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Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA) > Dernières nouvelles > Économie > La guerre contre l’Iran : une crise énergétique mondiale qui menace l’économie

La guerre contre l’Iran : une crise énergétique mondiale qui menace l’économie

Publié: 2026/03/13 12:58 AM
Mis à jour: 2026/03/13 1:10 AM
La guerre contre lIran une crise energetique mondiale qui menace leconomie 1 Agence Arabe Syrienne de Presse (SANA)
La guerre contre l’Iran : une crise énergétique mondiale qui menace l’économie

Damas, (SANA) La guerre américano-israélienne contre l’Iran a plongé l’économie mondiale dans une phase de fortes turbulences, notamment sur les marchés de l’énergie et du transport maritime.

L’escalade militaire dans le Golfe a entraîné une perturbation quasi totale du trafic des pétroliers et des navires transportant du gaz à travers le détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus importants au monde.

Ce détroit constitue une artère essentielle de l’énergie mondiale : environ 20 millions de barils de pétrole par jour y transitent, soit près de 20 à 25 % du commerce mondial de pétrole transporté par voie maritime, ainsi qu’environ 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié (GNL).

L’arrêt du trafic maritime, conjugué aux attaques et aux frappes militaires ainsi qu’à l’attaque contre les pétroliers, a provoqué une hausse des prix mondiaux de l’énergie et menacé les approvisionnements des grands pays importateurs.

Parallèlement, les États-Unis et leurs alliés tentent de sécuriser la circulation des navires afin de stabiliser les marchés.

Premièrement : les pays les plus touchés par la guerre américano-israélienne contre l’Iran

Les répercussions économiques varient selon la position de chaque pays dans le système énergétique mondial. Les pays les plus affectés peuvent être classés en trois catégories principales.

  1. Les grands importateurs d’énergie en Asie

Selon les données énergétiques internationales, 84 % du pétrole et 83 % du gaz naturel liquéfié transitant par le détroit d’Ormuz sont destinés aux marchés asiatiques.

Les pays suivants sont les plus exposés :

La Chine :

  • Premier importateur mondial de pétrole.
  • Une part importante de ses importations provient du Golfe via le détroit.
  • Elle dispose toutefois de réserves stratégiques qui atténuent partiellement le choc.

L’Inde :

  • Le pays dépend des importations pour environ 85 % de ses besoins en pétrole.
  • Près de la moitié de ses importations pétrolières transitent par le détroit d’Ormuz.

Japon :

• Dépend du Moyen-Orient pour près de 95 % de ses importations de pétrole.
• Environ 11 % de ses importations de GNL proviennent de la région.

La Corée du Sud :

  • L’un des plus grands importateurs de pétrole en Asie.
  • Dépend largement des cargaisons en provenance du Golfe.

À elles seules, ces quatre économies représentent 75 % des flux de pétrole et 59 % des flux de GNL transitant par le détroit d’Ormuz.

  1. Les pays en développement d’Asie du Sud

Certaines économies, notamment :

  • Le Pakistan
  • Bangladesh

Ils figurent parmi les plus vulnérables aux chocs énergétiques en raison de leurs faibles réserves financières et de leur forte dépendance aux importations pétrolières.

Certaines de ces économies ont déjà commencé à adopter des mesures d’austérité énergétique après l’interruption de plusieurs cargaisons.

  1. Les pays exportateurs du Golfe
  • L’Arabie Saoudite
  • Les Emirats Arabes Unis
  • Le Koweït
  • L’Irak
  • Le Qatar

En dépit de leur statut de producteurs d’énergie, ces États sont également touchés par les perturbations d’exportation, étant donné que la majorité de leurs exportations d’hydrocarbures dépend du détroit d’Ormuz, avec peu d’alternatives via des oléoducs.

Deuxièmement : l’impact de l’arrêt du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz constitue le principal goulot d’étranglement du commerce énergétique mondial.

Les estimations indiquent :

  • 20 millions de barils de pétrole par jour transitent par le détroit.
  • 20 à 22 % du commerce mondial de GNL y passe.
  • Environ 11 % du commerce maritime mondial total emprunte ce passage.

