Damas,(SANA) Dès que l’artisan Firas al‑Silka commence à travailler la pièce de bois, s’engage un long parcours de patience et de précision, au cours duquel il transforme ce bois silencieux en instrument musical vibrant de mélodies et accompagnant les musiciens pendant de longues années.
L’oud damascène est une œuvre d’art portant un riche héritage syrien et la mémoire du lieu, tout en préservant sa présence dans les événements culturels et sur les marchés internationaux en tant que l’un des symboles les plus emblématiques de l’artisanat syrien.
Patrimoine matériel et immatériel
Silka, maître artisan dans la fabrication des instruments de musique, a expliqué à SANA que le oud est l’un des plus anciens instruments et qu’il représente à la fois un patrimoine matériel et immatériel, puisqu’il réunit le savoir‑faire manuel et les arts de l’interprétation musicale.
Il a ajouté que sa fabrication a évolué au fil du temps et que le oud syrien a atteint, au cours du siècle dernier, un niveau élevé de qualité et de maîtrise, ce qui a contribué à son inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en 2022.

Il a souligné que l’oud syrien ne possède pas seulement une valeur patrimoniale et artistique, mais constitue également un produit artisanal exportable générant un revenu économique.
Il a affirmé que la forte demande dans les marchés arabes témoigne de sa qualité et en fait un produit stratégique nécessitant davantage de soutien.
Étapes minutieuses qui façonnent la qualité du son
Silka a indiqué que la fabrication du oud commence par la sélection de bois de haute qualité, en particulier le noyer damascène réputé pour ses propriétés acoustiques.
Vient ensuite la mise en forme de la caisse de résonance, de la table d’harmonie et du manche, suivie de l’assemblage et de l’ajustement précis des pièces, où la moindre erreur peut affecter la qualité sonore.
Il a ajouté que les artisans syriens se distinguent par l’utilisation de matériaux naturels pour la décoration des ouds, tels que la nacre et le mosaïque.

Les artisans syriens continuent de préserver la fabrication du oud en tant que métier patrimonial renforçant l’identité culturelle, tout en soutenant l’économie créative grâce à la satisfaction de la demande locale et à l’ouverture de marchés extérieurs pour le produit artisanal syrien.
Ib.i./ rf.