Damas, (SANA) Le secteur énergétique syrien connaît en 2026 une transformation majeure avec l’accélération de la coopération syro-américaine dans les domaines du pétrole, du gaz et de l’exploration offshore, parallèlement à l’arrivée de grandes entreprises américaines sur le marché syrien.
Entretiens syro-américains pour élargir les partenariats énergétiques
Le Forum mondial de l’énergie, récemment tenu à Washington, a constitué une étape importante dans l’évolution des relations économiques entre Damas et Washington.
À cette occasion, le ministre syrien de l’Énergie, Mohammad Al-Bachir, a tenu une série de réunions avec des responsables américains et des représentants de grandes entreprises énergétiques internationales.
Parmi les rencontres les plus importantes figuraient celles avec le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, le PDG de HKN Energy, Mark Rollins, ainsi que le président de la Chambre de commerce américaine, Ross Perot Jr.
Le ministre Al-Bachir a affirmé que plusieurs entreprises américaines avaient déjà entamé des démarches concrètes en vue d’opérer en Syrie.

De son côté, le directeur général de la Société syrienne du pétrole, Youssef Qablawi, a indiqué que la délégation syrienne avait constaté à Washington « un intérêt réel et sérieux de la part des plus grandes entreprises américaines pour investir dans le secteur syrien du pétrole et du gaz ».
Il a ajouté que les discussions en cours ne se limitaient pas aux investissements financiers, mais incluaient également le transfert de savoir-faire, d’expertise technique et de technologies avancées, afin de contribuer à la réhabilitation des infrastructures énergétiques et au renforcement des compétences nationales syriennes.
L’exploration offshore au large des côtes syriennes entre dans sa phase d’exécution
Le littoral syrien constitue aujourd’hui l’un des principaux pôles d’intérêt pour les investisseurs internationaux, après l’annonce par la Société syrienne du pétrole de la confirmation officielle de Chevron concernant la poursuite du projet d’exploration en eaux profondes au large des côtes syriennes.
En avril 2026, la Société syrienne du pétrole avait annoncé la sélection du site maritime ciblé en coopération avec Chevron et la société qatarie UCC, en préparation du lancement des opérations techniques durant l’été 2026. Il s’agit du premier projet d’exploration offshore en eaux profondes de l’histoire de la Syrie.
Selon Qablawi, ce projet représente bien plus qu’un simple investissement : il marque le début d’une nouvelle phase stratégique pour le secteur énergétique syrien, fondée sur l’introduction de technologies modernes, l’augmentation de la production et le développement des capacités techniques nationales.
Parallèlement, la Société syrienne du pétrole a signé à Doha un mémorandum d’entente avec ConocoPhillips, TotalEnergies et QatarEnergy afin de réaliser les études techniques relatives au bloc maritime n°3 au large de la côte syrienne, en vue du lancement futur d’activités d’exploration commerciale.
Que disent la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ?
Les rapports internationaux confirment que le secteur pétrolier et gazier syrien figure parmi les secteurs les plus affectés par les années de guerre.
Dans un rapport publié en 2017, la Banque mondiale indiquait que la production pétrolière syrienne avait chuté de plus de 90 % par rapport à ses niveaux d’avant 2011, en raison des importants dommages subis par les champs pétroliers, les réseaux de transport et les installations énergétiques.

Dans son rapport de mai 2024, l’institution soulignait également que le pétrole constituait avant 2011 l’une des principales sources de revenus publics et d’exportations syriennes. Les années de guerre ont toutefois entraîné un effondrement de la production et une forte diminution de la contribution du secteur à l’économie nationale, causant des pertes de plusieurs milliards de dollars.
Dans sa mise à jour économique consacrée à la Syrie en 2026, la Banque mondiale a estimé que l’augmentation de la production de pétrole et de gaz, l’amélioration de l’approvisionnement en électricité et l’arrivée de nouveaux investissements constituaient des facteurs essentiels pour soutenir la croissance économique au cours des prochaines années.
Le Fonds monétaire international (FMI) a, pour sa part, indiqué dans la déclaration de sa mission en Syrie publiée le 25 février 2026 que l’économie syrienne commençait à bénéficier d’un environnement d’investissement plus favorable et d’une reprise progressive de l’activité économique. Selon le FMI, le développement du secteur énergétique représente l’un des principaux piliers potentiels de croissance pour les années à venir.
Des estimations citées par les experts du Fonds et plusieurs rapports internationaux, fondées sur des données économiques syriennes, montrent que la production pétrolière est passée d’environ 385 000 barils par jour avant 2011 à des niveaux extrêmement faibles durant les années de guerre, privant ainsi l’économie syrienne d’une de ses principales sources de devises et de recettes publiques.
Le 23 avril 2026, le directeur de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient, Jean-Christophe Carret, a souligné que la reconstruction des infrastructures et des services essentiels constituait une condition indispensable à la stabilité économique et sociale de la Syrie.
André Chatta