En raison de la guerre :

  • La navigation dans le détroit a été presque totalement interrompue pendant environ dix jours.
  • Près de dix navires ont été attaqués.
  • Des centaines de navires ont été immobilisés ou ont changé d’itinéraire.

Cette situation a entraîné :

  • Une hausse des prix du pétrole pouvant atteindre 13 % en quelques jours.
  • Des prévisions évoquant un prix supérieur à 100 dollars le baril si la crise se prolonge.

Troisièmement : les tentatives américaines pour sécuriser le passage des pétroliers

Afin de contenir la crise et d’éviter une flambée des prix de l’énergie, les États-Unis et leurs alliés ont lancé plusieurs initiatives militaires pour sécuriser la navigation.

Opérations militaires dans le détroit

Le commandement central américain a annoncé la destruction de 16 navires iraniens utilisés pour poser des mines près du détroit d’Ormuz.

Des discussions sont en cours pour mettre en place des convois militaires escortant les pétroliers lors de leur traversée.

Participation des alliés

Plusieurs pays européens, dont la France, ont annoncé leur disposition à envoyer des navires militaires pour participer à la protection de la navigation.

Les objectifs sont :

  • Garantir la continuité des flux de pétrole et de gaz.
  • Empêcher une hausse excessive des prix mondiaux.
  • Réduire les risques d’attaques contre les navires commerciaux.

Quatrièmement : l’assouplissement des restrictions sur le pétrole et le gaz russes

Face aux perturbations des approvisionnements du Golfe, certains pays occidentaux envisagent d’assouplir les restrictions imposées à l’énergie russe.

L’objectif est :

  • d’augmenter l’offre mondiale de pétrole et de gaz ;
  • de réduire la dépendance aux cargaisons du Golfe ;
  • de limiter la hausse des prix mondiaux de l’énergie.

Selon certaines estimations économiques, une perturbation prolongée du détroit pourrait réduire l’offre mondiale de pétrole de près de 4 millions de barils par jour si le trafic maritime chutait de 50 %.

Cinquièmement : l’attaque contre les pétroliers par l’Iran et ses dangers

L’Iran a réagi aux frappes américaines et israéliennes en menaçant la navigation dans le Golfe.

Principales formes d’escalade

  • Menaces de couler tout pétrolier traversant le détroit.
  • Attaques contre des navires commerciaux et des pétroliers à proximité du détroit.
  • Pose de mines navales dans les voies maritimes.

Ces actes ont provoqué :

  • la réticence de nombreuses compagnies maritimes et d’assurance à envoyer des navires dans la zone ;
  • la suspension de certaines expéditions par des compagnies énergétiques.

Sixièmement : les risques du plan de Donald Trump pour escorter les pétroliers

Le plan de l’administration américaine de visant à escorter les pétroliers fait face à plusieurs défis majeurs :

  • Le risque d’attaques asymétriques iraniennes, notamment par des mines ou des vedettes rapides.
  • La possibilité d’une extension du conflit maritime impliquant les navires des pays participant à l’escorte.
  • L’augmentation des coûts d’assurance et de transport, même avec une protection militaire.

Des analyses indiquent que toute opération militaire de grande ampleur dans le détroit pourrait être visée, ce qui accroîtrait les risques d’affrontement direct entre les forces américaines et iraniennes.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran place l’économie mondiale face à l’un des risques énergétiques les plus graves depuis plusieurs décennies. L’interruption du trafic dans le détroit d’Ormuz menace les approvisionnements en pétrole et en gaz dont dépend une grande partie du monde, en particulier les grandes économies asiatiques.

Alors que les États-Unis et leurs alliés tentent de sécuriser le passage maritime par des escortes militaires et des opérations navales, l’Iran continue d’utiliser le détroit comme levier stratégique.

Si l’escalade militaire se poursuit, la crise du détroit d’Ormuz pourrait se transformer en choc énergétique mondial, provoquant une forte hausse des prix, des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et, potentiellement, un ralentissement économique dans de nombreux pays importateurs d’énergie.

André Chatta

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