Damas, (SANA) La 63e édition de la Foire internationale de Damas, qui se tiendra à la fin du mois en cours, constitue une étape économique importante pour renforcer les échanges entre les secteurs public et privé et ouvrir de nouvelles perspectives à l’investissement, ainsi qu’aux partenariats productifs et commerciaux.
Les séances B2B et B2G réuniront entreprises et parties gouvernementales et offriront un cadre organisé pour examiner les opportunités et transformer les ententes en projets et accords susceptibles d’être mis en œuvre.
Construire des réseaux d’approvisionnement
Dans une déclaration à SANA aujourd’hui, lundi, l’expert économique et bancaire, Ibrahim Qouchji, a expliqué que les séances B2B sont axées sur les rencontres directes entre entreprises afin de constituer des réseaux d’approvisionnement, d’échanger des expertises et des technologies et de développer des partenariats dans les secteurs de la production et des services.
Il a indiqué que les séances B2G, quant à elles, mettent en relation les entreprises avec les parties gouvernementales afin d’examiner les projets publics, d’explorer les opportunités d’investissement et de proposer au secteur public des solutions techniques et opérationnelles.
Selon Qouchji, la principale différence entre ces deux formats réside dans le fait que les séances B2B reposent sur la logique du marché, la compétitivité et les relations commerciales entre entreprises, tandis que les séances B2G sont liées aux priorités des politiques publiques, à la gouvernance et à l’orientation des investissements.
Il a souligné que l’organisation de ces séances dans le cadre de la Foire internationale de Damas transforme celle-ci en une véritable plateforme économique et de négociation, réunissant en un même lieu entreprises, ministères et organismes de régulation.
Qouchji a précisé que le secteur privé peut tirer parti des séances B2G pour mieux connaître les priorités de l’État en matière d’investissement, obtenir des informations réglementaires et législatives et explorer les possibilités de participer à des projets dans les infrastructures, l’énergie, les transports et la transformation numérique.
De son côté, le secteur public peut bénéficier de l’expertise des entreprises privées, des technologies modernes et des solutions opérationnelles susceptibles d’améliorer l’efficacité des services.
Tirer parti de l’expertise des entreprises privées
Qouchji a souligné que ces partenariats peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des services publics et la qualité des infrastructures, à réduire les coûts d’exploitation et à accélérer la réalisation des projets grâce aux modèles de partenariat public-privé (PPP).
Ils peuvent également permettre de développer les compétences des personnels gouvernementaux grâce à la formation et au transfert d’expertise.
Concernant le secteur public productif à l’arrêt, il a expliqué que les industries manufacturières, textiles, alimentaires, chimiques et de la construction représentent un important potentiel économique, malgré le recul qu’elles ont connu au cours des dernières décennies en raison de la faiblesse des financements et de la baisse des niveaux technologiques et de l’efficacité opérationnelle.
Il a ajouté que les infrastructures, les espaces industriels et les lignes de production susceptibles d’être modernisées dont dispose ce secteur rendent sa remise en activité moins coûteuse que la construction de nouvelles usines et permettent de transformer des actifs à l’arrêt en actifs productifs.
Qouchji a également indiqué qu’un secteur public productif et performant aurait des retombées positives sur d’autres secteurs en stimulant la demande dans les transports, l’énergie, les matières premières et les services logistiques.
Des rencontres aux projets
De son côté, l’expert économique, Zakwan Qrit, a précisé à SANA que les séances B2B et B2G organisées lors de la Foire internationale de Damas constituent un mécanisme concret permettant de mettre en relation les entreprises et les investisseurs avec les opportunités commerciales et d’investissement ainsi qu’avec les besoins du secteur public.
Il a fait noter que l’importance de ces séances ne réside pas uniquement dans l’organisation de rencontres, mais également dans leur disponibilité préalable sur la base de dossiers précis concernant les entreprises et les parties participantes ainsi que de besoins clairement définis.
Selon Qrit, les résultats de ces rencontres peuvent aller de l’échange d’informations et des demandes de données aux procès-verbaux de réunions, plans de suivi, mémorandums d’entente et accords de coopération, jusqu’aux contrats de fourniture et de services, alliances entre entreprises, projets d’investissement et partenariats productifs.
Il a insisté sur l’importance de distinguer l’entente préliminaire de l’engagement contractuel définitif, soulignant qu’un mémorandum d’entente ne signifie pas nécessairement la conclusion d’un contrat.
Des dossiers techniques et financiers clairs
Qrit a souligné que la réussite des séances B2G exige des entreprises qu’elles se présentent aux rencontres avec des dossiers techniques et financiers précis comprenant la solution proposée, son coût, le calendrier de réalisation, les indices de performance, les besoins de la partie gouvernementale concernée, les risques ainsi que les mécanismes d’exploitation, de maintenance et de formation.
Il a estimé que le principal défi après la clôture de la Foire consiste à empêcher que les résultats de ces rencontres restent cantonnés aux relations publiques.
Qrit a proposé la création d’un comité ou d’une unité de suivi chargé d’enregistrer et de classer les opportunités, de désigner une partie responsable pour chaque dossier et de fixer un délai de réponse, tout en établissant des rapports périodiques sur l’état d’avancement et en distinguant clairement les étapes de prise de contact, de promotion, d’évaluation, de contractualisation et de mise en œuvre.
Des mécanismes institutionnels de suivi
Qouchji a insisté sur l’importance de mettre en place des mécanismes institutionnels garantissant le passage des résultats des séances B2B et B2G du stade de l’entente à celui de la mise en œuvre, grâce à des comités de suivi mixtes et à des calendriers clairement définis.
Il a également évoqué la nécessité de transformer les mémorandums d’entente en contrats exécutoires une fois leurs conditions remplies, tout en mettant en place des incitations à l’investissement et des plateformes numériques de suivi et en renforçant la transparence.
Les deux experts ont conclu que les séances B2B et B2G de la Foire internationale de Damas peuvent constituer un outil important pour soutenir la reprise économique en mettant en relation le secteur privé avec les marchés et les parties gouvernementales, en orientant les investissements vers les secteurs prioritaires, en modernisant le secteur public et en remettant en activité les actifs productifs à l’arrêt, contribuant ainsi à créer des offres d’emploi, à renforcer la production et à favoriser la stabilité économique.
La 62e édition de la Foire internationale de Damas, organisée à la Cité des Foires de Damas du 28 août au 5 septembre 2025, avait enregistré une forte affluence avec 2,261 millions de visiteurs, tandis que la valeur des contrats et accords conclus avait dépassé 935 milliards de livres syriennes.
A.Ch.