Paris, (SANA) Les touristes levaient les yeux vers la tour Eiffel, les péniches glissaient sur la Seine, et les terrasses débordaient de conversations. Mais sous les pavés, dans les caves fraîches de l’Hôtel de Ville, une ombre grandissait.
Dans une enquête révélée par le quotidien « Le Parisien », s’appuyant sur un audit de l’Institut Montaigne, la situation budgétaire de Paris apparaît plus fragile qu’elle n’y paraît.
Derrière les lumières et les façades élégantes, un chiffre s’impose : 10,6 milliards d’euros de dette en 2024. Selon les éléments dévoilés par « Le Parisien », l’endettement de la capitale a bondi de 54 % depuis 2019 et de 170 % depuis 2014. Chaque année, 300 millions d’euros sont consacrés au paiement des seuls intérêts.
Le journal souligne aussi le contraste saisissant : d’un côté, un audit qui classe Paris dernière des grandes villes étudiées, avec une note de 3,4 sur 10 et un délai de désendettement estimé à 38 ans ; de l’autre, une note AA- confirmée par Standard & Poor’s, preuve que la ville ne risque pas la faillite immédiate.
Mais l’enquête du « Parisien » met en lumière une question plus profonde : non pas celle du défaut de paiement, mais celle de la trajectoire. Investissements élevés (2,3 milliards d’euros en 2024), dépenses de fonctionnement en hausse, recours massif à l’emprunt… La dérive serait moins brutale que progressive, installée depuis une décennie.
À l’approche des municipales, les promesses d’économies fleurissent. Pourtant, comme le rapporte « Le Parisien », beaucoup de ces économies annoncées serviraient à financer d’autres mesures plutôt qu’à réduire réellement la dette.
Paris ne sombre pas. Mais grâce à l’enquête du « Parisien », la Ville Lumière apparaît sous un autre angle : éclatante en surface, plus vulnérable dans ses comptes.
A.Ch.