plusieurs navires à modifier leurs routes et à rester dans les eaux du Golfe en attendant que la situation sur le terrain s’éclaircisse.
Alerte israélienne et mises en garde contre une riposte d’ampleur
Par ailleurs, les mises en garde israéliennes se sont intensifiées quant à la possibilité de mener des frappes militaires en cas d’effondrement du processus de négociation ou de poursuite des mesures iraniennes liées aux voies maritimes, ce qui indique la persistance de l’entrecroisement des volets politique et militaire dans l’affrontement plus large.
Des médias israéliens ont rapporté ce dimanche que le cabinet restreint discutait des préparatifs en cas d’effondrement de la trêve avec l’Iran. Israël a également relevé son niveau de préparation militaire, des médias hébreux citant des responsables militaires affirmant que l’armée et l’armée de l’air étaient en état d’alerte maximale en vue d’une possible reprise des opérations militaires dans les prochains jours si le processus politique venait à échouer.
Contacts en cours sans date précise pour un nouveau round
Sur le plan politique, les contacts se poursuivent à travers les canaux de médiation régionaux et internationaux sans qu’une date ne soit fixée pour un nouveau round de discussions, malgré des indications de progrès limité dans certains dossiers techniques liés aux arrangements de désescalade.
Dans ce contexte, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, a affirmé qu’aucune date n’avait été fixée pour le nouveau round de discussions avec les États-Unis, tandis que le Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a annoncé que Téhéran étudiait des propositions américaines transmises par le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, lors de sa récente visite dans la capitale iranienne.
L’instabilité énergétique mondiale s’accentue
Le renforcement des restrictions sur la navigation dans le détroit d’Ormuz a des répercussions directes sur les marchés mondiaux de l’énergie, et les effets de la crise se sont étendus à des pays asiatiques importateurs d’énergie. Le Bangladesh a ainsi annoncé aujourd’hui une hausse des prix du carburant atteignant près de 15 %, en raison de l’augmentation des coûts d’importation liée aux développements de la guerre américano-israélo-iranienne.
À l’intérieur de l’Iran, les pressions économiques liées aux restrictions maritimes et aux sanctions imposées aux secteurs de l’énergie et du transport s’accentuent, alors que la question de l’exportation du pétrole et de la liberté de navigation constitue l’un des principaux points de discorde dans les négociations avec Washington.
Cela reflète le lien direct entre la trajectoire économique et l’avenir des arrangements politiques et sécuritaires entre les deux parties dans la période à venir.
Le président américain avait annoncé le 8 avril courant un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran, affirmant qu’un grand pas avait été franchi vers un accord final concernant une paix durable avec l’Iran.
L’accord, conclu sous médiation menée par le Pakistan, prévoyait la suspension des attaques américaines en échange de l’ouverture par l’Iran du détroit d’Ormuz de manière sûre et immédiate, les deux parties ayant l’intention de mener des négociations finales à Islamabad.
R.Kh/ M.Ch.