Damas, (SANA) Le gouvernorat de Hassaké revient comme l’un des plus importants gouvernorats syriens sur la scène agricole en tant que l’un des piliers essentiels de la production de blé et de céréales, à un moment où la nécessité de renforcer la sécurité alimentaire et de réduire la facture des importations devient de plus en plus pressante.
Les estimations officielles pour la saison agricole 2025-2026 prévoient une production dépassant un million de tonnes de blé, ce qui reflète l’importance stratégique de ce gouvernorat, longtemps surnommée le « grenier alimentaire de la Syrie », grâce à ses vastes terres agricoles et à un environnement favorable à la culture du blé, de l’orge et des lentilles.
Hassaké, cœur agricole de la Syrie
Le gouvernorat de Hassaké est l’une des principaux gouvernorats producteurs de céréales en Syrie. Le pays dépend largement de ses récoltes pour assurer l’approvisionnement en blé nécessaire à la fabrication du pain.
Ce rôle prend une importance accrue dans le contexte des défis économiques, des sanctions et de la hausse mondiale des coûts d’importation, faisant de toute augmentation de la production locale un paramètre direct de réduction de la pression sur l’économie nationale et de limitation des sorties de devises étrangères destinées à l’achat de blé sur les marchés internationaux.
Selon les données de la Direction de l’agriculture de Hassaké, la superficie totale cultivée en blé pour la saison en cours a atteint 463 500 hectares, tandis que les surfaces consacrées à l’orge s’élèvent à 289 000 hectares. Les terres cultivées en lentilles atteignent quant à elles 24 000 hectares.
Ces chiffres témoignent du maintien du rôle agricole central du gouvernorat en dépit des défis climatiques et des difficultés de services auxquels le secteur agricole est confronté.
Une production de blé dépassant un million de tonnes
D’après les déclarations du directeur adjoint de l’Agriculture de Hassaké, Ezzedine Al-Hessou, la production de blé pour la saison agricole 2025-2026 devrait atteindre environ 1 025 000 tonnes, dont 725 000 tonnes provenant des terres pluviales. Cela montre l’impact positif des précipitations de cette saison sur la production et la réduction de la dépendance à l’irrigation coûteuse.
La production d’orge est estimée à environ 609 500 tonnes, dont 536 000 tonnes issues des cultures pluviales. Quant aux lentilles, la production attendue est d’environ 27 000 tonnes, dont 3 000 tonnes provenant des terres irriguées.
Ces indices mettent en évidence l’ampleur de la production céréalière du gouvernorat, qui ne se limite pas au blé, renforçant ainsi la capacité du marché local à couvrir une part importante des besoins alimentaires et fourragers.
Le blé et la sécurité alimentaire
Le blé constitue la colonne vertébrale de la sécurité alimentaire syrienne, en raison de son lien direct avec la production de pain. Plus la production locale augmente, plus le besoin d’importations diminue, alors que celles-ci consomment d’importantes quantités de devises étrangères et exercent une pression supplémentaire sur le budget de l’État.
Des indices positifs pour la saison actuelle
Les données agricoles confirment que la saison actuelle évolue sous des indices favorables, notamment avec l’entrée du blé dans la phase de formation des épis et l’arrivée de l’orge au stade précédant la récolte.
La récolte de l’orge devrait débuter à la fin du mois de mai, tandis que celle du blé commencera à la mi-juin, avec des perspectives de rendement abondant par rapport à certaines saisons précédentes marquées par la sécheresse.
L’amélioration de la production céréalière cette année est perçue comme une opportunité économique importante, non seulement pour assurer les besoins locaux, mais aussi pour relancer le cycle économique dans les régions agricoles, à travers le soutien aux revenus des agriculteurs et la redynamisation des secteurs du transport, du stockage, de la commercialisation et des industries alimentaires liées aux cultures agricoles.
Les estimations agricoles à Hassaké confirment que le gouvernorat demeure l’une des régions les plus importantes pour assurer la sécurité alimentaire de la Syrie et que la restauration complète de sa capacité de production constitue une étape essentielle vers le renforcement de l’autosuffisance et la réduction de la dépendance aux importations.
André Chatta