Damas, (SANA) Les séance de la rencontre internationale du développement immobilier, de l’ingénierie et de la construction (IREX 2026), inauguré ce mardi à Damas, ont porté sur les perspectives de planification urbaine et de développement des villes, en vue de créer des ensembles urbains intégrés associant logements, services et activités économiques, afin de répondre aux besoins de la reconstruction en Syrie.
Réunis à Seven Gates Hotel, les participants ont discuté des moyens de renforcer la complémentarité entre les secteurs public et privé pour répondre à la demande de logements de gamme moyenne, en dépit des difficultés relatives au financement, à la réalisation des projets, à la disponibilité des terrains et à la maîtrise des coûts de formation et de main-d’œuvre.
Vers un système urbain intégré
Lors de la première table ronde, le vice-ministre des Travaux publics et du Logement chargé de la planification et des études, Imad Al-Masri, a indiqué que son ministère mettait en œuvre une stratégie nationale visant à établir un système urbain intégré. « Celle-ci prévoit de couvrir 20 % des besoins en logements par l’intermédiaire de l’Établissement public du logement et de la Direction de la coopération en matière de logement, tandis que les 80 % restants devront être pris en charge par le secteur privé, que le ministère entend encourager en mettant à sa disposition des terrains aménagés destinés à ses projets », a-t-il noté.
Selon Al-Masri, le rapport sur la situation du logement en Syrie fait état de la nécessité de réhabiliter et de restaurer 1,3 million de logements totalement ou partiellement détruits, ainsi que de construire 700 000 nouvelles unités d’habitation, sans compter les besoins liés à la croissance démographique.
Il a souligné la priorité accordée à la relance des projets à l’arrêt, notamment ceux destinés aux jeunes, qui représentent quelque 93 000 logements dont la réalisation accuse des retards en raison de difficultés de financement et d’infrastructures.
Il a précisé que cette stratégie nationale mobilise cinq ministères, à savoir ceux des Travaux publics et du Logement, de la Gestion des situations d’urgence et des catastrophes, de la Justice, des Finances, ainsi que de l’Administration locale et de l’Environnement, aux côtés d’organismes de planification, d’institutions universitaires et de partenaires internationaux. Elle repose sur cinq axes : la planification, la législation, le financement, la mise en œuvre et la coopération, répartis sur 92 projets opérationnels.
Restructuration du secteur de l’entreprenariat
De son côté, le vice-ministre des Travaux publics et du Logement chargé des affaires techniques, Maher Khallouf, a affirmé, lors d’une séance intitulée « Développement et investissement immobiliers : répondre aux besoins immédiats ou créer une valeur durable ? », que le ministère avait entrepris de restructurer les capacités des entreprises de construction et de leurs services d’ingénierie, en regroupant leurs ressources techniques, humaines et matérielles au sein d’un système unifié, capable de jouer un rôle crucial dans la phase de construction et de reconstruction.
Khallouf a précisé que cette démarche reposait sur une évaluation de la situation des entreprises, afin de traiter les lourdeurs organisationnelles et au manque de personnel et d’équipements, tout en mettant en place une structure opérationnelle efficace, dotée d’un processus décisionnel unifié, pour renforcer les capacités de réalisation et améliorer la planification urbaine.
Les besoins en logements estimés à 1,9 million d’unités
Dans une déclaration à SANA, le directeur de la coopération en matière de logement au ministère des Travaux publics et du Logement, Oussama Chaabani, a souligné que la participation de sa direction au forum visait à mettre en valeur le rôle du secteur coopératif comme solution essentielle pour proposer des logements à prix coûtant et de qualité satisfaisante, contribuant ainsi à accroître l’offre, à répondre à la demande et à faire baisser les prix.
Chaabani a précisé que les besoins en logements en Syrie s’élevaient à environ 1,9 million d’unités, auxquels s’ajoutent ceux liés à la croissance démographique, nécessitant la construction de 300 000 à 350 000 logements par an.
Dans ce contexte, le directeur général de la société saoudienne d’investissement et de développement immobilier Abyat, Mohammad Al-Salloum, a indiqué que les deux projets de l’entreprise, « Abyat Hills » et « Abyat City », totalisaient plus de 22 000 logements et devraient générer plus de 6 000 emplois directs et indirects.
Al-Salloum a expliqué que le projet « Abyat Hills » prévoyait la construction et la livraison de 2 100 logements sur quatre ans, les travaux de bétonnage devant commencer d’ici un mois. Quant au projet « Abyat City », qui comprend plus de 20 000 logements, sa réalisation devrait s’étendre sur huit ans à compter de la date d’attribution.
Des perspectives d’investissement prometteuses
Pour sa part, le directeur général de la société émiratie Analytica, Majed Al-Hawari, a estimé que le marché immobilier syrien offrait de nombreuses opportunités d’investissement et des projets prometteurs susceptibles de générer des activités sur les 20 à 30 prochaines années.
Al-Hawari a fait savoir que son entreprise cherchait à mettre son expertise au service du marché syrien à travers des partenariats public-privé, en s’inspirant notamment des expériences régionales, dont celle de l’Égypte dans la réhabilitation des quartiers d’habitat informel et celle des Émirats arabes unis dans le domaine des bâtiments intelligents.
La rencontre a également été marquée par la projection d’un documentaire retraçant sa vision et ses objectifs, notamment le rapprochement des investisseurs, des promoteurs immobiliers et des entreprises d’ingénierie et de construction. Le documentaire a mis en lumière les opportunités et les défis du secteur immobilier syrien. Une cérémonie a par ailleurs été organisée en hommage aux organismes partenaires et sponsors.
a.h. / A.Ch.