Capitals, (SANA) Les répercussions des troubles que connaît le détroit d’Hormuz, en raison de l’aggravation du conflit américano israélo iranien, dépassent le secteur énergétique pour atteindre la sécurité alimentaire mondiale et les chaînes d’approvisionnement vitales, sur fond de craintes d’un élargissement de la crise et de son impact sur le commerce international.
Euronews a indiqué que plusieurs grandes compagnies maritimes internationales avaient décidé d’éviter de transiter par le détroit d’Hormuz en raison de l’escalade des attaques visant les pétroliers, tandis que les compagnies d’assurance maritime ont annulé la couverture des risques de guerre dans la région. D’importantes lignes de transport maritime ont été contraintes de détourner leurs routes autour du continent africain, ce qui a entraîné une forte hausse des coûts de transport et accru la pression sur les marchés mondiaux.
150 navires bloqués
Les données de suivi maritime publiées dimanche montrent qu’au moins 150 navires, dont des pétroliers et des méthaniers, sont actuellement à l’ancre dans le détroit et les eaux environnantes, parmi lesquels des navires regroupés au large des côtes de grands producteurs comme l’Irak, l’Arabie saoudite et le Qatar.
Hausse des prix du pétrole et du gaz avec l’élargissement de la crise
Avec l’annonce par l’Iran de la fermeture de la navigation dans ce passage vital, les gouvernements asiatiques et les grandes compagnies de raffinage ont procédé à une révision urgente de leurs stocks pétroliers. Cela s’est immédiatement répercuté sur les marchés : les contrats du Brent ont augmenté de plus de 8 %, et les prix du gaz naturel européen ont également grimpé, sur fond de craintes d’une interruption prolongée des installations pétrolières et gazières au Moyen Orient.
Le Moyen Orient, région la plus touchée par la perturbation des chaînes d’approvisionnement alimentaire.
La crise s’étend à des secteurs vitaux non pétroliers : les analyses de la société spécialisée dans le commerce des matières premières « Kpler » indiquent que 33 % des engrais mondiaux, dont le soufre et l’ammoniac, transitent par le détroit d’Hormuz.
Ces cargaisons partent du Qatar, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis à destination des marchés de l’Inde, de la Chine, du Brésil et de pays africains.
L’escalade constitue également une menace pour la stabilité des approvisionnements alimentaires au Moyen Orient, qui dépend en partie des importations alimentaires, dont une grande partie transite par le détroit.
La région avait déjà connu, durant la guerre de juin 2025 entre Israël et les États Unis d’un côté et l’Iran de l’autre, l’arrêt complet de cargaisons de riz en provenance de l’Inde à destination du Moyen Orient, un précédent révélant la fragilité des chaînes d’approvisionnement en période de crise.
R.Kh/ M.Ch.