Washington, (SANA) Le président américain Donald Trump a déclaré que les États‑Unis avaient porté un « grand coup » à l’Iran, affirmant que « le changement de régime à Téhéran avait déjà eu lieu », tout en indiquant que Cuba pourrait être « la prochaine cible ». Il a également critiqué les pays de l’OTAN, exprimant sa déception face à leur refus de fournir un soutien militaire à Washington dans la guerre.
Lors d’un discours prononcé hier soir, vendredi, lors d’une conférence économique et d’investissement à Miami, Trump a qualifié l’Iran d’« État intimidateur », ajoutant qu’il ne l’était plus et qu’il était désormais « en fuite ». Il a estimé que les pays du Moyen‑Orient « seront bientôt libérés du terrorisme et du chantage de l’Iran ».
Bien qu’il ait évoqué jeudi de « bonnes négociations » avec Téhéran, Trump a présenté une série d’affirmations militaires, déclarant que les forces américaines avaient « écrasé les sites nucléaires iraniens » et que l’Iran « n’avait plus de force aérienne ni de défense antiaérienne ». Il a ajouté : « Nous avons tué le Guide suprême et il semble que son fils ait été grièvement blessé ».
Le président américain a indiqué que son pays avait « frappé des milliers de cibles iraniennes », évoquant 3 450 cibles supplémentaires encore disponibles, et affirmant qu’il déciderait ultérieurement « de ce qui se passera concernant l’Iran ». Il a également souligné que les attaques iraniennes contre l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Koweït « n’étaient pas attendues », appelant Téhéran à « ouvrir le détroit d’Ormuz ».
Trump a nié avoir perdu le soutien de sa base en raison de la guerre, affirmant que « c’est faux », et indiquant qu’il s’attendait à une baisse plus importante des marchés financiers, « mais la Bourse a montré une certaine résilience ».
Cuba est la suivante
Bien que son administration ait ouvert des négociations avec la direction cubaine ces dernières semaines, Trump a laissé entendre qu’un recours à la force militaire restait possible, déclarant : « J’ai construit cette grande armée… et j’ai dit que vous n’auriez pas à l’utiliser, mais parfois il faut l’utiliser, et Cuba est la suivante, au passage ».
Trump a exprimé son mécontentement envers les pays de l’OTAN pour leur refus d’envoyer un soutien militaire afin de sécuriser le détroit d’Ormuz, affirmant que Washington « pourrait ne pas les aider si on le lui demandait ». Il a ajouté : « Nous dépensons des centaines de milliards pour les protéger… mais au vu de leurs actions, je pense que nous n’y sommes pas obligés ».
Le 19 mars, le Royaume‑Uni, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon et les Pays‑Bas avaient annoncé dans une déclaration conjointe leur disposition à « contribuer aux efforts appropriés pour garantir un passage sûr dans le détroit d’Ormuz », tout en excluant toute intervention militaire directe.
Jeudi soir, Trump avait annoncé la suspension pendant dix jours des opérations militaires visant les installations énergétiques en Iran, « à la demande du gouvernement iranien », affirmant que les négociations « se déroulaient bien ».
Pour sa part, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré hier, vendredi, que les opérations militaires contre l’Iran « se poursuivraient des semaines, pas des mois », affirmant que Washington était capable d’atteindre ses objectifs « sans forces terrestres », tout en reconnaissant le déploiement limité d’unités « afin d’offrir au président des options plus larges ».
Les États‑Unis ont déployé deux divisions de Marines au Moyen‑Orient, la première étant attendue fin mars, en plus de projets visant à déployer des milliers de soldats d’élite aéroportés.
Steve Witkoff, l’envoyé spécial du président américain, avait estimé que des pourparlers avec l’Iran pourraient commencer « cette semaine », indiquant que Washington attendait une réponse à un plan en quinze points « qui pourrait tout résoudre ».
La guerre a éclaté après des frappes américaines et israéliennes le 28 février contre l’Iran, qui ont entraîné la mort du Guide suprême Ali Khamenei et de hauts responsables. Téhéran a riposté par des attaques contre des cibles américaines et israéliennes, ainsi que contre des sites civils et des installations énergétiques dans les pays du Golfe, provoquant des perturbations dans le commerce mondial de l’énergie et suscitant des craintes de récession économique.
R.Kh/ M.Ch.