Oxford (Royaume-Uni), (SANA) L’Institut d’études énergétiques d’Oxford a confirmé que les perturbations dans le détroit d’Ormuz et la guerre au Moyen-Orient ont entraîné un resserrement du marché du gaz naturel liquéfié (GNL) au cours du deuxième trimestre 2026, en raison d’une baisse des approvisionnements en provenance du Golfe et d’une intensification de la concurrence mondiale pour l’accès aux cargaisons.
Dans un rapport publié mardi sur son site officiel, l’institut a indiqué que les approvisionnements mondiaux en GNL ont diminué d’environ 6 milliards de mètres cubes, soit une baisse de 4,6 % en glissement annuel. Cette contraction s’explique par une diminution des exportations du Qatar d’environ 23 milliards de mètres cubes, tandis que les autres régions n’ont enregistré qu’une hausse limitée de leurs livraisons, estimée à 17 milliards de mètres cubes.
Le rapport a précisé que les cargaisons ayant quitté la région du Golfe avant les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont permis d’atténuer les effets de la crise au cours du premier trimestre.
L’Amérique du Nord en tête de la croissance
Le rapport souligne que l’Amérique du Nord a continué de consolider sa position de principal moteur de la croissance de l’offre mondiale.
Les exportations des usines de liquéfaction américaines et mexicaines ont atteint 47,6 milliards de mètres cubes au deuxième trimestre, contre 35,7 milliards à la même période de l’année précédente, soit une hausse de 33 %.
Toutefois, le rapport a indiqué que cette augmentation n’est pas suffisante pour compenser la baisse des exportations en provenance du Golfe, ce qui maintient le marché dans une situation de déficit relatif et exerce une pression à la hausse sur les prix.
Alors que l’Europe s’efforçait de reconstituer ses stocks avant l’hiver, les marchés asiatiques ont, selon le rapport, capté la majeure partie des cargaisons au comptant grâce à leur disposition à payer des prix plus élevés.
La demande a fortement progressé en Inde, en Thaïlande, au Bangladesh, au Vietnam et aux Philippines, sous l’effet des fortes chaleurs.
Baisse des stocks de gaz en Europe
Le rapport indique que l’Union européenne figure parmi les régions les plus affectées par le redéploiement des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Asie.
Les importations européennes de GNL ont reculé de plus de 10 % au deuxième trimestre 2026, entraînant un ralentissement du rythme de remplissage des stocks.
En conséquence, les volumes de gaz injectés dans les réserves ont diminué d’environ 4 milliards de mètres cubes par rapport à la même période en 2025.
Au début du mois de juillet, les stocks de gaz de l’Union européenne s’établissaient à environ 52 milliards de mètres cubes, soit plus de 10 milliards de mètres cubes de moins qu’à la même période de l’année précédente.
Le rapport prévoit que le marché mondial du GNL restera sous tension au cours du second semestre 2026.
Cette situation s’explique par les incertitudes persistantes entourant les exportations en provenance du Golfe, la hausse de la demande asiatique durant l’été, ainsi que la nécessité pour l’Europe d’accélérer la reconstitution de ses stocks avant l’hiver.
Cette analyse de l’Oxford Institute est publiée dans un contexte de fortes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, marqué par l’intensification des opérations militaires américaines contre l’Iran et l’annonce d’une nouvelle vague de frappes.
Parallèlement, les attaques répétées menées par l’Iran contre des pétroliers et des navires marchands dans le détroit d’Ormuz mettent en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement transitant par l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde.
Le rapport paraît également alors que les menaces des milices houthies visant à restreindre la navigation maritime au Moyen-Orient, notamment en direction de l’Arabie saoudite, se multiplient.
R.kh / L.a.