Damas, (SANA) L’établissement public des chemins de fer en Syrie a enregistré, au cours du premier trimestre de l’année 2026, des progrès notables dans le transport de fret, de marchandises et de matériaux stratégiques, ainsi que dans l’amélioration de l’efficacité opérationnelle, en dépit d’importants défis auxquels est confronté le secteur ferroviaire.
Le directeur général de l’établissement, l’ingénieur Oussama Haddad, a déclaré aujourd’hui à la correspondante de SANA que l’établissement assure le transport du fioul par train, selon les demandes provenant des raffineries de Homs et de Banias, vers les centrales thermiques d’Al-Zara (gouvernorat de Hama) et d’Al-Radwaniya (Alep).
Il a précisé que les quantités transportées depuis le début de l’année ont atteint 232 443 tonnes, soit une augmentation de 81 % par rapport à la même période en 2025, ce qui reflète le rôle de l’établissement dans le soutien au secteur énergétique.
Plus de 25 000 tonnes de céréales

Le directeur général a indiqué que 25 626 tonnes de céréales ont été transportées au cours du premier trimestre, alors qu’aucune quantité n’avait été acheminée durant la même période l’année précédente, renforçant ainsi le rôle de l’établissement dans la sécurité alimentaire.
Il a précisé que ces marchandises sont transportées par train depuis les ports de Lattaquié et de Tartous vers les silos situés dans les régions desservies par le réseau ferroviaire, notamment à Jablé, Chinchar et Snisel (Homs), Kafr Buhum (Hama), ainsi qu’à Al-Nassiriya et Al-Sebina (Banlieue de Damas).
Transport de grandes quantités
Selon Haddad, le transport ferroviaire se distingue par sa rapidité, sa sécurité et sa capacité à transporter de grandes quantités à moindre coût par rapport aux autres moyens de transport. Un train peut transporter jusqu’à 700 tonnes.
Avec environ 10 trains circulant quotidiennement, le volume total transporté atteint 7 000 tonnes par jour, soit l’équivalent d’environ 200 camions, contribuant ainsi à réduire la congestion et la pression sur le réseau routier.
Il a également révélé que le transport ferroviaire permet de réduire les coûts de transport de 20 à 30 % par rapport au transport routier, avec une augmentation de ces économies sur de longues distances, ce qui a un impact positif sur les coûts de production et les prix des marchandises.

Le transport ferroviaire permet en outre de réaliser des économies importantes de carburant, les camions consommant entre trois et cinq fois plus de carburant que les trains pour transporter la même quantité sur la même distance. Cela contribue aussi à réduire la pression sur les routes, les coûts d’entretien et les dépenses liées aux pièces de rechange.
Réhabilitation des réseaux endommagés
Concernant les principaux défis, Haddad a évoqué le besoin de financement pour réhabiliter les réseaux ferroviaires endommagés dans plusieurs régions, notamment pour les relier aux réseaux voisins en Turquie et en Irak, ainsi que le manque de locomotives, de pièces de rechange, de matériaux de voie et d’équipements de maintenance.
Les centres de maintenance et de réparation des wagons ont également subi des actes de pillage et de sabotage, entraînant leur arrêt temporaire. Toutefois, l’établissement a entrepris de rééquiper ces centres et de les remettre en service, en dépit du manque de personnel qualifié et de pièces disponibles.
Maintenance du réseau ferroviaire
L’établissement poursuit les travaux d’entretien périodique et d’urgence sur l’ensemble du réseau exploité, long de 1 052 km, avec les moyens locaux disponibles, malgré le manque de main-d’œuvre et d’équipements, ce qui oblige souvent à effectuer les travaux manuellement.
Haddad a également indiqué que plusieurs gares intermédiaires ont été rouvertes afin d’accélérer l’acheminement des cargaisons, de réduire la durée des trajets, ce qui a permis d’exécuter l’ensemble des quantités demandées malgré le nombre limité de locomotives opérationnelles.
A.Ch.