Damas, (SANA) Au cœur du vieux Damas, les couloirs du palais Al-Azem ont accueilli jeudi les activités de « L’artisanat à la lumière », sous les auspices du ministère de la Culture et du gouvernorat de Damas, et sous la supervision du Forum du patrimoine syrien Rawaq. L’objectif était de mettre en lumière les métiers du patrimoine syrien menacés d’extinction, soulignant la nécessité de les préserver comme partie intégrante de l’identité et de la mémoire vivante.
Les visiteurs de l’événement ont assisté à des démonstrations en direct d’artisans exerçant leurs anciens métiers : tricot à la main, soufflage du verre, gravure sur cuivre et vitrail, permettant à chacun de découvrir la valeur historique et artistique de ces industries traditionnelles.
Protéger la mémoire culturelle
Le ministre de la Culture, Mohammed Yassin Saleh, a souligné dans son discours d’ouverture que les métiers traditionnels ne sont pas seulement des professions, mais représentent un aspect essentiel de la personnalité syrienne, connue tout au long de son histoire pour son amour de la beauté et de la créativité. Il a exprimé la volonté du ministère de fournir toutes les ressources nécessaires pour développer ces métiers, les protéger et assurer leur continuité.
De son côté, le gouverneur de Damas, Maher Marwan Idlebi, a insisté sur le maintien du soutien à ces métiers et sur la formation des nouvelles générations pour les préserver comme patrimoine culturel et national.
La responsable de l’événement, la chercheuse Hala Qasqas, a souligné que la préservation du patrimoine immatériel de Damas ne se limite pas à sa conservation dans les musées, mais consiste aussi à soutenir l’artisan syrien, véritable porteur de mémoire culturelle, en transmettant les secrets de son métier aux générations futures afin d’assurer la pérennité de l’identité nationale et la protéger de l’extinction.
Des fils d’or et d’argent témoign de l’authenticité du brocart
Dans desations exclusives à SANA, l’artisan Maher Derki, spécialiste du tissage à la main et du brocart damascène, a expliqué que le pavillon textile présente du brocart damascène. Il a précisé que le brocart est fabriqué à partir de soie naturelle extraite des vers à soie et se caractérise par l’introduction de fils fins d’or et d’argent dans le tissu, ce qui en fait l’une des industries traditionnelles damascènes les plus célèbres. Ce tissu est utilisé notamment pour la confection de sacs et autres produits patrimoniaux.
Il a ajouté que la poursuite de ces métiers d’art nécessite l’ouverture des marchés étrangers aux artisans via des expositions internationales, ainsi que la création de centres de formation spécialisés pour éduquer les jeunes et assurer le transfert d’expérience aux générations futures.
Ceintures en laine… un patrimoine médical menacé d’oubli
L’artisan Muhammad Al-Sirwan, spécialisé dans la fabrication traditionnelle de ceintures en laine, a déclaré : « Cet artisanat est l’un des plus anciens, car les ceintures en laine faisaient partie des vêtements traditionnels anciens ».
Il a ajouté : « La ceinture en laine naturelle est reconnue par les artisans pour ses bienfaits sur la santé, car elle aide à réchauffer le dos et à soulager certaines douleurs vertébrales ».
L’éclat du cuivre et la magie du verre
L’artisan Ayman Zarda, graveur sur cuivre damascène exerçant depuis 1970, a expliqué que le travail commence par le dessin des décorations sur la pièce de cuivre, puis par l’enlèvement manuel de certaines parties pour obtenir la gravure unique qui caractérise l’artisanat damascène.
De son côté, l’artisan Mahmoud Al-Hallaq, spécialisé dans le soufflage et le façonnage du verre artisanal, a indiqué que cette industrie damascène remonte à environ deux mille ans et qu’elle s’est transmise de son père à son grand-père.
Vitrail : l’art de la lumière et de la couleur
L’artisan Fayez Talmasani, spécialiste du vitrail (Qamarjiya), a précisé que cet artisanat damascène remonte à plus de trois mille ans. Il reposait autrefois sur la pierre de quartz avant l’utilisation du verre. Par la suite, il s’est développé avec l’art d’installer du verre coloré dans des moules en plâtre pour ajouter une touche esthétique et un éclairage naturel aux maisons damascènes.





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