Damas, (SANA) Le président du Groupe d’action financière pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENAFATF), Hamid Saif Al Zaabi, a affirmé que le lancement par la Syrie de sa stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme reflète un engagement politique clair en faveur du développement du dispositif national.
Dans une déclaration accordée à SANA ce jeudi, Al Zaabi a dit : « Notre visite intervient à un moment important où la Syrie entreprend des démarches accélérées pour moderniser son dispositif national. Cela incarne la détermination de l’État à poursuivre le renforcement de ses institutions, d’améliorer l’efficacité des autorités nationales et de consolider la coopération entre les différentes institutions concernées ».
Il a précisé que la visite de la délégation de MENAFATF s’inscrit dans le cadre du renforcement de la coopération avec les États membres, afin de soutenir leurs efforts dans le développement des dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ainsi que dans leurs préparatifs au troisième cycle d’évaluations mutuelles, conformément aux normes établies par le Groupe d’action financière (GAFI/FATF).
Une stratégie nationale comme cadre global de renforcement des capacités
Al Zaabi a estimé que le lancement de la stratégie nationale constitue une étape majeure qui incarne une vision claire pour la prochaine phase.
Il a souligné que les stratégies nationales ne sont pas de simples documents administratifs, mais représentent un cadre global permettant d’unifier les efforts, de définir les priorités et de renforcer la coordination entre les différentes institutions nationales, garantissant ainsi la permanence des actions et une amélioration de leur prestation.
Il a également rappelé que les évaluations mutuelles du troisième cycle constituent une étape essentielle dans le développement des dispositifs nationaux.
Selon lui, elles doivent être perçues comme une opportunité de progrès plutôt que comme une simple exigence technique, étant donné qu’elles permettent aux États d’évaluer leurs performances de manière globale, d’identifier les domaines à améliorer et de consolider la coordination entre les différentes parties, favorisant ainsi une culture d’amélioration permanente et le renforcement des institutions.
Al Zaabi a ajouté que la réussite des États dans la mise en œuvre de leurs plans nationaux et dans la correction des insuffisances stratégiques, conformément à la méthodologie du GAFI, a des effets qui dépassent largement ce seul domaine et bénéficient à l’ensemble des secteurs économiques et financiers.
Il a souligné que les expériences internationales démontrent que le renforcement des dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme contribue à accroître la confiance des institutions financières internationales, à consolider les relations bancaires, à améliorer le climat des affaires, à renforcer la compétitivité de l’économie nationale et à soutenir le développement durable. Selon lui, ce dossier constitue donc un pilier essentiel de croissance économique, et non un simple dossier réglementaire ou législatif.
La sortie de la liste grise ouvre de nouvelles perspectives internationales
Al Zaabi a insisté sur le fait que la correction des insuffisances stratégiques et le soutien apporté à la Syrie pour sortir de la liste grise représentent une étape importante vers le renforcement de sa position au sein du système financier international. Cette évolution ouvrirait de nouvelles perspectives de coopération avec les institutions financières internationales, favoriserait l’attraction des investissements et le développement des échanges commerciaux, avec des retombées positives pour l’économie syrienne et la confiance de la communauté internationale.
Il a également affirmé que l’engagement politique au plus haut niveau constitue la pierre angulaire du succès de tout dispositif national. Les expériences internationales montrent, selon lui, que la détermination politique est le pilier des réformes, en créant un environnement permettant aux institutions de travailler de manière coordonnée et de transformer les stratégies en résultats concrets et durables.
« Le MENAFATF accueille favorablement les mesures prises par la Syrie pour moderniser son dispositif national, ainsi que les efforts visant à renforcer la coordination entre les autorités compétentes, à former les compétences nationales et à lancer des initiatives favorisant l’enracinement de l’action institutionnelle », a-t-il déclaré.
Al Zaabi a confirmé que le MENAFATF poursuivra son soutien technique, le partage d’expertise et les actions de renforcement des compétences, convaincu que les progrès réalisés par chacun de ses États membres renforcent l’efficacité de l’ensemble du dispositif régional et la capacité de la région à faire face aux crimes financiers et aux défis transfrontaliers.
Une vision d’avenir et un partenariat régional renforcé
Enfin, Al Zaabi s’est déclaré confiant quant à la capacité de la Syrie à poursuivre les progrès accomplis, notamment grâce au lancement de sa stratégie nationale et à la préparation de l’évaluation mutuelle. Il a estimé que ces efforts permettront d’obtenir des résultats reflétant l’ampleur des réformes entreprises, de renforcer la confiance de la communauté internationale, de soutenir l’économie nationale et de consolider la position de la Syrie comme partenaire actif au sein du dispositif régional et international de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Il convient de rappeler que le président de l’Autorité syrienne de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, Safwat Reslan, avait inauguré mardi dernier un atelier intitulé « Vers une nouvelle stratégie de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes en Syrie », organisé en coopération avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD/UNDP).
Plus tôt dans la journée de jeudi, une réunion de haut niveau s’est tenue au siège du Secrétariat général de la Présidence de la République. Elle a réuni l’Autorité syrienne de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, les représentants des institutions nationales concernées et une délégation du MENAFATF, présidée par Hamid Saif Al Zaabi.
A.Ch.